Rétro 1974 - L’arrivée de Niki Lauda chez Ferrari

Saison 1973 : un jeune Autrichien aux dents proéminentes fait ses classes en Formule 1 au sein de l’écurie BRM. Peu savent alors qu’il est voué à une carrière prodigieuse.

Rétro 1974 - L’arrivée de Niki Lauda chez Ferrari
Niki Lauda teste la Ferrari 312T pour la première fois sous les yeux de Clay Regazzoni, Mauro Forghieri, Enzo Ferrari et Ermanno Cuoghi
Niki Lauda, Ferrari 312B3
Niki Lauda, Ferrari
Niki Lauda, Ferrari
Niki Lauda, Ferrari 312B3
Niki Lauda, BRM P160E
Niki Lauda, Ferrari 312B3
Niki Lauda, Ferrari 312B3
Enzo Ferrari et Niki Lauda, Ferrari
Niki Lauda, Ferrari 312B3

Après une année d’apprentissage avec l’écurie March, Niki Lauda dispute la saison 1973 chez BRM de Louis Stanley avec guère de succès : neuf abandons en 15 Grands Prix, une cinquième place comme meilleur résultat et seulement deux points marqués. En revanche, dans les rues de Monaco, il s’est qualifié au sixième rang devant son coéquipier, Clay Regazzoni. En course, il a même occupé la troisième place avant que la boîte de vitesses de sa BRM P160E refuse de fonctionner au 25e tour. Lauda avait emprunté une somme d’argent considérable à la banque pour s’acheter ce volant. En fin de saison, il s’est retrouvé dans un véritable cul-de-sac, endetté et face à un avenir sombre.

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Un appel de Maranello

C’est à ce moment qu’il reçoit un appel de la Scuderia Ferrari, car la prestigieuse écurie italienne est dans la tourmente. Les bolides, pilotés par Jacky Ickx et Arturo Merzario, grappillent quelques points ici et là, mais ils sont nettement en retrait par rapport aux Lotus 72, Tyrrell 006 et McLaren M23. La voiture n’est pas compétitive, et il est devenu nécessaire de faire table rase et de tout reprendre à zéro.

Ferrari a donc repris un de ses anciens pilotes, Clay Regazzoni, et pour l’épauler, Enzo Ferrari a d’abord songé à engager Peter Revson (qui exigeait trop d’argent), Jean-Pierre Jarier (que Max Mosley de March a refusé de laisser partir) et enfin Niki Lauda, recommandé par Regazzoni.

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Un tout jeune Luca de Montezemolo contacte Lauda et le lendemain ce dernier effectue le tour des ateliers de la Scuderia et visite le circuit privé de Fiorano. Ferrari rachète même le contrat qui lie Lauda à BRM, et lui verse un salaire qui va (enfin) éponger ses énormes dettes.

En fin de saison, Lauda teste la Ferrari 312B3 sur le tracé de Fiorano. Puis, il est convoqué au bureau d’Enzo Ferrari en présence de Mauro Forghieri (le designer) et de Piero Lardi Ferrari qui sert aussi d’interprète. Lauda a raconté cette scène à Mark Hughes, pour Autosport, en 2010.

Piero Ferrari demande à Lauda : "M. Ferrari désire savoir ce que vous pensez de la voiture." Lauda répond en anglais : "C’est un tas de m**** qui sous-vire épouvantablement."

Un traducteur placé en position délicate

Piero Ferrari, confus au possible, refuse de traduire la réponse en italien : "Je ne peux pas, car il [Enzo Ferrari] va vous renvoyer sur le champ ! Une Ferrari n’est jamais un tas de m****." Mais Lauda réplique : "Écoutez. Voulez-vous gagner des courses, oui ou non ? Si c’est oui, il faut éliminer l’horrible sous-virage. Je ne suis pas un ingénieur, mais je sais que je perds une demi-seconde chaque tour, car je n’arrive pas à faire tourner la voiture assez rapidement à l’entrée des virages."

Piero Ferrari traduit les propos de Lauda, avec tact. Puis, Enzo Ferrari discute alors en italien avec Forghieri. Le patriarche demande à l’ingénieur s’il sait comment diminuer ou même éliminer le sous-virage. Puis, Piero Ferrari traduit les propos du vieil homme à Lauda : "Personne ne m’a affirmé auparavant qu’une Ferrari était une mauvaise voiture. Je vais vous donner une chance. Forghieri va apporter des modifications à la voiture et si vous parvenez à rouler une demi-seconde plus vite qu’aujourd’hui, je vous garde. Mais si ce n’est pas le cas, vous serez en mauvaise posture."

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Durant la semaine qui suit, Forghieri modifie le centre de roulis de la 312B3 et apporte des changements aux suspensions. Lauda se rend à Fiorano pour effectuer le fameux test, et Enzo Ferrari l'attend déjà à la piste, tôt le matin. Lauda roule et, à son grand soulagement, réalise un chrono plus rapide de 0"7 que celui de son premier essai.

Lauda dispute son premier Grand Prix chez Ferrari en Argentine le 13 janvier 1974 aux commandes d’une 312B3-74. L’Autrichien au casque rouge fluo se qualifie au huitième rang et effectue une belle remontée pour rallier l’arrivée en deuxième place, à neuf secondes du gagnant, Denny Hulme sur McLaren. Lauda disputera quatre saisons en F1 avec Ferrari. Il remportera 15 victoires en 57 Grands Prix et décrochera deux titres de Champion du monde en 1975 et 1977.

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