Ducati oscille entre "joie et amertume" après le GP du Japon

La satisfaction n'est pas totale pour Gigi Dall'Igna après la victoire de Jack Miller à Motegi, le directeur général de Ducati ne pouvant négliger la coûteuse erreur de Pecco Bagnaia. Les responsables du constructeur italien se montrent néanmoins indulgents envers ce dernier et veulent continuer à y croire.

Ducati oscille entre "joie et amertume" après le GP du Japon
Charger le lecteur audio

L'équipe Ducati officielle est passée par toutes les émotions au Japon. En quelques dizaines de secondes, elle a assisté à la chute de Pecco Bagnaia, qui porte ses espoirs au championnat des pilotes, et à la victoire autoritaire de son second pilote, Jack Miller. Gigi Dall'Igna reconnaît des sentiments ambivalents et une incapacité à se réjouir totalement de ce sixième succès consécutif pour la marque.

"Rares sont les moments où l'on peut vivre des émotions aussi contradictoires en l'espace d'un seul tour, avec deux états d'esprit cruellement opposés sous le drapeau à damier : c'est ce qui a suscité de la joie et de l'amertume au sein de toute l'équipe", souligne le directeur général de Ducati Corse dans son traditionnel billet publié sur LinkedIn.

Après la précédente chute de Bagnaia en course, au GP d'Allemagne, Dall'Igna avait pressé son pilote à apprendre de ses erreurs, multiples dans la première partie de saison. Le Turinois semblait avoir trouvé la clé en enchaînant cinq podiums, dont quatre succès, et même s'il est retombé dans ses travers au Japon, Dall'Igna ne lui en tient pas rigueur en tentant d'y voir du positif.

"Cette [...] course a vu Pecco subir un zéro pointé pour le championnat. C'est une chute qui fait mal, une erreur qui n'était tout simplement pas nécessaire mais qui révèle l'esprit combatif d'un champion qui voulait arracher de précieux points à son concurrent direct, même si cela représentait un risque conséquent."

"Toutes les autres considérations deviennent superflues... c'est la course. Il est nécessaire de garder le cap, de penser immédiatement à la prochaine course, sans frustrations ou hésitations, de tout donner et d'y croire jusqu'au bout, toujours !"

Ducati cherche assurément à ménager son pilote, évitant de lui causer plus de nervosité en cherchant à décortiquer cette erreur, que Bagnaia a de toute façon d'emblée assumée. Paolo Ciabatti, directeur sportif, le décrit "très serein", la leçon déjà apprise. "Il est toujours très critique envers lui-même. Cette chute arrive dans un processus de croissance qu'il pensait avoir terminé", souligne-t-il auprès de La Gazzetta dello Sport, "mais comme cela a déjà été le cas il apprendra de cette erreur aussi qui, heureusement, a été atténuée par la course de Quartararo." Paolo Ciabatti relativise en effet : "Si Fabio avait gagné, Pecco serait aujourd'hui à 35 points et, objectivement, tout serait plus difficile. Rien n'est perdu."

Malgré la déception logique d'avoir vu Pecco Bagnaia rétrograder à 17 points dans sa lutte avec Fabio Quartararo au championnat, Gigi Dall'Igna et le clan Ducati ont néanmoins su se réjouir du succès que Jack Miller attendait depuis plus d'un an, et ce alors qu'il s'apprête à quitter Ducati en fin de saison. "Nous avons littéralement dominé, avec des séquences dans lesquelles nous étions hors de portée pour tous les autres. Je suis heureux pour Jack, il méritait cette victoire, en tant que pilote et en tant qu'homme : il est l'un des nôtres", conclut le grand patron.

Lire aussi :
partages
commentaires

Voir aussi :

Le MotoGP annonce un projet de Grand Prix au Kazakhstan

Nakagami à nouveau opéré, Nagashima le remplace