Renault : Il faut vite repenser le moteur F1 après le retrait de Honda

Pour Cyril Abiteboul, directeur général de Renault F1, le futur retrait de Honda de la discipline devrait inciter à une modification de la réglementation moteur plus tôt que prévu.

Renault : Il faut vite repenser le moteur F1 après le retrait de Honda

Les règles moteur actuelles doivent rester en place jusqu'à la fin de l'année 2025, et les discussions sont déjà en cours concernant la direction que devrait prendre la technologie en F1 à ce moment-là. Le manager sportif de la discipline, Ross Brawn, a publiquement reconnu qu'aucun nouveau constructeur ne viendrait avant la mise en place de cette nouvelle réglementation.

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Pour Cyril Abiteboul, toutefois, le retrait de Honda montre que la motorisation actuelle n'a pas rencontré le succès attendu et que le changement devrait être fait avant 2026, afin d'encourager d'autres constructeurs à intégrer le championnat. "Je veux être très clair sur le fait que nous ne tirons aucune satisfaction de la situation de Honda", a déclaré Abiteboul pour Motorsport.com.

"Nous devons appeler un chat un chat, ce n'est pas un développement positif pour la F1. Nous voulons une F1 avec des constructeurs, avec des équipementiers, avec des motoristes, et tomber à trois motoristes ce n'est pas un développement positif. Il faut tirer des conclusions claires de cette situation, et j'exhorte les instances à se pencher avec attention sur le sujet."

"La situation moteur est simplement intenable. En particulier dans une perspective économique, mais également du point de vue technologique. Je ne suis pas sûr que l'on puisse se permettre cette perception. Soit nous sommes capables de changer cette perception de l'architecture moteur actuelle, soit nous devons accélérer l'adoption d'une nouvelle architecture, afin d'être à nouveau dans une meilleure position en termes de perception. Je m'attends à ce que ce développement déclenche une importante réflexion concernant le calendrier de la prochaine génération de groupes propulseurs."

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Le dirigeant de Renault F1 estime tout simplement que les unités de puissance actuelles ne sont pas attrayantes en raison des ressources nécessaires pour développer un package compétitif. "Le ticket d'entrée est tellement haut en termes de coûts, mais également en termes de technologie."

"Même si vous dépensez énormément, il va vous falloir du temps avant d'être au niveau. Nous avons vu une démonstration de cela [avec Honda], même si évidemment ça va mieux désormais. Mais vous pourriez vous tenir sur une île et dire 'tout va bien car nous avons traversé l'océan', mais cet océan est simplement trop vaste et trop dur pour la viabilité de la F1."

"Et il faut avoir plus de gens sur l'île où nous nous trouvons actuellement. Nous devons faire quelque chose, nous devons réfléchir davantage à la pérennité environnementale du moteur, à la pérennité économique du moteur. Il y a eu un peu de choses qui ont été faites, mais ce n'est pas suffisant. Nous devons être plus fermes sur ce point. Tout comme nous avons fait beaucoup de choses du côté du châssis ces derniers mois, nous devons frapper très fort du côté du moteur si nous ne voulons pas que la F1 soit compromise sur cet aspect."

L'échec "remarquable" de la promotion des unités de puissance

Pour Abiteboul, la raison derrière le retrait de Honda, qui veut se concentrer sur son projet de viabilité et la neutralité carbone, n'est pas bonne pour la F1. Il estime que la discipline dans son ensemble n'a pas suffisamment promu sa propre efficacité. "Ce n'est qu'une preuve de plus que nous n'avons pas réussi à mettre au point le bon message et le bon marketing de ces réglementations sur les moteurs, qui sont époustouflants ; il n'y a rien de plus avancé au monde en termes de motorisation automobile."

"Il n'y a rien qui se rapproche de ce niveau d'efficacité pour les véhicules légers, c'est donc remarquable. Mais c'est tout aussi remarquable d'avoir échoué à expliquer au monde et à lui faire comprendre de quoi il s'agit, ainsi que les aubaines qui pourraient avoir un impact sur une technologie plus courante."

"C'est juste une démonstration que lorsque la perception est erronée au départ, il est très difficile de la changer, et je suppose que nous devons réfléchir très sérieusement, collectivement, à ce que nous avons fait de mal et à la manière dont nous pouvons le changer. Demander aussi si nous pouvons le modifier dans le cadre des règlements actuels, ou si nous devons changer les règlements pour que la perception change aussi ? Je n'ai pas les réponses à ces questions."

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Pour Abiteboul, les constructeurs peuvent faire davantage pour promouvoir leur technologie. "C'est un peu triste que nous n'ayons pas fait un travail collectif à ce niveau, pas seulement Honda, c'est nous tous. La F1 a raté une occasion de tirer parti d'un atout que nous avons.

"Nous avons investi dans un actif, dans la plate-forme, dans la technologie, probablement des milliards de dollars investis collectivement. Ce ne sont que les bases du marketing, nous devons faire savoir au monde entier ce que nous faisons, et non pas simplement le faire et s'en plaindre."

"Il est très regrettable que nous n'ayons que très peu d'occasions de parler de l'incroyable qualité des moteurs. Je reconnais également que c'est difficile, et peut-être devons-nous nous demander si nous avons besoin d'un tel niveau de technologie dans les moteurs si la technologie est seulement considérée comme préjudiciable à la compétitivité d'une équipe et d'une voiture."

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