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Prost : "Ma carrière ne s'est pas limitée" à la rivalité avec Senna

Alain Prost peine parfois à comprendre pourquoi sa carrière est résumée à sa rivalité avec Ayrton Senna et se sent "sous-estimé" dans l'histoire de la Formule 1.

Alain Prost, Ferrari, et Ayrton Senna, McLaren

Dans un long et rare entretien accordé à Motorsport Magazine, Alain Prost s'est récemment livré à une introspection sur sa carrière en Formule 1. Quadruple Champion du monde aux 51 victoires, il figure parmi les plus grands palmarès de l'Histoire de la discipline mais peine parfois à comprendre l'image qui reste de lui.

"Je me demande parfois comment on se souviendra de moi", confie-t-il. "Ça peut sonner comme une blague, mais je suis complètement sous-estimé ! Je le sais, je le vois. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un peu ma marque de fabrique."

Si les mots sont forts et dénotent peut-être avec le personnage que l'on connaît, c'est parce qu'Alain Prost a quelques regrets. Et notamment celui de voir sa carrière trop souvent réduite à sa rivalité explosive avec Ayrton Senna, alors qu'il y a tant d'autres grands moments à raconter avant leur duel fratricide chez McLaren à la fin des années 80, mais aussi après. 

"On dirait que ça restera comme ça pour toujours, ça fait partie de l'histoire", observe-t-il avec impuissance. "Parfois, on ne comprend pas pourquoi c'est si important, mais c'est aussi quelque chose d'incroyable, donc il faut être positif. Regardez mes autres coéquipiers : Watson, Arnoux, Cheever, Niki [Lauda], Keke [Rosberg], Stefan [Johansson], Nigel [Mansell], Jean [Alesi] et Damon [Hill]. Personne ne parle d'eux. J'ai eu cinq Champions du monde comme coéquipiers. Mais c'est ainsi."

"Aujourd'hui, il y a les réseaux sociaux et tout le monde ressort des vidéos de nos combats. Parfois je ne comprends pas. Pour moi c'est dommage aussi, parce que ce qui est important pour moi c'est de parler de famille, du travail que l'on a fait. Même lorsque j'étais chez Ferrari, la première année était fantastique, l'histoire humaine l'était. Ma carrière ne s'est pas limitée à deux ou trois ans."

J'étais au sommet de ma forme quand je décidais de l'être.

Alain Prost au volant de la Renault RE30C en 1983.

Alain Prost au volant de la Renault RE30C en 1983.

L'une de ses plus grandes déceptions encore aujourd'hui remonte d'ailleurs à une période où Ayrton Senna n'était pas encore en F1, et où il défendait les couleurs de Renault. "En 1982 et 1983, sans les erreurs, on aurait dû être Champions du monde, c'est certain", assène-t-il. "C'est un immense regret parce que c'était une équipe française. Quand Renault a gagné avec Williams, c'était un moteur français mais une équipe anglaise."

Le tandem Williams-Renault est celui avec lequel le Français a remporté son quatrième et dernière titre mondial, en 1993, avant de raccrocher son casque. Jugeait-il qu'il n'avait plus le niveau pour être au sommet ? Alain Prost révèle que cette sensation ne l'a en fait jamais traversé. 

"J'étais au sommet de ma forme quand je décidais de l'être", défend-il. "J'ai toujours, ou du moins la plupart du temps, contrôlé ce que je faisais, et j'attaquais quand il le fallait et quand je le voulais."

"Je ne me suis jamais dit que j'étais en baisse de niveau. Je n'ai jamais ressenti ça. Lorsque j'ai arrêté en 1993, j'étais encore aussi bon que je pouvais l'être. Pour un pilote, il faut être au sommet de sa forme lorsque tous les éléments sont réunis. La psychologie joue un rôle très important dans la performance. Certaines années ont été plus difficiles que je ne le méritais, à mon avis, pour différentes raisons. J'ai toujours considéré que j'aurais pu être meilleur."

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