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Leclerc : Le mental était ma faiblesse, c'est désormais ma force

Privé d'une première victoire en Grand Prix par un problème technique à Bahreïn, Charles Leclerc a impressionné par sa ténacité dans l'adversité. Un comportement qui tient au travail qu'il a mené sur son mental.

Charles Leclerc, Ferrari

Charles Leclerc était dominateur sur le circuit de Sakhir, menant la course pendant 41 tours avant de perdre un temps précieux à cause d'un "court-circuit dans une unité de contrôle du système d'injection". Finalement troisième sur la ligne d'arrivée, le Monégasque a impressionné par son attitude chevaleresque dans la défaite.

Cette attitude contraste grandement avec l'anecdote récemment révélée par Esteban Ocon : un accrochage lors d'une course de karting entre les deux adolescents, qui s'étaient selon le Normand retrouvés en pleurs !

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"Mon mental était clairement une faiblesse à l'époque du karting et j'ai travaillé extrêmement dur là-dessus, afin d'être aussi prêt que possible quand j'aurais ma chance en Formule 1", explique Leclerc. "J'ai désormais le sentiment que c'est devenu mon point fort."

"En fait, ce n'était pas si dur : bien sûr, c'était un moment décevant [de perdre la victoire], mais ça arrive, et si nous finissons troisième à chaque fois que nous avons un souci, nous pouvons être satisfaits. Nous avons identifié le problème, je suis sûr qu'il ne va pas se reproduire et j'ai bon espoir que nous redressions la barre lors des prochaines courses."

Le troisième, Charles Leclerc, Ferrari, arrivant au parc fermé

La relation avec Vettel n'a pas changé

Lors de son impressionnante prestation à Bahreïn, Leclerc s'est notamment fait remarquer par un dépassement sur son coéquipier Sebastian Vettel pour la première place. Son ingénieur de course lui avait pourtant demandé de rester derrière pendant deux tours, et le contexte d'un Vettel déjà déclaré numéro 1 par la Scuderia n'était pas favorable non plus. Les relations pourraient-elles se tendre entre les deux hommes, alors que l'autorité du quadruple Champion du monde semble être quelque peu bousculée ?

"Non, pas du tout", répond Leclerc. "Au final, nous voulons d'emblée nous vaincre l'un l'autre et c'est normal comme dans n'importe quelle équipe : on veut toujours battre son coéquipier, car il a la même voiture. Mais en même temps, je pense que nous avons trouvé un très bon compromis en nous battant en piste et en travaillant ensemble quand nous sommes hors de la voiture ; c'est extrêmement important pour l'équipe et pour le développement de la monoplace. Je pense donc que nous avons trouvé le bon compromis, mais rien n'a changé."

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Quant à savoir s'il se voit désormais jouer le titre dès 2019, le nouveau pilote Ferrari conserve son humilité habituelle : "Les choses changent très vite en Formule 1. Après la première course, personne ne me voyait comme candidat au titre ; après la seconde, tout le monde me voit comme candidat au titre."

"Il faut que je reste concentré sur ce que je fais dans la voiture, que je travaille aussi dur que possible et que je fasse le meilleur travail possible, dans la voiture et en dehors. Alors je suis sûr que les résultats viendront. Nous ne sommes qu'à la troisième course de la saison, c'est très tôt."

Charles Leclerc, Ferrari SF90, devant Sebastian Vettel, Ferrari SF90

Mercedes plus proche qu'ils ne le disent

Leclerc se tourne désormais vers le troisième Grand Prix de la saison, en Chine, à l'approche duquel les pilotes Mercedes font preuve d'un certain pessimisme : c'est bel et bien la Scuderia qui avait l'avantage à Bahreïn, avec notamment trois dixièmes d'avance en qualifications pour son jeune poulain. Or, la ligne droite de 1,2 km à Shanghai pourrait avantager la SF90.

Pour autant, Leclerc ne se voit pas favori : "Je pense que c'est toujours mieux de faire profil bas. On a eu une très bonne voiture à Bahreïn ; encore une fois, ça ne veut pas forcément dire que l'on sera comme ça pendant tout le reste de la saison. Il faut continuer à bosser. Mercedes est proche, beaucoup plus que ce qu'ils essaient de faire comprendre. Ça ne va pas être facile, mais en tout cas, on est satisfaits de Bahreïn et j'espère que ça continuera comme ça."

Propos recueillis par Robert Chinchero

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