Fin du temps minimal des pitstops : les pilotes très sceptiques

Si la disparition du temps minimal des pitstops a été retardée, avec probablement une première lors de l'E-Prix de Santiago, certains pilotes craignent l'impact qu'elle aura sur la compétition et sur la sécurité.

C'est le cas d'André Lotterer, qui était très mécontent à ce sujet lorsque nous avons évoqué ce sujet à Marrakech, deux heures avant que la FIA ne reporte cette mesure. Le pilote Techeetah se sent désavantagé à la fois par son statut de rookie... et par sa grande taille.

"Ce sont des choses qu’il faut mettre en place avant qu’on commence la saison", déclare Lotterer pour Motorsport.com. "Là, on est clairement un peu en désavantage. On a moins d’expérience, et surtout, ce n’est pas très équitable entre les petits et les grands. Quand tu es plus grand, c’est un peu plus compliqué de sortir de la voiture !"

"Après, les ceintures ne sont pas faites pour un changement de pilote comme en Endurance. En Endurance, le ceintures de l’entrejambe sont reliées à la fixation. Ici, en Formule E, il faut les faire passer dans les boucles. L’aspect sécurité n’est pas encore au point."

"C’est sûr que dans le principe, c’est pas mal d’avoir un facteur où les plus rapides sont avantagés, mais pas de la meilleure manière. Il aurait fallu décider ça avant la saison, on aurait pu s’entraîner parce qu’en étant plus grand, il y a un désavantage. Et puis avoir des ceintures qui se ferment normalement, avec une fixation."

Lorsque nous lui demandons si les pilotes n'ont pas été consultés, Lotterer sourit amèrement : "C’est toujours comme ça, non ?". Son coéquipier Jean-Éric Vergne renchérit : "La raison, c’est qu’il y a quelqu’un à la FIA qui veut que ce soit comme ça."

Tandis que certains de ses collègues apprécient le concept et déplorent simplement la soudaineté de la décision, Vergne y est catégoriquement opposé. "Je pense que ce n’est plus du sport auto. Qu’il y ait un changement de voiture, c’est un peu obligatoire, mais changer la règle en cours de saison alors qu’il ne reste que quelques courses à faire avec le changement de voiture, ce n’est pas bien. Je me suis fait mal, j’ai un bleu énorme sur la jambe en ayant fait des essais le jeudi."

"Gagner une course parce qu’on est monté plus vite dans sa voiture, c’est bien en Endurance, mais là, franchement, dans notre formule, je ne suis pas fan du tout."

Déjà évoqué en 2014

En fait, la disparition du temps minimal d'arrêt au stand avait été évoquée dès le lancement du championnat, en 2014. Ils ne sont plus que huit pilotes rescapés de cette époque, parmi lesquels Nicolas Prost, qui abonde dans le sens de Lotterer au sujet des ceintures.

"Sur l’idée, je trouve ça bien, je ne suis pas du tout contre", déclare le pilote Renault e.dams à notre micro. "Après, c’est sur le timing, quand on sait qu’on en a déjà parlé il y a trois ans et ça arrive là, maintenant ; c’était très soudain, ça ne laissait pas de temps pour se préparer. C’est plus ça qui m’a surpris. Je pense que la décision de repousser à Santiago, toutefois, était bonne. Au moins, on pourra adresser tous les points de sécurité qui pourraient être levés."

"Dès les premiers essais du championnat à Donington, on avait évoqué qu’on aurait au début un temps minimal d’arrêt au stand, et qu’il serait réduit au fur et à mesure jusqu’à être annulé. Ça a suivi un peu son cours, mais là, l’annulation a été très soudaine. Il y a un sujet qu’on n’a pas adressé, c’est que tous les pilotes auraient voulu des ceintures style LMP pour faire des changements, alors que là, on ne les a pas. Il y a quand même quelques petites choses à ajuster."

 
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A propos de cet article
Séries Formule E
Pilotes André Lotterer , Nicolas Prost , Jean-Éric Vergne
Équipes Techeetah , DAMS
Type d'article Actualités
Tags arrêt au stand, pitstop