Red Bull dénonce "une tactique sournoise" et "totalement diffamatoire"

Christian Horner a pris la parole avec beaucoup de gravité mais aussi de colère dans le paddock du Grand Prix de Singapour : Red Bull dénonce les accusations de triche de certains concurrents, affirmant que l'écurie a dépassé le budget plafonné en 2021.

Red Bull dénonce "une tactique sournoise" et "totalement diffamatoire"
Charger le lecteur audio

Dans un paddock de Singapour où Max Verstappen pourrait, dimanche, décrocher un deuxième titre mondial, l'attention s'est déplacée depuis deux jours vers un terrain beaucoup plus politique... Le bruissement a pris de l'ampleur sur fond de spéculations liées au respect du plafond budgétaire en 2021. La FIA, qui doit délivrer la semaine prochaine ses conclusions après avoir examiné les comptes des dix écuries, a dû sortir de sa réserve, même si c'était simplement pour rappeler que le processus était en cours. Car les noms de deux écuries circulent avec une insistance trop forte pour être ignorée : celui d'Aston Martin, soupçonnée d'une infraction mineure, et celui de Red Bull Racing pour une supposée infraction majeure. Tout est question ici d'un dépassement de plus ou moins 5% des 146,2 millions de dollars plafonnés en 2021.  

À ce stade, aucun élément tangible ne permet de vérifier si les soupçons, désormais perçus par les intéressés comme des accusations, sont avérés. En revanche, la concurrence ne se prive pas de s'exprimer sur le sujet, Toto Wolff assurant chez Mercedes qu'il s'agit d'un "secret de Polichinelle", Laurent Mekies demandant au nom de Ferrari "transparence" et "sanctions maximales", et Jost Capito avançant qu'une telle infraction serait "plus grave que de tricher en piste" aux yeux de Williams. C'en est trop pour Christian Horner qui, face à ce déferlement de commentaires, a non seulement défendu son équipe devant la presse ce samedi à Singapour, mais l'a surtout fait en tapant du poing sur la table tant les mots ont été forts. 

"Nous avons un peu été pris de court par les commentaires de deux équipes concurrentes hier", a souligné le directeur de Red Bull Racing. "La soumission [des comptes] entre l'écurie et la FIA est confidentielle. Je n'ai aucune idée de ce qu'il en est de la soumission des autres, donc je serais curieux de savoir quelle est leur source d'information pour ces affirmations fictives, qui sont extrêmement provocatrices."

"La FIA a insisté sur le fait qu'elle n'avait même pas achevé son processus, donc à moins qu'il y ait un retrait très clair de ces déclarations, nous prendrons cela très au sérieux et étudierons toutes les options à notre disposition. Il est absolument inacceptable de faire les commentaires qui ont été prononcés hier. C'est totalement diffamatoire pour l'équipe, pour le public et pour la F1, et je serais curieux de savoir d'où vient leur source d'information."

Christian Horner et Toto Wolff dans le paddock de Monza, il y a trois semaines.

Christian Horner et Toto Wolff dans le paddock de Monza, il y a trois semaines.

Les propos furieux de Christian Horner sont sans ambiguïté quant au fait que Red Bull n'exclut pas de contre-attaquer et d'aller jusqu'à porter plainte pour diffamation. 

"Lorsque de telles accusations sont faites, on ne lance pas des pierres sur son voisin quand on habite une maison de verre", a poursuivi le Britannique. "Nous prenons extrêmement au sérieux les commentaires qui ont été faits, car est-ce une coïncidence que Max dispose ici d'une première chance de remporter le titre mondial ? Et là, on parle de plafonnement budgétaire plutôt que de ses performances phénoménales cette année, et je pense que c'est une tactique sournoise utilisée pour détourner l'attention d'un manque de performance en piste cette année."

"Lorsqu'il est fait référence à l'année dernière, à cette année et à l'année prochaine, nous allons prendre ça extrêmement au sérieux. C'est une question que la FIA doit traiter, et aussi une question pour Red Bull quant à savoir quelle est notre position quand de tels commentaires sont faits. Comment une équipe peut-elle connaître les détails de notre soumission [des comptes] ? Comment diable une équipe peut-elle savoir qu'une autre est en infraction ? Nous ne le saurons même pas avant la semaine prochaine, lorsque le processus sera achevé."

Et jusqu'ici, le dirigeant de l'écurie de Milton Keynes martèle que Red Bull est dans les clous par rapport à sa connaissance de la réglementation et de l'application du plafond budgétaire, entré en vigueur pour la première fois l'an passé.

"Nous avons soumis les comptes en mars, nous certains à 100% que nous sommes en dessous du plafond", a précisé Christian Horner. "Bien sûr, cette soumission a été approuvée par ceux qui font nos audits. Ensuite, elle passe par un processus FIA. C'est un peu comme un audit où il y a des questions et des interprétations qui sont soulevées. Ce processus est en cours avec la FIA, qui ne l'a manifestement pas terminé à ce stade. Je pense qu'ils l'ont clairement indiqué dans un communiqué qu'ils ont diffusé hier soir. Nous attendons avec intérêt de voir le résultat final de ce processus qui, nous l'espérons, interviendra dans un avenir proche, mais nous restons absolument confiants quant au fait d'avoir respecté le plafond."

Lire aussi :
partages
commentaires

Voir aussi :

Plafond budgétaire : Ferrari veut des "sanctions maximales"
Article précédent

Plafond budgétaire : Ferrari veut des "sanctions maximales"

Article suivant

Alfa Romeo reçoit 10 000 € d'amende

Alfa Romeo reçoit 10 000 € d'amende