Pour Oliveira, Michelin et les teams devraient plus "coopérer"

Face aux critiques émises par Honda à l'encontre de Michelin suite au GP d'Indonésie, Miguel Oliveira estime que le manufacturier et les équipes devraient plus s'ouvrir les uns aux autres afin de travailler dans la bonne direction. De son côté, Joan Mir "comprend" le choix de pneus, même s'il a été pénalisé.

Miguel Oliveira, Red Bull KTM Factory Racing

Tandis que l'intégralité du plateau MotoGP a les yeux rivés sur le dernier avion-cargo manquant afin de pouvoir enfin commencer le Grand Prix d'Argentine, les événements de Mandalika sont encore dans les esprits. Le changement de carcasse de pneumatiques effectué par Michelin juste avant le week-end n'a pas été du goût de tout le monde, à commencer par Honda qui a vivement critiqué le manufacturier.

Celui-ci a répondu par média interposé et l'histoire semblait s'en être arrêtée là. Mais à Termas de Río Hondo, Pol Espargaró et Álex Márquez sont revenus à la charge en expliquant qu'ils aimeraient que Michelin prenne ses responsabilités en reconnaissant les erreurs qu'ils lui reprochent.

Si les autres constructeurs sont restés silencieux, la plupart n'ayant pas connu d'aussi grandes difficultés, Miguel Oliveira a rappelé dans un entretien avec Motorsport.com que KTM s'était retrouvé dans une situation similaire et même pire il y a deux ans.

"En 2020, nous avions un composé de pneu avec lequel nous avons gagné trois courses, et ce composé a été retiré de l'allocation", a rappelé le Portugais. "Vous aviez alors un constructeur qui pouvait gagner avec une certaine spécification de pneu mais pas les autres, du coup [ils] ont fait [les pneus] pour les autres et pas pour nous. Je pense que nous étions dans une très mauvaise situation, que Honda n'a pas encore atteint."

"Nous savons à quel point les pneus influencent la performance des motos. Certaines motos sont construites dans une direction et d'un coup vous n'avez plus ce pneu entre l'asphalte et votre moto. Et c'est évidemment un pourcentage énorme dans le fonctionnement de la moto. Je comprends la frustration [de Honda], je comprends que Michelin ait dû réagir vite au vu des données qu'ils avaient recueilli durant le test."

Oliveira, vainqueur en Indonésie et très peu touché, cette fois, par le changement de pneumatiques, estime que le MotoGP est un milieu où l'on ne peut pas "satisfaire tout le monde" et que le compromis est difficile à trouver entre les souhaits et besoins des différentes équipes. "Je peux parler par expérience et se battre n'est pas la solution", a-t-il ajouté.

Miguel Oliveira au Grand Prix d'Indonésie

Miguel Oliveira au Grand Prix d'Indonésie

Au contraire, Oliveira estime que les équipes et Michelin ne travaillent pas suffisamment ensemble pour avancer dans la bonne direction, et que le problème réside précisément là. "Je pense que nous avons besoin de créer un environnement plus ouvert pour que les techniciens de chez Michelin soient plus coopératifs avec les équipes et les ingénieurs, et alors nous pourrons trouver une solution qui fonctionnera pour tous les constructeurs", a-t-il expliqué.

"Je pense que, parfois, nous voulons que les techniciens de chez Michelin nous parlent plus mais ce n'est pas possible donc nous ne leur disons rien. Au final on garde des informations pour nous et, bien sûr, ils font la même chose de leur côté. C'est normal. À la fin de la journée, l'argument le plus sûr est le même pour tout le monde et ça clôt en quelques sortes la discussion. C'est tout."

Au vu des critiques émises de part et d’autres, le #88 pense que Michelin et les teams devraient "essayer d'être coopératifs et de ne pas juste se renvoyer des reproches" afin de faire avancer les choses dans le bon sens.

Suzuki désavantagé mais compréhensif

Outre Honda, Suzuki a été l'autre constructeur véritablement pénalisé par la nouvelle carcasse de pneus apportée par Michelin, une décision qui revient "presque à changer de marque de pneus" selon Joan Mir au vu de l’impact que cela a sur le caractère de la moto. Et ce changement de dernière minute n'a pas "du tout profité" à la GSX-RR qui a rencontré aussi de grosses difficultés à Mandalika.

Pour autant, Mir s'est montré moins critique que les pilotes Honda et espère plutôt voir une meilleure organisation s'établir à l'avenir lorsque des changements de dernière minute surviendront. "J'ai dit que je comprenais et je comprends pourquoi Michelin a apporté ces pneus. Ils voulaient être prévoyants vu qu'ils considéraient qu'avec les pneus du test nous n'allions pas aller au bout de la course. Donc je comprends cette situation, le seul problème c'est que ça ne nous a pas profité. Ça en a profité à d'autres", a-t-il déclaré lors de son point presse en Argentine.

"Il faut laisser l'Indonésie derrière nous et tirer le positif. Espérons qu'ils n'amèneront plus ces pneus ! [rires] Ou que, s'ils les amènent, nous pourrons travailler avec et réellement les faire fonctionner avec la moto. Il faut un peu de temps pour essayer des pneus et ça aurait été bien de les avoir au test pour les comprendre. C'est ce que j'ai dit et je le dis encore aujourd'hui."

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Propos recueillis par Federico Faturos

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