Prost : Renault n'est "pas prêt à être Champion du monde"

Renault s'est emparé de la sixième place du championnat des constructeurs au Grand Prix d'Abu Dhabi, ce qui représentera un bonus financier bienvenu, mais Alain Prost est conscient que le plus dur reste à faire.

À commencer par des points précis à améliorer : d'une part la fiabilité, qui a fréquemment fait défaut aux monoplaces motorisées par l'unité de puissance au Losange cette année, et d'autre part les arrêts au stand, qui n'ont pas été suffisamment rapides. C'est une combinaison de ces deux faiblesses qui a contraint Carlos Sainz à l'abandon à Yas Marina, lorsque sa roue avant gauche a été mal fixée par son mécanicien.

"C'est dommage pour Carlos, il faisait une course incroyable", regrette Alain Prost, ambassadeur de Renault, au micro de Sky Sports F1. "Il faut résoudre ça, car nos arrêts au stand n'ont pas été très bons cette année. Il aurait pu finir huitième ou neuvième, ça aurait été encore mieux, mais nous avons atteint notre objectif."

L'objectif en question, c'est la sixième place du championnat des constructeurs, qui était loin d'être acquise. Car Renault a occupé la huitième place jusqu'au Grand Prix d'Italie, ne dépassant Haas qu'à Singapour, et à l'aube de la dernière course de la saison, le Losange accusait encore quatre points de retard sur Toro Rosso.

Quant aux progrès possibles en 2018, sans changement majeur dans la réglementation technique, Prost préfère rester prudent.

"C'est très difficile de savoir précisément combien on peut gagner", affirme le Français. "J'ai toujours dit que ça allait être plus lent que les gens ne le pensaient, mais c'est peut-être mieux. Du côté du moteur, quand on l'améliore trop, on a des problèmes de fiabilité. Il y a beaucoup de gens spécialisés dans l'aéro qui donnent le maximum, pas pour l'an prochain, mais pour dans deux ans. L'objectif est une grande progression, pas seulement au championnat, parce que nous pouvons être quatrièmes mais encore à deux secondes. L'an prochain, c'est trop tôt."

Une incertitude qui comprend le domaine de l'unité de puissance. "L'équilibre est très complexe avec ces moteurs. On voit les difficultés de Honda. Nous avons apporté un nouveau MGU-H cette année, mais c'était peut-être un peu trop tôt. Nous voulions la performance, parce que sinon ça ne sert à rien. Au moins avons-nous appris, et ce que nous avons appris cette année nous servira l'an prochain. Nous avons aussi eu des problèmes de fournisseurs, personne ne le sait, mais ça peut arriver en sport auto. En tout cas, on ne peut pas gagner deux secondes au tour l'an prochain, c'est absolument impossible."

Vient alors le sujet de l'avenir de Carlos Sainz, qui est prêté à Renault mais reste sous contrat avec Red Bull – en témoigne le nom de la marque inscrit sur son casque. Peut-être l'Ibère n'est-il donc pas la star autour de laquelle le Losange pourra bâtir son projet F1, mais selon Prost, son recrutement reste une pioche idéale.

"En Formule 1, il y a ce qu'on peut faire et ce qu'on ne peut pas faire", commente le quadruple Champion du monde. "Nous voulions Carlos, mais nous savions risquer de le perdre fin 2018. En même temps, nous ne sommes pas prêts à être Champions du monde, donc il faut accepter quelques risques parfois. Nous verrons ce qui se passera, mais nous n'avons pas toutes les cartes en main."

Prost directeur d'équipe ?

Alain Prost directeur d'équipe chez Renault ? Ce serait un rôle que l'ambassadeur de la marque connaît bien, lui qui a eu sa propre écurie, Prost Grand Prix, de 1997 à 2001, mais l'aventure avait mal tourné. Aujourd'hui, il préfère garder du recul, s'estimant plus efficace ainsi.

"Avant la course, j'étais stressé !" sourit Prost, pour qui la flamme de la Formule 1 brûle toujours avec la même intensité. "Je pourrais être directeur d'équipe, je ne veux pas le faire, mais ce que je fais est très intéressant. Je ne veux pas faire plus, j'aime cette position où je peux mieux observer et dire ce que je vois. Quand on y est tous les jours, on manque parfois des choses. C'est là que je peux aider cette équipe dans cette situation."

Le Français, vainqueur au Paul Ricard à quatre reprises en Formule 1, se félicite par ailleurs du retour de son Grand Prix national au calendrier. "La France est un pays de course. Nous avons des constructeurs, nous avons de l'implication. Si vous n'aviez pas de course en Grande-Bretagne, ce serait dommage, parce que votre économie est basée autour de ça. Pour nous, c'est d'une grande aide, pour les sponsors, pour les médias, mais je ne suis pas sûr que nous serons prêts à le gagner ! Peut-être dans deux ou trois ans", conclut Prost.

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Séries Formule 1
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Type d'article Actualités