Quartararo contredit Michelin après ses soucis en Aragón

Fabio Quartararo estime que son style de pilotage a provoqué ses problèmes au Grand Prix d'Aragón, plus qu'une pression de départ trop élevée, contrairement à ce qu'affirme Michelin. Le Français a constaté des progrès dans la tenue des pneus ce vendredi.

Quartararo contredit Michelin après ses soucis en Aragón

Les interprétations restent multiples pour expliquer la course difficile de Fabio Quartararo au Grand Prix d'Aragón. Parti en pole, le #20 a vite rencontré des problèmes avec le pneu avant et il n'occupait plus que la 18e place en passant la ligne d'arrivée. Michelin exclut un problème venant de sa gomme et évoque une pression de départ trop élevée, qui serait ensuite grimpée en flèche, causant les difficultés du pilote. Ce dernier n'est pas tout à fait de cet avis puisque Franco Morbidelli, son équipier, a pris le départ avec le même pneu et la même pression. Selon Quartararo, c'est surtout son style de pilotage qui a provoqué la montée en pression du pneu.

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"Avant tout, le pneu medium était le bon pour la course", a souligné le pilote français ce vendredi. "Je peux confirmer aujourd’hui que le medium est meilleur que le soft. Les pneus que nous avons choisis en course, à savoir le medium et le soft, étaient les bons. C’est juste que nous n’avions pas beaucoup d’expérience. Nous n’avons pas identifié des éléments très clairs, [mais] nous pensons [que c'est lié à] mon style de pilotage."

"Nous avons un protocole qui nous oblige à partir avec une pression minimale, Franco et moi. Nous partons tous les deux avec la même pression. Celle de Franco est restée bonne, même si elle est un peu montée, et la mienne est devenue hors de contrôle. C’est la seule raison que je vois. [Ça vient du] style de pilotage, quelque chose comme ça."

Malgré cette course difficile, Fabio Quartararo ne juge pas nécessaire de faire évoluer sa façon de piloter la Yamaha : "Modifier mon style de pilotage est beaucoup trop difficile, surtout que si ça change, c’est un tout petit peu. En tous cas, je ne veux pas changer mon style de pilotage pour une chose que je n'ai eue que deux fois en 28 courses. Une en Malaisie [en 2019], où il y avait un problème de pneu, et cette fois, où il n’y a pas eu vraiment de problème [sur le pneu]. Je ne changerai pas mon style de pilotage."

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Si l'attitude de Fabio Quartararo n'évoluera pas sur sa Yamaha, elle a en revanche changé après l'arrivée. Le pilote a montré une nouvelle facette, avec une colère contenue, à l'opposée de sa réaction au Grand Prix d'Émilie-Romagne, où une pénalité l'avait rendu furieux contre la direction de course.

"J’ai eu une mauvaise expérience à ce sujet", admet-il. "J’étais en colère. J'ai fait une erreur il y a quelques courses. C’était l’une de mes plus grosses erreurs hors de la moto. J’étais en colère à l’arrivée [en Aragón], j’ai crié, mais il fallait que je sois calme en rentrant aux stands. C’est très difficile pour moi. C’est la seule chose dont je peux être satisfait dimanche, je n’ai pas fait d’erreur après l’arrivée. J'essaie d’apprendre et je pense que c’était plutôt positif après la course que nous avons eue."

Une journée difficile mais enrichissante en Aragón

Au cours des derniers jours, le team SRT a pu travailler sur le problème rencontré dimanche et Quartararo a senti des progrès en piste ce vendredi, au cours de la première journée d'essais du Grand Prix de Teruel, qui se tient sur le même circuit ce week-end. Les pressions sont restées sous contrôle tout au long de la journée.

"Aujourd’hui, nous avons vu qu’à partir d’une pression plus basse, nous n’arrivions pas à une pression aussi haute, donc c’est bien", se félicite le Français au terme d'une journée qu'il juge "difficile" mais également "positive" grâce à l'ensemble des données recueillies. "En EL1, nous avons testé beaucoup de choses qui ne fonctionnaient pas, j’étais totalement perdu", a-t-il reconnu. "Dans les EL2, nous avons roulé avec deux pneus medium neufs, ce n’était pas mauvais. Nous avons fait un changement pour le deuxième relais qui n’était pas mauvais, mes chronos sont restés en 1'49"3, 1'49"2. À la fin, je pense que j’étais encore dans des petits 1'49. J’espère avoir les mêmes sensations avec le tendre à l’arrière dans le relais long demain."

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Fabio Quartararo a surtout été en mesure de rester performant dans un run long, ce qui s'était révélé impossible au cours du premier week-end en Aragón. "Dans l’ensemble, je suis satisfait de mon deuxième relais en EL2 et pour nous c’était plutôt bien. Normalement, après dix ou 12 tours, les pneus se dégradaient beaucoup trop, et aujourd’hui, c’était encore acceptable après 15 tours, le moment où nous étions vraiment en difficulté la semaine dernière. Pour nous, c’était une journée plutôt bonne et c’était positif de continuer à travailler dans cette direction, travailler sur le rythme, parce que nous savons que nous sommes rapides sur un tour. J’étais un peu perdu aujourd’hui, parce que j’ai roulé uniquement avec le medium à l’arrière, et c’était un peu étrange de passer d’un coup sur le tendre, mais je suis plutôt satisfait des EL2 dans l’ensemble."

Pendant les essais, Quartararo a également pu suivre Joan Mir, qui lui a pris la tête du championnat dimanche, et Álex Rins, vainqueur de la première course en Aragón. Cette observation lui a permis d'identifier les domaines dans lesquels la Suzuki est plus efficace que sa Yamaha. "C'’était très bien de suivre les deux pilotes Suzuki. J’ai vu clairement où nous perdons du temps. Je ne dirais pas où. J’ai vu vraiment que sur l’ensemble de la piste, c’est très similaire, mais il y a deux ou trois domaines où ils sont beaucoup plus rapides que nous. C’est une chose que nous devons vraiment améliorer pour notre rythme de course, ce sera très important."

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