Michelin : une carcasse différente pour un pneu arrière très sollicité

partages
commentaires
Michelin : une carcasse différente pour un pneu arrière très sollicité
Matteo Nugnes
Par : Matteo Nugnes
10 août 2018 à 07:55

Les longues accélérations du Red Bull Ring imposent ce choix au manufacturier clermontois afin d'éviter les surchauffes de pneus. En revanche, le nouveau développement testé lundi à Brno n'a pas séduit les pilotes.

À peine quatre jours après avoir clos le chapitre du Grand Prix de République Tchèque, il est l'heure pour le MotoGP de reprendre la piste, cette fois en Autriche. Le week-end qui s'annonce est l'un des plus intenses de la saison pour Michelin, le Red Bull Ring présentant des caractéristiques très particulières, avec de longues accélérations et seulement trois virages à gauche.

C'est la raison pour laquelle une carcasse spécifique est utilisée sur les pneus arrière pour la piste autrichienne, comme l'a expliqué à Motorsport.com Piero Taramasso, responsable deux roues pour Michelin Motorsport : "Par rapport aux autres circuits, nous apportons ici une carcasse arrière différente, étudiée pour générer des températures plus basses. Avec les accélérations et les lignes droits du Red Bull Ring, l'arrière est très sollicité."

Compte tenu du fait qu'il n'y a que trois virages à gauche, on aurait pu s'attendre à des pneus asymétriques à l'avant…

Le Red Bull Ring est un circuit très atypique, avec seulement trois virages à gauche. Lorsque nous avons fait les tests, il y a deux ans, nous avions essayé des pneus avant asymétriques, mais nous nous sommes alors rendu compte qu'il n'y en aurait pas besoin et nous avons donc fait le choix de ne pas les apporter, et ce dès l'année dernière.

Lire aussi :

Quel choix de gommes avez-vous fait pour ce week-end ?

Notre sélection est très similaire à celle de 2017. À l'avant, ce sont pratiquement les mêmes pneus symétriques ; nous avons simplement changé la gomme dure, en assouplissant d'un cran, parce que l'année dernière elle était trop rigide et provoquait des problèmes de blocage du pneu avant. Par contre, à l'arrière, nous avons choisi des solutions un peu plus tendres pour le pneu soft afin d'avoir un peu plus de performance. Pour le reste, nous sommes sur le même calibrage en ce qui concerne le medium et le dur.

Vous disiez que ce sont les pneus arrière qui sont les plus sollicités, mais cela semble être plus une question de température que d'usure…

Les motos passent beaucoup de temps à l'accélération, elles génèrent donc beaucoup d'appui et de stress sur le pneu arrière et les températures grimpent. Il est clair que ces températures peuvent provoquer une usure de la gomme ainsi qu'une dégradation du comportement en générant des mouvements de la moto. Cependant, ces dernières années, nous avons toujours gardé cela sous contrôle. Par ailleurs, les prévisions météo disent qu'il devrait faire chaud, mais nous n'aurons sûrement pas les 50°C au sol que nous avons observés à Brno. Sans oublier que les prévisions parlent d'une possibilité de pluie pour samedi ou dimanche.

La situation serait-elle très piégeuse en cas de course pluvieuse ?

Si jamais c'est mouillé, il faudra faire attention parce que, l'année dernière, les Moto2 avaient roulé sur le mouillé et il y avait eu de nombreuses chutes, surtout au virage 1. C'est un endroit où l'on freine très fort, il peut donc y avoir des blocages de roues, sans compter que beaucoup de gomme est déposée au sol et c'est donc un endroit très glissant. Le Red Bull Ring est un circuit qui semble facile, mais il cache de nombreux pièges.

Lire aussi :

Le Grand Prix de République Tchèque a été positif pour vous, malgré les températures infernales avec lesquelles vous avez dû composer…

Vendredi et samedi, nous avons eu des températures extrêmes, l'asphalte dépassait les 50°C, ce qui n'était peut-être arrivé qu'une seule fois dans l'Histoire du Grand Prix de République Tchèque. Nos pneus durs ont bien fonctionné, aussi bien à l'avant qu'à l'arrière, car ils ont offert de bonnes performances et se sont montrés constants. Mais certains ont aussi choisi d'utiliser le soft à l'arrière, comme Zarco et Bautista, et je dois dire qu'ils étaient eux aussi contents à la fin de la course.  Et puis les meilleurs tours en course du trio de tête sont arrivés dans le dernier tour et c'est là aussi un signal très positif pour nous. Compte tenu des conditions très extrêmes, ça a été un week-end positif.

Lundi, lors du test, vous avez introduit une nouvelle carcasse pour le pneu avant, associée à un profil large déjà testé à Barcelone. Quels ont été les commentaires ?

Nous avons encore énormément de données à analyser, néanmoins après ce premier contact les pilotes nous ont dit qu'il n'est selon eux pas mieux que le pneu actuel. Il faudra probablement travailler un peu sur les réglages, parce que cette nouvelle carcasse offre un soutien différent. Nous savons que le profil plus large avait plu lorsque nous l'avons introduit à Barcelone. Cette construction n'est peut-être pas la bonne avancée pour l'avenir, mais nous devons bien analyser les données. Si jamais elles sont en effet négatives, nous apporterons quelque chose de différent à essayer pour les tests de Valence.

Prochain article MotoGP
Pedrosa ne craint pas les lacunes de traction en Autriche

Article précédent

Pedrosa ne craint pas les lacunes de traction en Autriche

Article suivant

EL1 - Les Ducati en force, Márquez à l'affût

EL1 - Les Ducati en force, Márquez à l'affût
Load comments

À propos de cet article

Séries MotoGP
Auteur Matteo Nugnes
Type d'article Interview