Il faut mieux choisir les circuits des sprints, selon Pirelli
Pirelli estime que c'est avant tout le choix de circuits appropriés, et non une refonte du format, qui peut aboutir sur des sprints plus spectaculaires.
Alors que les sprints ne semblent pas apporter suffisamment de spectacle à la Formule 1 sous leur format actuel, des discussions se tiennent actuellement entre les écuries et les responsables de la discipline afin d'apporter des changements dès 2024. Un certain nombre de possibilités sont actuellement sur la table, allant de la grille inversée à la mise en place d'un championnat sprint totalement séparé du Championnat du monde, en passant par l'idée d'une refonte complète des week-ends.
Suivant la course sprint du GP du Qatar, qui avait été rendue particulièrement intéressante et spectaculaire par les différences pneumatiques, l'idée de mettre en place les conditions d'une plus grande différenciation quant aux gommes de départ germe également. Toutefois, pour Pirelli, manufacturier de la F1 jusqu'en 2027 au moins, ce n'est pas forcément nécessaire en plus d'être potentiellement très difficile à mettre en place.
En effet, l'ingénieur en chef de la firme milanaise, Simone Berra, estime que la meilleure façon d'améliorer le spectacle lors des sprints est de s'assurer que ces épreuves courtes se tiennent sur des circuits qui favorisent les dépassements. "Je ne pense pas que nous devrions changer quoi que ce soit en termes de distance pour le sprint. Il vaut mieux déterminer correctement là où le tracé du circuit peut être très utile, parce que des décisions peuvent être prises pour que le sprint soit encore plus spectaculaire."
Le départ de la course longue au GP du Qatar.
Si le sprint qatari a été aussi animé, avec notamment le début de course tonitruant des pilotes en pneus tendres avant que ces gommes perdent progressivement en performance face aux concurrents en mediums, Berra juge que cela avait surtout trait au fait qu'aucun des pneus utilisés n'était parfait dans les conditions de Losail.
"Nous avons eu de bonnes courses sprint. Mais au Qatar, le niveau de dégradation était élevé, ce qui a eu une incidence sur le choix de la gomme. Nous n'avions pas vraiment de composé fort. Nous avions le C2 et le C3, mais les deux souffraient de graining. Le tracé du circuit est vraiment important, il faut sélectionner les pistes appropriées pour qu'il y ait du spectacle."
Selon le technicien de Pirelli, parvenir à créer une situation où le choix de pneus serait en permanence aussi indécis qu'au Qatar est quasiment impossible, d'autant plus quand l'aiguille est aussi difficile à placer entre toutes les exigences parfois contraires.
"L'équilibre n'est pas facile à trouver, car si la dégradation est élevée, [les pilotes] doivent gérer, mais si la dégradation est faible, ils peuvent attaquer, mais il n'y a pas de différence de rythme, car la dégradation est faible pour tout le monde. Il s'agit donc toujours d'une combinaison où vous sélectionnez le circuit, vous sélectionnez les composés et certaines équipes sont capables d'extraire de meilleures performances que d'autres."
"Par exemple [lors du sprint au Brésil], Mercedes a beaucoup perdu dans les derniers tours, en particulier [Lewis] Hamilton. Même [Oscar] Piastri en fin de course, c'était donc très important. Le fait de devoir gérer les pneus à ce moment-là a permis à certains de se battre et à d'autres de gagner des places depuis l'arrière du peloton."
Avec Jonathan Noble
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