Van der Garde : Ocon pas au niveau de Hamilton, Verstappen ou Leclerc

Dans le cadre d'un entretien exclusif avec Motorsport.com, Giedo van der Garde a donné son avis sur Esteban Ocon, dernier vainqueur en date de la Formule 1 au Grand Prix de Hongrie.

Alors qu'il participe actuellement à ses cinquièmes 24 Heures du Mans, les quatrièmes au sein du Racing Team Nederland, Giedo van der Garde reste un observateur attentif de la Formule 1. Dans un entretien exclusif pour l'édition néerlandaise de Motorsport.com, l'ancien pilote Caterham a livré son opinion sur Esteban Ocon dans le contexte de la victoire du pilote Alpine lors du Grand Prix de Hongrie qui a précédé la trêve estivale.

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À quel point Ocon est-il bon ?

Je pense que c'est un bon pilote. Il a montré dans les catégories inférieures qu'il pouvait gagner des courses et des championnats. C'est un pilote qui a vraiment sa place en Formule 1. Bien sûr, la première année où il a piloté pour Force India, il était déjà très performant, surtout comparé à Sergio Pérez. Pour être honnête, c'est ce qu'il a montré [en Hongrie] : il a gardé son calme et a fait le travail. Et puis bien sûr, c'est fantastique de pouvoir remporter sa première victoire en Formule 1.

Comment le jugez-vous par rapport à Verstappen, Leclerc, Norris ou Russell ?

Il n'est pas du même niveau que Lewis Hamilton, Max Verstappen et Charles Leclerc. Son nom n'a pas sa place entre ces pilotes. Il est plutôt du même niveau que Pierre Gasly et Daniel Ricciardo. Disons, le deuxième rang des meilleurs pilotes de Formule 1. Il a certainement sa place entre ces noms.

Ces pilotes peuvent tout de même aller loin avec une bonne voiture...

Bien sûr. Et pour ce qu'il a montré [à Budapest], il mérite beaucoup de respect. Il n'a pas fait une seule erreur, il a piloté superbement. Il a été incroyablement régulier, il s'est bien débrouillé avec les drapeaux bleus et il s'est aussi bien débrouillé dans la transition entre une piste un peu humide et sèche. Il mérite beaucoup de respect pour ce qu'il a fait là-bas.

Vous avez eu un équipier français en F1 [Charles Pic chez Caterham en 2013]. Les pilotes français ont-ils quelque chose de particulier ?

Je pense que les pilotes français sont très lunatiques. Ils peuvent parfois se retrouver rapidement dans un marasme, mais si la confiance est là, ils peuvent être soudainement très bons. C'est un peu typique du pilote français. On a vu ça avec Pierre Gasly, bien sûr, et on a vu ça avec Romain Grosjean. Et on l'a vu avec Ocon aussi. Quand tout va dans leur sens, ils sont très bons, ils sont fantastiques. Mais quand les choses ne vont pas dans leur sens et qu'ils finissent par s'effondrer et qu'ils n'ont peut-être pas toute la confiance des gens qui les entourent et de l'équipe, alors ils peuvent avoir des moments assez difficiles.

 

Ocon a connu quelques courses difficiles récemment. Il a obtenu un nouveau châssis et beaucoup d'autres nouvelles pièces. À quel point est-il compliqué pour un pilote de ne pas savoir quel est le problème ?

Il a commencé l'année très fort et à un moment donné, il a un peu décroché. Cela peut être deux choses. Ça peut être un problème avec la voiture ou un problème mental. Mais bien sûr, le pilote est la meilleure personne pour juger ce qui se passe dans la voiture. Et si après deux courses, un pilote dit "Avec tout le respect que je vous dois, je ne suis pas le problème, croyez-moi, donnez-moi un nouveau châssis", et puis qu'il reçoit ce nouveau châssis et bam, il est de retour, alors ce doit être un problème avec la voiture.

Cela montre la sensibilité d'une F1. L'équipe ne trouve rien mais il y a quand même quelque chose qui ne va pas...

Oui, ça peut arriver parfois. Qu'un pilote ne se sente pas complètement à l'aise parce qu'il y a un problème avec la voiture que l'équipe ne peut pas voir dans les données. Alors vous devez faire confiance au ressenti du pilote. Mais en fin de compte, si une équipe a deux semaines pour changer un châssis, ce n'est pas si mal. Il s'agit simplement de tout enlever de l'ancien châssis et de le mettre sur le nouveau. Et ensuite, vous pouvez vérifier si c'était effectivement un problème avec la voiture. Vous devez également vous rappeler que les équipes ont beaucoup de châssis prêts.

Avez-vous déjà fait l'expérience d'une perte inexplicable de performance ?

Oui, à quelques reprises. Mais c'était souvent plus un problème de moteur qu'un problème de châssis. Il m'est arrivé que mon moteur soit trois ou quatre km/h plus lent que celui de mon coéquipier. Mais vous le voyez immédiatement sur les données, bien sûr. C'est du genre : "Désolé les gars, avec tout le respect que je vous dois, je pense que nous devons mettre un nouveau moteur !"

Mais du coup, c'est une bonne chose d'en savoir la cause...

Oui, bien sûr. C'est juste qu'en tant que pilote, vous êtes dépendant de l'équipement que vous avez. L'équipement est super important. La voiture, le moteur, la boîte de vitesses, l'électronique, tout ce que vous voulez, il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu. Et tout doit être parfait.

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