Exclusion de Hamilton : la décision complète des commissaires

Les commissaires de la FIA expliquent pourquoi Lewis Hamilton a été exclu des résultats des qualifications du Grand Prix de São Paulo en raison d'un DRS jugé non conforme.

Exclusion de Hamilton : la décision complète des commissaires

Dans le viseur de la FIA à la suite des qualifications du Grand Prix de São Paulo, Lewis Hamilton a été placé sous enquête et attendait depuis hier le verdict. Celui-ci a finalement été rendu à quelques heures du départ des Qualifications Sprint, où il devait prendre le départ depuis la première position. Finalement, les commissaires ont décidé d'exclure le septuple Champion du monde de la séance qualificative du vendredi mais aussi d'infliger une amende de 50 000 euros à Max Verstappen pour avoir enfreint les conditions du parc fermé.

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Voici la décision complète des commissaires :

Le Délégué Technique a rapporté que la voiture 44 avait échoué à passer le test conçu pour vérifier les exigences du dernier paragraphe de l'Article 3.6.3 du Règlement Technique FIA Formule 1 2021. Cette vérification est décrite dans la Directive Technique 011-19.

Pour le dire simplement, il y a un espace entre la partie supérieure et la partie inférieure de l'aileron arrière. Quand le DRS n'est pas activé, cet espace doit mesurer entre 10 mm et 15 mm. La voiture a passé cette partie du test avec succès.

Quand le DRS est activé, ce qui élève l'élément supérieur de l'aileron à une position plus plate, l'écart doit mesurer entre 10 mm et 85 mm. L'écart maximal est mesuré, en accord avec la Directive Technique 011-19, en poussant une jauge de 85 mm contre cette ouverture avec une charge maximale de 10N (dix newtons). Si la jauge passe à travers, alors la voiture a échoué à passer le test. En l'occurrence, la jauge ne passait pas dans la section intérieure de l'aileron mais est passée dans la section extérieure de l'aileron. Ce test a été répété quatre fois avec deux jauges différentes, une fois en présence des Commissaires et de représentants du Compétiteur.

Les Commissaires ont tenu une audience vendredi à la suite des qualifications avec Ron Meadows, le représentant du Compétiteur, et Simon Cole, ingénieur de chef en bord de piste, ainsi que représentant la FIA Jo Bauer, Délégué Technique, et Nikolas Tombazis, Directeur Technique Monoplace. Les Commissaires ont ensuite ajourné l'audience afin de rassembler davantage d'éléments et, à 10h30 samedi matin, ont tenu une autre audience à laquelle ont également participé John Owen, designer en chef du Compétiteur, qui a témoigné par vidéoconférence, tandis que Jo Bauer était absent.

Le Compétiteur a affirmé que l'intention était que le design respecte la réglementation. Il était clair pour les Commissaires que la déformation supplémentaire était due à un jeu supplémentaire, soit au niveau du mécanisme du DRS, soit au niveau des pivots au bout, ou une combinaison des deux, ou une autre défaillance du mécanisme, ou un assemblage incorrect des pièces. Les Commissaires ont été informés par l'écurie et par la FIA que ce même design avait été testé à de nombreuses reprises durant la saison, toujours avec succès. De plus, la FIA a examiné le design de la zone de la voiture en question et est satisfaite du respect de l'intention de la réglementation par le design. Les Commissaires n'envisagent donc aucunement que ce manquement indique la moindre intention d'excéder les dimensions maximales, que ce soit par un acte ou par le design.

Le Compétiteur a également souligné que l'Article 3.6.3 de la réglementation établissait une dimension maximale, qu'il est possible de mesurer sans appliquer une force ou une charge. Ce n'est que lorsqu'une force est appliquée que l'instrument de mesure peut passer. Il n'y a pas eu de désaccord sur la procédure du test comme la décrit la Directive Technique 011-19. Les mesures ont été prises et les Commissaires ont établi que les dimensions étaient correctes. Le Compétiteur affirme donc que sa voiture respecte la réglementation en position statique et n'est donc pas en infraction. La FIA affirme que si elle ne fait pas partie de la réglementation, la Directive Technique – comme bien d'autres – décrit la procédure de test afin que les compétiteurs puissent concevoir des voitures qui respectent la réglementation. De plus, la Directive Technique indique que le test est conçu "pour assurer que l'élément de l'aileron arrière ne se déforme pas en s'ouvrant davantage que la valeur autorisée…". Les Commissaires adoptent la position selon laquelle bien qu'une Directive Technique ne soit pas une règle en elle-même, les directives techniques sont acceptées comme la méthode sur laquelle les équipes peuvent s'appuyer, et dans ce cas, le test qui a été mené était conforme à la Directive Technique et à ses objectifs légitimes.

Le Compétiteur a soutenu que le fait que la voiture ait passé le test avec succès dans la section centrale de l'aileron était un facteur atténuant et montrait qu'il n'y avait pas d'intention d'enfreindre la réglementation. Si les Commissaires reconnaissent que le second argument peut être vrai, les Commissaires estiment que savoir quelles sections ont échoué n'est pas pertinent vis-à-vis du fait que l'aileron n'ait pas réussi le test.

Le Compétiteur souligne que ce n'est pas une infraction généralisée et qu'elle est effectivement unique. Il s'agissait plutôt de quelque chose qui a mal tourné. Le Compétiteur a par ailleurs souligné qu'il aurait aimé avoir l'opportunité d'inspecter les pièces afin d'expliquer aux Commissaires comment le problème est survenu. Cependant, les Commissaires acceptent fondamentalement l'explication du Compétiteur selon laquelle la cause de l'échec à ce test est quelque chose qui a "mal tourné" plutôt qu'un acte délibéré. Les Commissaires ont donc choisi de maintenir l'assemblage sous scellés et de préserver les preuves du manquement, plutôt que d'altérer les pièces dans une inspection qui aurait entraîné une manipulation des pièces et donc une altération des preuves.

Le dernier argument du Compétiteur concernant le montage en lui-même est que le département technique de la FIA a pour habitude de permettre aux équipes de corriger les problèmes mineurs qu'elles trouvent sur leurs voitures, même pendant les conditions de Parc Fermé en qualifications. Si le Compétiteur avait identifié ce problème pendant les qualifications, et si le département technique de la FIA l'avait confirmé, il aurait eu la permission de réparer les pièces si nécessaire.

Les Commissaires ont été sensibles à cet argument et ont analysé s'il s'agissait, selon eux, d'une circonstance atténuante. Faire des concessions pour des dégâts causés par un accident est souvent une circonstance atténuante, cependant les Commissaires n'ont pas pu relier cet argument aux pièces identifiées comme non conformes lors des contrôles d'après-séance sans raison évidente autre que la prise en compte d'un déroulement normal de la séance. En fin de compte, le règlement est clair et au moment du contrôle, la voiture n'était pas conforme.

À la fin de la première audience vendredi, une vidéo amateur du pilote Max Verstappen touchant la voiture 44 en Parc Fermé a circulé. Les Commissaires ont pris le temps de rassembler toutes les séquences vidéo disponibles de cet incident et ont finalement examiné les images de la voiture 14, de la voiture 77, de la voiture 33 et de la voiture 44, ainsi que les images des caméras de vidéosurveillance de la voie des stands, en plus des images amateur. Les Commissaires ont tenu une audience séparée en relation avec cet incident et ont inclus le texte de cette décision dans le présent document.

En résumé, le Compétiteur a également convenu qu'il était peu probable que les actions de Verstappen aient causé la défaillance, cependant il a estimé que c'était une question ouverte. Après avoir examiné en profondeur la totalité des preuves concernant cet incident, les Commissaires étaient pleinement satisfaits sur le fait que cela n'avait eu aucune incidence. Enfin, les Commissaires ont indiqué que la voiture 44 avait échoué au test indiqué dans la Directive Technique 011-19 et qu'elle était donc en infraction avec l'Article 3.6.3 du Règlement Technique de la FIA.

Les Commissaires sont d'accord avec le Compétiteur pour dire qu'il s'agit d'une erreur plutôt que d'un acte ou d'un design intentionnel mais ils n'ont pas trouvé de circonstances atténuantes. De plus, l'Article 1.3.3 du Code Sportif International stipule que "prétendre qu'aucun avantage de performance n'a été obtenu ne constitue pas une défense". Par conséquent, les Commissaires ordonnent la sanction habituelle pour une irrégularité technique, à savoir la disqualification de la séance.

Il est rappelé aux Compétiteurs qu'ils ont le droit de faire appel de certaines décisions des Commissaires, conformément à l'Article 15 du Code Sportif International de la FIA et au Chapitre 4 du Règlement Judiciaire et Disciplinaire de la FIA, dans les délais impartis.

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