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La FIA cherche à changer les règles de sa gouvernance

L'instance dirigeante du sport automobile a présenté un projet controversé visant à faire en sorte que les plaintes en matière d'éthique soient traitées directement par le président de la FIA et le président de son sénat.

Mohammed Ben Sulayem, Président FIA

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images

Une série de propositions a été soumise à l'organe directeur du sport automobile avant le vote lors de l'assemblée générale de la FIA, qui se tiendra le 13 décembre prochain. Le projet consiste à remplacer le sénat existant, et à faire en sorte que toute plainte en matière d'éthique soit traitée directement par le président de la FIA et le président de son sénat.

La BBC rapporte que ces révisions aboliraient le pouvoir du comité d'audit de mener une enquête indépendante sur les questions financières. Cette proposition, pour le moins étonnante, aurait pour effet de mettre le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, à l'abri des regards. Elle intervient au cours d'une année mouvementée pour ce dernier, qui se prépare actuellement à une campagne électorale pour un second mandat à la FIA. Un deuxième mandat pour lequel le saoudien ne compte aucune opposition, alors que les mesures proposées renforcerait encore davantage sa position à la tête de l'instance dirigeante.

En effet, si les changements devaient être approuvés par l'assemblée générale de la FIA, cela signifierait que le pouvoir du comité d'éthique serait dilué, passant de la capacité d'"enquêter et d'évaluer" les plaintes à celle de "mener une évaluation initiale pour déterminer si une enquête approfondie est nécessaire".

Cette évaluation serait ensuite transmise au président du sénat, qui déciderait alors seulement si d'autres mesures sont nécessaires. Une autre modification des règles de gouvernance garantirait également que toute enquête sur le président de la FIA serait communiquée au président du sénat et au président lui-même. Cela garantirait que le président de la FIA et le président du sénat auraient le pouvoir sur toute enquête d'éthique.

Mohammed Ben Sulayem aura-t-il davantage de pouvoir de contrôle à la tête de la FIA ?

Mohammed Ben Sulayem aura-t-il davantage de pouvoir de contrôle à la tête de la FIA ?

Photo de: Andy Hone / Motorsport Images

Par ailleurs, d'autres modifications supprimeraient le pouvoir du responsable de la conformité d'enquêter sur toute irrégularité concernant le président de la FIA ou toute autre personne faisant partie de son équipe. Le rôle du comité d'audit serait également revu dans le cadre de "l'assurance de l'exactitude, de la pertinence et de la permanence" des méthodes comptables de la FIA, en lui demandant simplement de les "examiner".

Enfin, ces changements ôteraient à la commission d'audit le pouvoir de signer les comptes de la FIA, ce pouvoir étant à nouveau confié au président du sénat. Ce projet de changement de règles de gouvernance de la FIA intervient alors que la l'instance dirigeante et son président sont sous le feu des critiques depuis plusieurs mois.

Lire aussi :

Des départs en série

En mars, Mohammed Ben Sulayem a été accusé par une source anonyme mais interne à la FIA d'avoir interféré dans le résultat du Grand Prix d'Arabie saoudite 2023. Ce dernier a également été accusé d'avoir incité les responsables de la FIA à ne pas certifier le circuit de Las Vegas pour son Grand Prix inaugural de l'année dernière. Les deux plaintes ont été rejetées.

La BBC affirme également que Mohammed Ben Sulayem a été confronté à des "questions concernant les finances de son bureau privé, l'établissement d'un 'fonds du président' de 1,5 million de dollars pour payer les clubs membres qui votent pour le président de la FIA". Là encore, aucune de ces accusations n'a été retenue.

Ben Sulayem, qui a licencié la semaine dernière Tim Mayer, commissaire de course de longue date de la F1 - qui dit en avoir été informé par un simple SMS - est confronté à une série de questions sur son administration. Tim Mayer a affirmé qu'il avait été licencié après que le président de la FIA se soit "offusqué" d'un appel lancé par les responsables du circuit des Amériques à la suite d'un envahissement de la piste par des fans lors du GP des États-Unis.

L'ancienne directrice générale Natalie Robyn a quitté la FIA après avoir soulevé des questions sur la gouvernance de l'organisation, ses pratiques et ses finances au sein du bureau du président. Bertrand Badre, chef du comité d'audit, et Tom Purves, membre du comité d'audit, ont tous deux été licenciés au cours de l'été. Le responsable de la conformité, Paolo Basarri, qui avait supervisé la plainte concernant l'ingérence de Ben Sulayem dans le résultat du GP saoudien, a également été licencié le mois dernier.

Un nombre important de personnes clés ont quitté l'organisation, ce qui a suscité des inquiétudes croissantes quant à la qualité du personnel demeurant au sein de la FIA.

Ces derniers mois, la BBC rapporte que la FIA a également perdu son directeur sportif, son directeur technique de la F1, son directeur numérique, son responsable des affaires commerciales et juridiques, son directeur de la gouvernance et de la réglementation, son directeur de course, le responsable de la commission des femmes dans le sport automobile, le secrétaire général de la mobilité et le directeur de la communication, ainsi que les trois plus hauts responsables des ressources humaines.

La FIA n'a pas souhaité faire de commentaires.

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