Historique, GP Italie 1971 : Le plus serr? de tous

316 Km de course, une moyenne de 242,615km/h et surtout 0’’61 secondes entre les cinq pilotes à l’arrivée

Historique, GP Italie 1971 : Le plus serr? de tous

316 Km de course, une moyenne de 242,615km/h et surtout 0’’61 secondes entre les cinq pilotes à l’arrivée. Le Grand Prix d’Italie 1971 reste l’un des Grands Prix les plus mythiques de l’histoire de la F1 et surtout le plus serré de tous.

En 1971, la Formule 1 n’avait rien à voir avec celle que l’on connaît aujourd’hui. Car les temps au tour étaient pris manuellement et analysés ensuite par les commissaires pour établir la grille du Dimanche.
Ce Samedi 04 Septembre, les Tifosis étaient tous aux anges, car Ferrari annonçait que Ickx avait la pôle. Mais en fait l’annonce des rouges a été précipitée car en réalité c’est Chris Amon sur sa Matra qui sera crédité de la première place, quatre dixième de seconde plus vite que la Ferrari du Belge.

La grille de départ du lendemain sera donc : Amon, Ickx, Siffert, Ganley, Cevert, Peterson, Stewart et Regazzoni.
Le Grand Prix d’Italie était à coup sûr le plus rapide du championnat. En effet, à cette époque, le tracé de Monza était très différent de l’actuel. Avant que des chicanes gâchent son agencement ultra-rapide, l'autodrome de Monza représentait le meilleur circuit de la saison. Celui-ci étant en fait constitué de cinq virages reliés par des lignes droites. Au jour où l’on est, il est impossible pour un pilote d'atteindre les mêmes vitesses. Mais le circuit était aussi dangereux. La mort de Rindt en essais qualificatif l’année d’avant le rappel. Un circuit où l’aspiration jouait déjà un rôle essentiel dans les dépassements.

Dimanche, au départ, surprise : La Ferrari de Clay Regazzoni bondit de la quatrième ligne pour s’adjuger dès le premier tour la première place, déclanchant ainsi l’hystérie des tifosis présents en masse dans les tribunes. Le Suisse gardera la tête durant 3 tours avant que Peterson ne hisse sa March en première position. Le Suédois ne restera à cette place que 5 tours, car le nouveau double champion du monde, Jackie Stewart était remonté sur lui. « Rega » reprit le leadership au 9ème tour pour le céder instantanément à Peterson pour cinq tours avant que Cevert ne prenne lui aussi la première place.
16 tours bouclés et déjà 5 leaders différents ! 17ème tour, le moteur V8 Ford de Stewart explose, avant que Ickx ne suive l’exemple de l’Écossais en cassant son vilebrequin. Suivi en cela par Regazzoni qui sera frappé du même mal que son équipier Belge un tour plus tard. Consternation et dégoût dans les tribunes.

Mais la course continue et Peterson reprit la tête et allait la garder jusqu’au 22ème tour. Cevert, encore lui, le délogea au 23ème, mais le Suédois reprit son bien au 24ème et jusqu’au 26ème tour.
C’est alors qu’un nouveau pilote vient se mêler à la lutte de tête. Il s’agit de l’ex-champion moto, Mike Hailwood dans sa Surtees, revenu de très loin pour prendre le commandement de la course durant deux tours. Avant que Siffert sur sa BRM l’en déloge.
D’ailleurs sur ce circuit Italien, les BRM étaient les favorites car leurs moteurs étaient puissants, beaucoup plus puissants que le V8 Ford.

À mi-parcours, le classement est le suivant : Siffert, Cevert, Peterson, Hailwood, Amon et Ganley. Peter Gething, dont on reparlera plus tard, est à ce moment-là de la course incapable de garder le contact avec les leaders. Soudain au 31ème tour, la boîte de vitesses de Siffert reste bloquer sur le 4ème rapport. Le Suisse terminera malgré tout l’épreuve à la 9ème place, à deux tours du vainqueur.
Cevert profita des déboires du Suisse pour prendre la tête durant… deux tours. Peterson le repassa au 33ème passage, puis le Français reprend son bien au 34ème. Le mano à mano entre les deux hommes sera pourtant calmé un temps par Hailwood qui pris la tête au 35ème tour. Mais « l’ange aux yeux bleu » repris encore une fois la tête au 36ème passage.
Dans les tribunes, personne ne sait où donner de la tête et même chez les directeurs sportifs des équipes.
C’est à ce moment-là qu’Amon se réveilla. La Matra fit parler ces 500cv pour remonter rapidement au classement et prendre la tête sans effort au 37ème tour. Il restera à cette place jusqu’au 46ème passage. C’est la première fois depuis le début de cette course qu’un leader conserve sa position plus de 5 tours !
Pourtant, la malchance allait s’abattre sur le pilote que tout le monde surnommait « le simple ». En effet, Chris Amon, au lieu de retirer ces Tear-offs de protection de visière une par une, arracha celle-ci et se retrouva à 320km/h sans protection contre le vent. Le Néo-zélandais finira finalement l’épreuve à la 6ème place avec une main sur le volant et une autre devant ses yeux.

Peterson l’avait remplacé au commandement jusqu’au 51ème tour, ou encore une fois Hailwood pris la tête. Au passage de la ligne, il ne restait plus que 4 tours et ils étaient encore quatre à prétendre à la victoire : Mike « The bike » donc, Peterson, Cevert et…Gethin revenu de nulle part au prix d’un pilotage à couteau tiré et surtout à la limite de son moteur V12, avant les mésaventures de Amon. Il était à 2,5 secondes du quatuor de tête, avant qu’il ne revienne miraculeusement au contact grâce notamment à l’effet d’aspiration engendré par les nombreuses lignes droites du circuit. Revenu sur les leaders, Gethin pris la tête aux 52ème et 53ème passages, avant que Peterson encore une fois ne le repasse à l’orée du dernier tour, imité ensuite par Hailwood et Cevert.

Au dernier tour donc, à l’amorce de la Parabolique, l’ultime virage, Peterson et Cevert étaient au coude à coude. Le Suédois freina très tard et élargit sa trajectoire, alors que le Français était à la corde. Mais contre toute attente, un autre pilote arrive entre les deux. Il s’agissait de Gethin qui n’avait pas dit son dernier mot, loin de là !
Il aborda la Parabolique à très vive allure et la BRM fût d’une stabilité remarquable dans cette courbe qu’elle paraissait l’emprunter beaucoup plus vite que ces concurrents.
Plongeant entre les deux voitures de Peterson et Cevert, Gethin parvint à sortir en tête du célèbre virage italien. Mais le Suédois et le Français n’avaient pas abdiqué pour autant et revenaient très fort, avec derrière eux Hailwood et Ganley toujours au contact.
Peterson plaça le nez de sa March dans les échappements de la BRM, mais déboîta trop tard. Gethin franchit la ligne d’arriver en vainqueur.

Le résultat de ce Grand Prix reste sans appel :

1. Peter Gethin - BRM
2. Ronnie Peterson - March à 0’’010
3. François Cevert - Tyrrell à 0’’100
4. Mike Hailwood - Surtess à 0’’180
5. Howden Ganley - BRM à 0’’610

Épilogue : Le soir de la victoire, les mécaniciens de BRM faisaient la fête avec leurs pilotes à l’hôtel Serenissima. Louis Stanley, le patron de BRM, après avoir participé à la fête décida avec sa femme de rentrer dans leur Villa à bord de leur Cadillac. Mais sa voiture avait un pneu crevé et c’est Peter Gethin, sous les moqueries de ces camarades pilotes qui changera la roue de la grosse américaine. " Je me souviens bien, déclare Gethin. Je venais de gagner le Grand Prix d’Italie et j’étais là, occupé à changer la roue arrière gauche du patron, avec tous les autres pilotes de l’équipe qui rigolaient de la situation ".

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