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Rude saison pour Petrucci et Razgatlioglu : "Une belle claque pour tous les deux"

Héritier du guidon laissé libre par le Turc en WorldSBK, Danilo Petrucci observe avec compassion les difficultés traversées par Toprak Razgatlioglu en MotoGP. Lui-même a eu bien du mal à se faire à la moto qui avait été façonnée autour de son prédécesseur.

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images

Alors qu'il a pris sa succession chez BMW en WorldSBK, Danilo Petrucci a suivi de près les débuts de Toprak Razgatlioglu en MotoGP. Des débuts sans doute un peu plus compliqués que ce que le champion turc avait pu imaginer, puisqu'il continue aujourd'hui encore à se heurter à des exigences de pilotage qui ne lui paraissent pas naturelles au guidon de la Yamaha YZR-M1.

Bien qu'il ait rapidement été capable de marquer de premiers points en Grand Prix, Razgatlioglu admet conserver des automatismes qui lui viennent de sa longue expérience en dérivées de la série.

Gros freineur, il a d'abord eu du mal à trouver les sensations qu'il recherchait avec l'avant de sa nouvelle moto. Et même avec le roulage emmagasiné au cours des derniers mois, le comportement des pneus demeure très perturbant à ses yeux, lui qui a fait toute sa carrière en Pirelli et ne connaissait pas les spécificités des gommes Michelin jusqu'à cette année.

"J'ai un peu discuté avec Toprak. Au début du championnat, c'est lui qui m'écrivait", explique Danilo Petrucci dans une interview accordée à GPOne. "Après, j'ai vu qu'il était un peu en difficulté, mais au fur et à mesure de l'avancement dans la saison, je pense que ni lui ni moi ne nous attendions à avoir autant de mal. Ça a été une belle claque pour tous les deux."

Toprak Razgatlioglu, BMW Motorrad WorldSBK Team, Danilo Petrucci, Barni Spark Racing Team

Toprak Razgatlioglu et Danilo Petrucci ont gardé un lien après avoir partagé la grille du WorldSBK.

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"Je crois qu'à partir de l'année prochaine, Toprak sera très performant, mais je pense qu'il a des points forts qui ne conviennent pas en MotoGP", poursuit le pilote italien. "Toprak exploite des caractéristiques qui ressortiront peut-être l'année prochaine avec les Pirelli, tout en gardant à l'esprit qu'il a une Yamaha qui n'est pas comparable à une Aprilia ou à une Ducati."

Le lourd héritage de Razgatlioglu en WorldSBK

S'il évoque la claque qu'il a lui-même subie, c'est que Danilo Petrucci ne s'attendait sans doute pas lui non plus à se trouver autant en difficulté cette année en héritant du guidon de Toprak Razgatlioglu. Après trois années sur la Ducati Panigale V4, il a intégré l'équipe BMW avec laquelle le Turc venait d'être titré deux fois coup sur coup, mais il a très vite cumulé les déconvenues.

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Alors qu'une séparation précoce vient d'être annoncée, Petrucci se montre très lucide sur la situation dans laquelle il s'est retrouvé, contraint de s'adapter à une moto qui avait été taillée sur mesure pour Razgatlioglu. Il fait en cela un parallèle direct avec ce qu'il a connu en MotoGP lorsqu'il a couru pour KTM, dont il s'était également séparé au bout d'un an.

"Les similitudes sont très fortes, au sens où, techniquement, dans les deux cas je me suis malheureusement retrouvé sur une moto qui était conduite par un pilote ayant un certain style et certains réglages. Or, je dois dire qu'en termes de réglages, j'ai toujours été un peu différent du fait de mon poids, de ma taille et de ma manière de piloter."

"Donc il s'agit d'une moto qui se pilote seulement d'une certaine manière. Et surtout, l'équipe, que ce soit KTM ou BMW, sait qu'avec cette moto-là, ils ont gagné et demandent de refaire plus ou moins la même chose, alors on se confronte techniquement. En quelque sorte, je fais du 44 mais Toprak faisait du 41, or moi je sais que je ne rentrerai pas dans du 41. Pour être compétitif, j'ai besoin [d'une chaussure à] ma pointure."

Danilo Petrucci, BMW Motorrad WorldSBK Team

Danilo Petrucci, qui a été blessé cette saison, est aujourd'hui 16e du championnat.

Photo de : BMW Motorsport

Bien qu'il ait prolongé son contrat avec l'équipe, Miguel Oliveira a lui aussi décrit par moment sa frustration de ne pas réussir à mener la BMW M 1000 RR aussi haut qu'il l'aurait souhaité. Ces difficultés des deux pilotes se reflètent dans les résultats de cette saison, et sont par ailleurs accentuées par une domination écrasante de Ducati qui a nettement élevé le niveau.

"La fenêtre de fonctionnement de la BMW est vraiment très petite. On y arrive, mais pour la faire fonctionner il faut vraiment qu'elle soit taillée sur mesure pour vous", décrit Danilo Petrucci. "Après, le problème principal c'est qu'à Donington, par exemple, Miguel et moi on aurait fini premier et deuxième l'année dernière, alors que cette année on a fini 13e et 15e."

"Alors c'est difficile et c'est normal qu'il y ait plus de pression. On s'en met plus nous-mêmes, et l'équipe en a plus également parce qu'ils sont champions du monde et se retrouvent souvent hors du top 10."

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