Fabio Quartararo se sent moins sous pression qu'à ses débuts

Sous le feu des projecteurs en MotoGP, Fabio Quartararo assure ne pas ressentir le poids de la pression en vue d'un titre qui pourrait lui échapper. Il faut dire que du haut de ses 21 ans, il a déjà connu l'expérience d'une comparaison avec Márquez qui avait fini par beaucoup lui peser.

Fabio Quartararo se sent moins sous pression qu'à ses débuts
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Deux fois titré en Espagne, dont il a été le plus jeune lauréat en catégorie Moto3, Fabio Quartararo s'est forgé une réputation à nulle autre pareille dès son adolescence. Avant même que le règlement du Championnat du monde soit modifié afin qu'il puisse faire ses débuts sans avoir encore 16 ans révolus comme l'exigeaient les règles précédentes, le jeune Niçois était attendu de tous, précédé par son surnom de "nouveau Márquez".

Bien que ses débuts mondiaux, en 2015, l'aient vu rapidement décrocher deux pole positions et monter sur le podium, sa courbe de résultats n'a pas été celle espérée, et ce notamment lors des deux années très compliquées qui ont fait suite à cette campagne initiale. Quartararo a compris avec le temps que les comparaisons flatteuses dont il faisait l'objet l'avaient en réalité placé sous une pression trop forte pour son jeune âge.

"Quand j'étais plus jeune, c'était génial que les gens voient que j'avais un gros potentiel. Mais est arrivé un moment où l'on a commencé à me comparer à Marc. À ce moment-là, c'était une motivation pour moi, mais je n'ai pas réalisé que c'était plus une pression qu'une motivation", raconte-t-il dans le podcast officiel du MotoGP. "J'ai donc très mal terminé la saison 2015. Je me suis cassé le pied, et puis il y a eu, non pas des mauvaises décisions, mais des circonstances qui ont fait que 2016 et 2017 ont été vraiment mauvaises."

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"En 2018, j'ai commencé à trouver ma voie pour être meilleur. Je pense donc que l'expérience que j'ai connue quand j'étais plus jeune m'a beaucoup aidé à être bon actuellement. Pour moi, 2016 et 2017 ont été les pires années de ma carrière, car je n'obtenais jamais de très bons résultats, j'enchaînais les moments difficiles. Cependant, quand je repense à ces années-là aujourd'hui, je me dis que les résultats étaient très mauvais mais que j'ai acquis beaucoup d'expérience et que les mauvais moments que j'ai vécus pendant ces années m'aident beaucoup à être fort aujourd'hui. C'était donc négatif en termes de résultats, mais très positif en termes d'expérience."

Malgré les difficultés, Fabio Quartararo a grimpé les échelons, passant en Moto2 dès sa deuxième saison. Honda, KTM, Kalex… Il avait déjà connu trois machines différentes lorsqu'il a rejoint le team Speed Up en 2018. Et c'est là que le déclic a fini par se produire, avec un premier succès mondial obtenu au septième Grand Prix de la saison. Pour le jeune pilote, c'était l'ultime confirmation qu'il ne devait pas s'avouer vaincu, en dépit des revers connus jusqu'alors.

"Je connais mon potentiel, et je savais quel potentiel j'avais aussi à l'époque. Normalement, je ne suis pas du genre à beaucoup me plaindre de la moto, mais pendant ces années-là, je n'arrêtais pas de me plaindre. Et puis il y a une course où l'on se sent bien sur la moto et où l'on obtient un bon résultat. Et ça m'a fait sentir que j'étais bon. C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais baissé les bras et je me suis toujours entraîné dur", souligne-t-il.

"En 2018, je suis arrivé chez Speed Up et le patron m'a dit : 'Continue comme ça, continue à travailler de cette façon et tu vas y arriver'. Quand il m'a dit ça, j'étais 28e en qualifs en Argentine, et cela m'a mis dans un très bon état d'esprit. Je me suis dit : 'OK, je n'ai aucune pression de la part du patron, alors je peux travailler et continuer comme ça'. Ça m'a vraiment donné confiance. À partir de ce moment-là, tout s'est passé bien mieux que ce à quoi je m'attendais."

"Entre la moitié de 2018 et aujourd'hui, ma carrière a pas mal changé", constate Quartararo, recruté par Petronas pour le premier line-up MotoGP de l'équipe, à un poste initialement proposé à Dani Pedrosa et que le Catalan avait fini par décliner pour prendre sa retraite. "Normalement, quand les choses ne se passent pas super bien, on voit les choses d'une manière négative, mais à ce moment-là je ne ressentais que le positif, car je travaillais dur. Quand j'ai décroché ma première victoire, puis un podium à Assen, on avait déjà discuté avec Johan [Stigefelt], qui est le team principal de l'équipe. On a signé un contrat MotoGP et à partir de là tout a été très rapide."

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"On s'attendait à une bonne première saison, car on sait que la Yamaha est une moto familière, mais j'ai fait sept podiums et six pole positions, et cette année déjà trois victoires. Les choses ont pas mal changé pour moi, mais d'une façon vraiment très bonne, alors je veux continuer sur cette voie", anticipe le Français, qui mesure le chemin parcouru à ce stade : "Trois victoires, c'est déjà une grande réussite pour moi. Tout va très vite, mais je veux prendre les choses lentement."

C'est certainement car il a pleinement conscience du niveau qu'il a réussi à atteindre en peu de temps, que Fabio Quartararo parvient aujourd'hui à esquiver la pression que l'on voudrait faire peser sur ses épaules. Premier leader de la saison grâce à son doublé andalou, il a cédé les commandes du championnat à Joan Mir en Aragón et voit la première place s'éloigner alors même que l'issue approche. Pour autant, il considère ne pas être celui que le classement actuel met le plus sous pression.

"Vous savez, l'équipe est née l'année dernière et j'arrivais en tant que rookie en ayant terminé dixième l'année précédente en Moto2. Je suis actuellement deuxième du championnat, mais la pression n'est pas sur moi. Les autres pilotes qui se trouvent avec moi aux quatre premières places sont tous des pilotes officiels !" fait remarquer le Français. "On peut dire que Joan est débutant, mais il est dans une équipe officielle, qui a eu une grande expérience par le passé, qui est revenue et qui a beaucoup d'évolutions. Maverick [Viñales], cela fait de nombreuses années qu'il est en MotoGP, Dovi pareil… Et je suis au milieu de ces gars-là, alors qu'il y a deux ans j'étais complètement perdu !"

"Je prends simplement du plaisir et je fais de mon mieux. Si je n'obtiens pas le titre cette année, alors je travaillerai dur pour que ce soit le cas dans les prochaines années, mais en tout cas je n'ai pas vraiment la pression du championnat à l'heure actuelle, la pression est sur eux", martèle-t-il. "Quand je regarde les médias, ils disent que je suis celui qui doit gagner ce titre. Mais calmez-vous, les gars ! C'est ma deuxième année et je suis dans une équipe satellite qui a été montée il y a deux ans. Il y a d'autres pilotes qui sont là depuis de nombreuses années et qui sont dans des équipes factory."

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Et Quartararo y connait quelque chose en pression, lui à qui on a fait ressentir le poids de résultats qui n'arrivaient pas lorsqu'il était attendu à la hauteur de sa réputation de petit Márquez. C'est donc avec beaucoup de maturité qu'il aborde la situation actuelle, convaincu que ces attentes auxquelles il est confronté en cette fin de saison ne seront jamais aussi pressantes que celles qui pesaient sur lui il y a quelques années.

"La pression était un peu plus forte par le passé", juge-t-il. "Tous les pilotes sont différents, bien sûr, mais la principale chose qui me rend nerveux ou qui me stresse, c'est de savoir si j'ai un guidon pour les années suivantes. En 2018, j'ai signé pour deux ans avec Petronas et j'ai ensuite été beaucoup plus calme, moins stressé. Aujourd'hui aussi, mon avenir est déjà clair, j'ai signé pour 2021 et 2022 avec l'équipe officielle Yamaha. Ce sont les choses qui peuvent me rendre nerveux. Mais on apprend aussi au fil des années, et si je devais me retrouver sans guidon je serais calme parce que je sais quel est mon potentiel actuellement. Je sais que je peux obtenir de très bons résultats. J'ai déjà connu des moments difficiles cette année, mais je continue à travailler dans la même direction pour toujours me sentir bien."

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