Ferrari n'exclut plus de s'être trompé avec la SF90

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Ferrari n'exclut plus de s'être trompé avec la SF90
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13 mai 2019 à 09:02

En quête de réponses pour expliquer son manque de performance majeur face à Mercedes, la Scuderia Ferrari n'exclut aucune hypothèse. Pas même celle d'avoir fait erreur dans la conception de sa F1 2019, ce qui serait alors problématique... mais pas désastreux aux yeux de Mattia Binotto.

Après avoir connu un week-end particulièrement décevant à Barcelone, Ferrari cherche des réponses. Les évolutions apportées sur la SF90 en Espagne ont fonctionné, d'après les dires de l'encadrement technique et des pilotes de la Scuderia, mais elles n'ont pas empêché Mercedes de signer haut la main un cinquième doublé consécutif. Sans explication tangible à l'heure actuelle, Mattia Binotto a reconnu des faiblesses vraisemblables sur la monoplace de Maranello, et va même jusqu'à entrouvrir la porte de l'hypothèse la plus ennuyeuse : et si Ferrari avait fait fausse route avec la philosophie générale de sa F1 2019 ?

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Dès les essais hivernaux, on a pu constater que Mercedes et Ferrari avaient emprunté des chemins très différents dans leur design, notamment au niveau de l'aileron avant. Pendant que le constructeur allemand optait pour une solution procurant un maximum d'appui, la Scuderia privilégiait la gestion du phénomène "outwash", à savoir l'air perturbateur autour des pneus avant. Mais de retour à Barcelone, patatras, le déficit de la SF90 était bel et bien dans les courbes…

"Nous perdons énormément dans chaque virage, pas seulement dans le dernier secteur, c'est dans chaque virage que nous sommes lent", déplore Mattia Binotto, directeur de Ferrari. "Il y a beaucoup de sous-virage. Est-ce que cela vient seulement de l'appui aérodynamique ou est-ce qu'il y a autre chose ? C'est quelque chose que nous devons vraiment analyser et comprendre. Toute conclusion tirée aujourd'hui sera mauvaise. Cela prendra quelques jours pour vraiment avoir une analyse correcte et essayer de comprendre : est-ce une question d'équilibre, est-ce une question d'appui aéro, ou peut-être même est-ce le concept de la voiture ? Je ne sais pas. Je crois que nous n'avons pas la réponse."

Faudra-t-il tirer un trait sur 2019 ?

Sebastian Vettel, Ferrari SF90, devant Charles Leclerc, Ferrari SF90

Si le scénario le plus extrême venait à se présenter, à savoir des conclusions induisant le fait que tout le concept 2019 a pris la mauvaise direction, cela sonnerait probablement déjà le glas des espoirs de Ferrari cette année. Modifier profondément l'approche prendrait des semaines voire des mois… Serait-ce alors un désastre annoncé ? "Je ne crois pas que ce soit un désastre tant que l'on progresse collectivement", rétorque Mattia Binotto. "Comme je le dis souvent, nous sommes une équipe jeune, nous sommes dans une phase d'apprentissage. En matière de processus et de méthodologie, il y a encore beaucoup à apprendre, et tant que l'on progresse, je suis satisfait. Si cela vient du concept, alors ça dépendra de ce que c'est exactement, mais je pense qu'il y a des choses que l'on peut corriger en cours de saison."

Il n'empêche, ce qui trouble le plus les observateurs est sans aucun doute d'avoir vu Ferrari exceller lors des essais hivernaux, où toutes les analyses convergeaient pour dire que la SF90 se dégageait comme la plus performante du plateau, puis s'effondrer. La force de réaction de Mercedes a fait très mal, et Toto Wolff pense d'ailleurs avoir une théorie sur la question.

"C'est très intéressant, car quand on voit qui était devant lors des essais hivernaux, c'est très différent de ceux qui sont devant aujourd'hui, même si l'on se penche sur la lutte en milieu de grille", fait remarquer le directeur de Mercedes. "Il y avait deux concepts aérodynamiques différents, et il y a peut-être une certaine vérité là-dedans. Mais en Formule 1, il n'y a jamais une question et une réponse, ni de recette miracle qui explique une bonne ou une mauvaise performance. Je pense que tout vient du développement de la voiture, du fait de maintenir une courbe de développement élevée."

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Auteur Basile Davoine
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