Le retour des ravitaillements pour accompagner les moteurs bon marché?

Bernie Ecclestone a déclaré que le retour des ravitaillements en essence est toujours possible en Formule 1, dans le but d’équilibrer les performances des monoplaces, alors que l’idée d’un moteur alternatif fait son chemin.

Comme Motorsport.com vous le rapportait dès vendredi dernier, la FIA a ouvert la voie à la mise en place d'une solution de moteur alternatif pour l'horizon 2017. Si cette proposition reste à l'état de projet et va devoir passer un certain nombre d'écueils procéduraux, elle pourrait être potentiellement accompagnée de mesures réglementaires supplémentaires. 

Deux moteurs différents

Bernie Ecclestone a suggéré, dimanche, que deux motoristes se sont déjà montrés intéressés par la fourniture d'un V6 bi-turbo de 2,2 litres (similaires à celui utilisé en IndyCar), dont le principe devra être inscrit dans le marbre des Règlements.

"Ils [les moteurs bon marché] vont probablement être plus puissants et utiliser plus de carburant. Donc cela signifie, je suppose, qu’il y aura des changements règlementaires, qui ont déjà été anticipés pour 2017, donc rien de nouveau."

"Nous avions des gens qui roulaient avec des moteurs turbo et des gens qui roulaient avec des moteurs atmosphériques", rappelle-t-il, faisant notamment référence aux années 1970-1980. "Ce n’était pas un système à deux vitesses. C’était un choix. Quoi qu’il en soit, j’anticipe le fait qu’ils pourront continuer d’utiliser leur moteur et les autres utiliseront l’autre moteur."

Les ravitaillements pour équilibrer les performances

Un équilibrage des forces entre les moteurs serait donc nécessaire, tout comme une adaptation des règles existantes. Ecclestone a ainsi indiqué qu’une option pour obliger au ravitaillement en essence pourrait être envisagée, dans l’idée d’éviter que les moteurs bon marché ne soient trop désavantagés.

"Evidemment, ça peut être fait, oui", assure-t-il. "Peut-être que nous aurons à nouveau des ravitaillements pour ceux qui le souhaitent. Si les gens ont un moteur qui est super efficient, ils ne le voudront pas, bien sûr. Ils n’ont pas à le faire."

La question d’un retour des ravitaillements a déjà été évoquée plus tôt dans l’année, comme une idée pour redynamiser les Grands Prix et rendre les voitures plus rapides en course, avant d’être rejetée.

Ecclestone estime être capable de faire passer à cette idée d’un moteur indépendant l’ensemble du processus décisionnel de la F1, à savoir le passage devant le Groupe Stratégique (composé de représentants de la FOM, de la FIA et de six équipes – Mercedes, Red Bull, Williams, Ferrari, McLaren et Force India) puis devant la Commission F1.

Un veto de la Scuderia Ferrari?

Cependant une telle idée ne serait pas sans susciter l’opposition des motoristes actuels, qui ont massivement investi dans une technologie coûteuse qui doit être présente en Formule 1 jusqu’à l’horizon 2020, au minimum.

Ainsi, Ferrari pourrait-elle user de nouveau de son droit de véto historique sur les changements du règlement technique, après l'avoir fait concernant un possible prix-plafond des unités de puissance actuelles.

"La chose amusante est que le Groupe Stratégique ce sont six votes pour la FIA, six votes pour les équipes et six votes pour les détenteurs des droits commerciaux. Donc si, par chance, la FIA et les détenteurs des droits commerciaux sont d’accord, ce que font les autres gens ne fait aucune différence. Ça s’appelle la démocratie", ironise Ecclestone.

Selon lui, l’argent investi dans les V6 turbo hybrides n’est pas un argument : "L’argent qu’ils ont dépensé, la recherche et le développement effectués, c’était pour leur voitures de série."

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Séries Formule 1
Équipes Ferrari
Type d'article Actualités
Tags essence, moteur, ravitaillement, réglement