Le rôle de directeur d'équipe est "parfois surestimé", selon Krack
Mike Krack, responsable de l'écurie Aston Martin, estime que le gros mercato des directeurs d'équipe pour la saison 2023 a contribué à la désacralisation de ce poste.
Si la "silly season" fait habituellement référence à la période des rumeurs et des transferts des pilotes en Formule 1, les directeurs d'équipe n'ont pas été en reste l'an passé. En effet, pas moins de quatre écuries ont remplacé leurs responsables respectifs pendant l'hiver : Frédéric Vasseur a pris la tête de Ferrari après le départ de Mattia Binotto, le Français a été remplacé chez Alfa Romeo par Alessandro Alunni Bravi (représentant d'équipe) et Andreas Seidl (PDG), qui a lui même été remplacé par Andrea Stella chez McLaren, tandis que James Vowles est passé d'un poste de stratège en chef chez Mercedes à celui de directeur chez Williams à la suite du départ de Jost Capito.
En outre, Alpine et Aston Martin ont renouvelé leur direction début 2022, avec les arrivées d'Otmar Szafnauer à Enstone et de Mike Krack à Silverstone, tous deux répondant aux ordres de directeurs généraux (Laurent Rossi chez Alpine et Martin Whitmarsh chez Aston).
Ainsi, l'évolution des structures de direction en Formule 1 associée aux récents transferts poussent Mike Krack à penser que le rôle de directeur d'équipe, autrefois si emblématique, a aujourd'hui perdu de son importance.
"J'ai été surpris par la façon dont les choses se sont déroulées, surtout dans un laps de temps très court", commente-t-il en faisant référence à la silly season de 2022. "Ça montre aussi que le rôle du directeur d'équipe est peut-être parfois un peu surestimé. Si vous pouvez le remplacer si rapidement et qu'il n'y a pas d'impact majeur, ça veut dire quelque chose. Il semble que vous pouvez donner ce poste à n'importe qui ou à quelqu'un d'une autre équipe."
Mike Krack, directeur d'Aston Martin, et Pedro de la Rosa, ambassadeur de la marque
"Nous ne devons pas oublier que les équipes de F1 sont devenues de grandes organisations au sein desquelles les propriétaires ne sont plus les directeurs. L'ensemble [de la F1] prend une direction différente. Certaines [équipes] ont des ingénieurs comme directeurs d'équipe, d'autres se montrent plus traditionnelles. Mais à terme nous verrons quelle est la voie à suivre."
Le Luxembourgeois affirme néanmoins que la stabilité d'une équipe reste cruciale dans son succès sur la piste : "Je pense que la cohérence et la stabilité sont très, très importantes. Vous devez faire confiance aux gens pour ne pas avoir à vous disputer tout le temps si vous voulez prendre une direction différente ou développer la société ou l'activité différemment. Il ne s'agit pas de s'entêter sur les décisions, elles sont prises après une discussion collective sur la meilleure voie à suivre. Il s'agit donc de gérer une organisation avec un certain style."
Avec Filip Cleeren
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