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Magazine

Dans les pas d'Isack Hadjar : le rookie qui veut impressionner, pas seulement gagner

Isack Hadjar est l'une des révélations inattendues de la saison 2025 de Formule 1. Dans le paddock, beaucoup le considèrent déjà comme le rookie le plus impressionnant, même face à Kimi Antonelli chez Mercedes. À Imola, nous avons suivi le jeune Français pour découvrir qui il est vraiment.

Isack Hadjar, Racing Bulls, avec Roberto Chinchero, journaliste de Motorsport.com

Photo de: Racing Bulls

Il est arrivé sans bruit, sans tambour ni trompette, laissant le feu des projecteurs à d'autres rookies. Isack Hadjar est devenu titulaire en Formule 1 sans avoir remporté le moindre titre en formules de promotion, et il l'assume à sa manière : avec peu de mots, bien choisis, directs. "Pour un jeune pilote, le plus important, c'est d'impressionner", avance-t-il. "Tu peux gagner un titre, mais si tu n'impressionnes personne, tu n'iras pas loin."

Et Isack Hadjar a bel et bien impressionné, suffisamment pour décrocher un volant à 20 ans, et pour rapidement envoyer un message clair à ceux qui ont parié sur son nom : miser sur lui en valait la peine.

La rencontre avec Helmut Marko qui a tout changé

Grand Prix de Monaco, 2021. Isack Hadjar crée la surprise en remportant une manche de FRECA après être parti en pole position. Après la course, il rentre dans un petit appartement loué pour le week-end avec son ancien manager.

"À peine rentrés, mon préparateur physique me dit qu'il a reçu un appel : 'Helmut Marko veut te voir'. J'étais en train de faire la sieste, je lui ai dit de me laisser tranquille, je croyais à une blague. Mais il insistait, et j'ai compris que c'était sérieux. Je lui ai demandé : 'Quand ?' Il m'a répondu : 'Maintenant !'."

Ils partent en courant, pas de taxi. Trempés de sueur, ils arrivent à l'hôtel d'Helmut Marko. "Il était dans le hall. On s'est assis, c'était très simple. Il m'a regardé et a dit : 'Je t'enverrai un contrat'. C'est tout. Sur le moment, c'était étrange, mais après j'ai compris : c'est comme ça que ça se passe."

Isack Hadjar et notre journaliste Roberto Chinchero à Imola.

Isack Hadjar et notre journaliste Roberto Chinchero à Imola.

Photo de: Racing Bulls

De Faenza à la grille

Aujourd'hui, Isack Hadjar vit à Faenza, à deux pas de l'usine Racing Bulls, écurie qui l'a accueilli cet hiver. "Je préfère ça à Milton Keynes, mais en réalité je suis rarement chez moi. Je suis parti pour Melbourne et je ne suis rentré qu'avant Imola. Tu passes d'une course à l'autre, et les rares jours libres, je les passe souvent au simulateur à Milton Keynes."

Quand il écoute, il est pleinement concentré. Mais quand il parle, son regard s'échappe avant de se recentrer pour conclure avec précision.

À l'aube de son premier week-end européen en tant que pilote de F1, aucun stress en vue. Son appartement de Faenza n'est qu'à 15 km d'Imola. Il prépare son sac méthodiquement, vérifie deux fois. Un souci du détail qu'on retrouve aussi dans sa passion pour le judo, qu'il pratique dès qu'il peut. Une fois prêt, c'est lui qui lance les autres : "On y va ?".

Une histoire de rigueur et de racines

À ses côtés, ses parents. Son père Yassine est physicien quantique, sa mère Randa est DRH dans une entreprise publique et l'épaule dans sa carrière. "Ma famille est originaire d'Algérie. Mes parents sont arrivés seuls en France à 19 ans et ont tout construit par le travail." Yassine est reconnu dans son domaine, et les formules sur le casque d'Isack lui rendent hommage.

"À cinq ans, il m'a mis dans un kart de location. J'ai eu peur. Deux ans plus tard, il m'a inscrit à un stage près de Paris, une session un dimanche sur deux. Un jour, le moniteur lui a dit : 'Votre fils est doué. Achetez-lui un kart, faites-le courir.'"

Mais toujours avec une règle claire : "Si tu veux faire quelque chose, tu t'y engages. Et il fallait que je sois bon, sinon ils ne m'auraient pas suivi."

Au début, c'est Yassine qui l'accompagne sur les circuits : "Il déteste la mécanique, mais il est devenu mon mécano pour moi. Tous ses week-ends, il me les a donnés. Puis, quand les résultats sont arrivés, c'est devenu plus sérieux et ma mère a pris le relais."

Les formules de physique quantique sur le casque d'Isack Hadjar.

Les formules de physique quantique sur le casque d'Isack Hadjar.

Photo de: Red Bull Content Pool

Une ascension, la tête sur les épaules

Grâce à son réseau, Randa a trouvé les budgets pour faire progresser Isack jusqu'en monoplace. C'est elle qui le suit à Imola, toujours un pas derrière. Jeudi, c'est la journée presse, mais le programme d'Isack Hadjar a commencé dès mardi avec une séance simulateur, puis un briefing à Faenza avec Liam Lawson.

Entre deux interviews, il jette un œil à son téléphone, pas pour Instagram, mais pour des clips de foot, des highlights de MMA ou des qualifs en F2. Fan du PSG, ami proche de Fabio Quartararo, il suit tout ce qui est compétition. Il réalise son rêve, sans perdre pied.

"C'est exactement ce que je voulais faire. La seule différence, c'est que dans les rêves, tu ne penses pas aux galères, comme les voyages interminables. Quand j'étais gamin, mon père me disait : 'Profite des jours où tu t'ennuies.' Je ne comprenais pas, je voulais courir, jouer au foot, voir mes potes. Maintenant je comprends, ces jours-là me manquent."

"La cadence est folle. La semaine dernière, je suis tombé malade, j'étais K.O. total. Mais quand je suis dans la voiture, surtout en qualifs – Q1, Q2, Q3 – j'adore ça. Chaque dixième compte. C'est incroyable. J'aimerais vivre deux vies, une avec mes proches, et une où je ne fais que courir. Mais je sais que je ne peux pas."

Isack Hadjar à Imola.

Isack Hadjar à Imola.

Photo de: Racing Bulls

Le rookie qui déteste la routine

Vendredi, la journée est calme côté média. Samedi commence avec une visite au Paddock Club. Isack Hadjar quitte l'hospitalité, casque sur les oreilles, accompagné comme toujours de son attaché presse Andrea Saveri. "J'écoute surtout du rap français, mais ça dépend de l'humeur."

De loin, il peut sembler agité. Mais en réalité, ce sont des mécanismes de concentration, son moyen de se caler et de se mettre en condition, que ce soit pour piloter ou pour un briefing technique.

"Je sais que l'aspect technique est crucial. Au début, c'était dur, mais maintenant j'aime ça. Je vois à quel point tu peux faire la différence, même en dehors de la voiture. Je dois encore progresser là-dessus. J'essaie d'utiliser ma tête. Mon père est physicien, il a étudié toute sa vie, j'espère avoir hérité d'un peu de ça. Et j'ai compris qu'en piste, je ne fais pas que pousser la voiture, je suis le capteur principal dont mes ingénieurs ont besoin."

Mais il y a une chose qu'il supporte mal : la répétition. "Je déteste ça ! Me faire faire 200 fois la même chose ? Je deviens fou. J'ai besoin de nouveaux défis." Il y en aura – mais les fondations sont solides.

Isack Hadjar au volant de la Racing Bulls.

Isack Hadjar au volant de la Racing Bulls.

Photo de: Peter Fox / Getty Images

Pas de coup de fil, pas de confirmation, juste de l'instinct

Il y a quelques mois encore, Isack Hadjar n'était pas en Formule 1. Aujourd'hui, tout s'accélère. "Est-ce que j'y ai cru ? Toujours ! Sinon, j'aurais arrêté. Même dans les pires moments, j'y croyais." Petite anecdote : personne ne lui a jamais officiellement annoncé qu'il piloterait en F1 en 2025.

"Je n'ai jamais eu un appel du genre : 'Bonjour Isack, tu es en F1 l'an prochain'. Rien. Helmut n'aime pas donner de bonnes nouvelles ! En gros, j'ai compris petit à petit. La saison dernière terminée, j'étais au simulateur à Milton Keynes, et on m'a dit : 'Demain tu vas à Faenza'. J'ai demandé pourquoi, et on m'a juste répondu : 'T'inquiète, à demain'. Aujourd'hui ça me fait sourire, mais sur le moment, j'étais stressé."

À Imola, la course n'a pas tourné en sa faveur, il est passé de la sixième à la neuvième place à cause d'une voiture de sécurité mal tombée. Mais dans le paddock, sa cote monte.

"Ce que je disais sur les formules de promotion reste vrai : tu n'as pas toujours la meilleure voiture, mais il y a toujours moyen de montrer quelque chose, de faire bonne impression. C'est là-dessus que j'ai toujours compté. Mais je sais que le moment viendra où une seule chose comptera : gagner. Et gagner beaucoup."

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