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Bientôt la retraite pour Danilo Petrucci ? Les risques le font douter

Sans guidon pour la saison prochaine, Danilo Petrucci réfléchit à la suite à donner à sa carrière. Outre sa déception après l'échec de son union avec BMW en WorldSBK, il s'interroge sur la prise de risque qu'implique la course moto à haut niveau.

Danilo Petrucci, BMW Motorrad WorldSBK Team

Photo de : BMW Motorsport

À bientôt 36 ans, Danilo Petrucci aurait-il atteint le bout du chemin dans sa carrière de pilote moto ? L'Italien, dont le départ de l'équipe BMW en WorldSBK a été annoncé il y a quelques jours, ne cache pas en tout cas s'interroger sérieusement sur la suite à donner à son parcours.

Dans un premier temps, il lui a fallu accepter que son union avec BMW, équipe qui venait de remporter le championnat du monde Superbike deux années de suite avec Toprak Razgatlioglu, était un échec. "Une claque" pour celui qui avait piloté durant trois ans la Ducati avec trois victoires à la clé et un top 5 au championnat l'année dernière.

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"Il y avait des deux côtés la volonté que ça dure plus longtemps. Pour toute une série de raisons, ça n'a pas été le cas", explique Danilo Petrucci en évoquant sa rupture avec BMW dans une interview pour GPOne.

"Malheureusement, au mois d'octobre de l'année dernière je me suis fait mal à la main à la salle de sport, à un moment où ma troisième place était pratiquement assurée, et à partir de là tout s'est vraiment mal passé. J'ai eu une hernie au cou, on n'a pas fait les tests [hivernaux] et on a commencé [la saison] en Australie, sur une piste pas vraiment favorable, donc on était tous un peu sous pression."

"J'ai essayé, beaucoup. Je suis tombé, la moto a cassé en Hongrie et je suis tombé, je me suis fait mal en République tchèque. Et après Donington et la pause, on a décidé que ça n'avait plus tellement de sens de continuer."

Danilo Petrucci, BMW Motorrad WorldSBK Team

Blessures et déceptions sportives auront marqué la saison 2026 de Danilo Petrucci.

Photo de : BMW Motorsport

"On s'est beaucoup investis des deux côtés, moi j'ai vraiment essayé de faire plus que ce qui était possible mais ça n'a pas suffi. Mais je dois dire que je suis très serein. Quand on sait qu'on a tout donné, qu'on n'aurait pas pu faire mieux, on se dit 'qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ?'."

"Avec le recul, clairement, il y a beaucoup de choses qu'on aurait pu améliorer. Mais, d'un côté, j'ai aussi la sérénité de pouvoir dire que j'ai fait de mon mieux et, de l'autre, il y a malgré tout la déception liée au fait qu'au niveau professionnel je n'ai pas réussi à extraire le meilleur de cette moto."

J'ai fait beaucoup d'efforts et de sacrifices pour ne rien recevoir. Enfin si, pour tomber.

Danilo Petrucci fait une comparaison entre ce qu'il a traversé cette année avec BMW et ce qu'il avait connu avec KTM dans sa dernière saison en MotoGP, avec dans les deux cas une moto qui n'était pas taillée pour lui et qu'il n'est pas parvenu à exploiter de la bonne manière. Mais aujourd'hui, il exprime aussi sa volonté de prendre des risques raisonnés, et c'est le deuxième élément qui alimente chez lui une profonde réflexion.

"Ça a été difficile, parce que j'ai fait beaucoup d'efforts et de sacrifices pour ne rien recevoir. Enfin si, pour tomber. Je suis plus tombé en une moitié d'année avec la BMW qu'en trois ans avec la Ducati", déplore-t-il, après s'être notamment fracturé le coccyx à Most, au mois de mai.

"À un moment donné, je me suis dit que ce que je recevais en retour ne me faisait plus aller bien", poursuit Petrucci. "Pour piloter ces motos-là, il faut aller un peu au-delà de notre perception du risque, il faut toujours être un peu au-delà. Or quand on doit aller au-delà, on le fait pour une raison, pas parce qu'on aime tomber ou se faire mal. On prend ce risque quand on pense avoir un avenir, quand on a une perspective."

 

"Avec KTM en 2021, je me suis senti très, très mal psychologiquement parce qu'un rêve nourri pendant 30 ans, celui de devenir champion du monde MotoGP, a pris fin. Ça, ça a été la première phase de ma carrière. Ce qui est venu après a été très beau et je ne serai pas si déçu que ça si jamais l'année prochaine je ne devais pas courir en Superbike", glisse-t-il.

C'est désormais toute la question : y aura-t-il un nouveau chapitre dans l'histoire de Danilo Petrucci dans la compétition, ou pas ? Il ne ferme pas la porte au Superbike, ni aux autres championnats, lui qui s'est déjà réinventé avec succès au Dakar, puis en MotoAmerica. Toutefois, il assure également ne pas être dans une recherche active.

"J'aimerais plutôt trouver quelque chose qui m'amuse, qui me rende l'envie de faire des sacrifices et de dépenser toute l'énergie nécessaire pour courir à moto à très haut niveau", réfléchit celui qui a gagné deux Grands Prix MotoGP avec Ducati.

Le goût de l'effort, il l'a encore. Il peut le mesurer en partageant ses entraînements avec un jeune pilote de 18 ans de la Red Bull Rookies Cup, Luca Agostinelli. "Mais ensuite, quand je viens sur les courses et que je prends ces risques, qu'avec un tour à fond je fais 13e alors que l'année dernière, j'aurais fait la pole position, je me dis que je ne sais plus quoi inventer pour faire plus et ça devient lourd", reconnaît-il.

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S'ajoute à cette lassitude la conscience que ses meilleures années sont à présent derrière lui, sans possibilité réaliste de devenir champion du monde.

"Ce n'est pas un secret, je suis venu chez BMW pour essayer de gagner le championnat. Je ne voulais pas m'arrêter avant d'avoir essayé de le remporter. Je n'ai pas cette possibilité pour le moment, je m'en ferai une raison."

"J'aime les fêtes, alors je vais faire en sorte que ça en reste une jusqu'à la dernière course. Après, je pense que je n'arrêterai jamais de rouler à moto. Je ne sais pas dans quel championnat, mais je pense que je vais encore continuer un peu à courir à moto, allumer quelques moteurs et faire tourner quelques roues…"

"Je repense au Dakar, j'aimerais y faire quelque chose. Peut-être quelque chose de très différent, comme le raconter tout en le faisant, avec BMW et peut-être même en auto, on verra. Je n'ai absolument rien entre les mains, mais ça ne m'inquiète pas parce qu'il y a beaucoup de choses qui me rendent heureux."

En officialisant mercredi le recrutement de Brad Binder, qui remplacera Danilo Petrucci dans l'équipe WorldSBK, BMW a également évoqué des projets à l'étude afin de poursuivre sa collaboration avec le pilote italien d'une manière différente. "Nous tenons à remercier Danilo pour son immense implication. Ensemble, nous souhaitons terminer la saison en cours d'une belle façon et nous travaillons à la construction d'un avenir commun dans le cadre d'autres projets", a ainsi déclaré Sven Blusch, directeur de BMW Motorrad Motorsport.

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