Comment Pérez a "changé de catégorie" chez Red Bull

Sergio Pérez a connu des hauts et des bas pour sa première saison chez Red Bull Racing. Le Mexicain explique pourquoi son adaptation a parfois été difficile.

Comment Pérez a "changé de catégorie" chez Red Bull

Disposant pour la première fois de sa carrière d'une voiture capable de jouer le titre mondial, Sergio Pérez était logiquement plein d'ambition pour ses débuts chez Red Bull. La tâche s'annonçait toutefois ardue aux côtés du redoutable Max Verstappen, en témoignent les difficultés connues par les anciens partenaires du Néerlandais, Pierre Gasly et Alexander Albon.

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Pour compliquer les choses, la crise financière et le maintien des châssis 2020 ont entraîné la réduction des essais hivernaux à trois journées, ce qui signifie que Pérez n'a pu passer qu'une journée et demie au volant de la RB16B avant le premier Grand Prix. Un bolide à la philosophie manifestement différente de ses montures précédentes, que seul Verstappen semble parvenir à pousser à la limite – et ce avec une facilité parfois déconcertante.

"La manière d'extraire le temps au tour dans cette voiture, de se battre quand on est dans l'air sale, de piloter en course, est très différente de ce dont j'avais l'habitude", explique Pérez à Motorsport.com. "De plus, il s'agit de la gestion des pneus. Chaque voiture requiert une chauffe et un refroidissement différents pour les jantes, avec des détails très spécifiques car tout est lié aux pneus. C'est juste un autre monde, à vrai dire. C'est comme si j'avais changé de catégorie, pour être très honnête."

"En fin de compte, toutes les F1 sont très proches les unes des autres, c’est juste la manière d'extraire le temps au tour maximal qui est très différente selon la voiture. Et je suis passé à une voiture qui est très différente. Je trouve la fenêtre d'exploitation de la Red Bull très étroite. Il est très important de rester dans cette fenêtre, car si on en sort, ça paraît peut-être un peu plus confortable mais la voiture n'est pas forcément plus rapide. Je pense qu'il faut surtout que je m'adapte à la voiture."

Sergio Perez, Red Bull Racing, interviewé dans le parc fermé après les qualifications

Jusqu'à présent, le bilan est mitigé pour Pérez malgré une monoplace qui semble être la plus compétitive sur la majorité des circuits : bien que plus proche que ses prédécesseurs, le Mexicain est nettement en retrait par rapport à Verstappen, qu'il n'a battu qu'une fois en onze séances qualificatives, accusant un retard moyen de quatre dixièmes et demi sur un tour. En course, malgré la victoire opportuniste à Bakou, ce n'est pas un hasard si Pérez a parcouru 36% des tours cette saison au quatrième rang, et seulement 16% dans le top 3.

"C'est une énorme opportunité, mais je suis aussi conscient d'avoir beaucoup changé de philosophie. Je suis passé d'une équipe à une autre très différente quant à la manière dont la voiture réalise le chrono, et ce changement d'équipe est plus dur que prévu, surtout quand on rejoint une écurie qui se bat déjà pour le championnat. C'est génial d'être dans une équipe qui se bat pour le titre, mais en même temps, c'est difficile sans avoir cette adaptation permettant d'être complètement en phase avec la voiture quand on se bat pour le championnat. Je n'ai pas eu l'opportunité de faire ça."

"J'apprends juste beaucoup de choses sur la voiture et sur l'équipe. J'ai découvert une philosophie très différente au niveau de l'écurie, du moteur et de la voiture, je suis simplement en train de m'y faire et, avec le temps et juste des améliorations, les choses progressent. Mais ce n'est pas un processus facile, ce processus reste en cours. Ce n'est pas facile de trouver ses marques quand on arrive dans une nouvelle structure comme Red Bull, qui est très grande. Mais ça vient."

Sergio Perez, Red Bull Racing RB16B

Passé par Sauber, McLaren (avec une expérience difficile en 2013) et Force India/Racing Point, Pérez fait partie des pilotes les plus expérimentés en Formule 1, loué pour sa gestion des pneumatiques, mais il pèche malgré tout sur un tour, notamment en raison du temps qu'il lui faut pour libérer le potentiel de sa monoplace. La réduction des essais libres de quatre à trois heures par Grand Prix n'aide pas.

"J'ai encore besoin de beaucoup de temps quand nous nous rendons sur un nouveau circuit. Il me faut le vendredi entier pour être au niveau en qualifications, et c'est en grappillant de la performance au fil des qualifications. Puis il est simplement trop tard quand on a un tel déficit le vendredi. Je finis par y arriver, mais ça me prend juste trop de temps de maîtriser ça."

Malgré tout, Pérez a bon espoir d'enfin maximiser son propre potentiel comme celui de la voiture, et comptera certainement sur une seconde saison à Milton Keynes pour montrer ce dont il est capable, mais à l'heure actuelle, ce n'est pas assuré.

"En rassemblant ces connaissances, ça va devenir très naturel. Pour l'instant, ça ne l'est pas encore, mais ça va venir. Je présume que cette année déjà, en seconde moitié de saison, je serai au niveau et nous serons très compétitifs. Je vais juste me renforcer ; nous allons nous renforcer en équipe", conclut-il. Il faudra commencer par remporter la bataille pour la troisième place du championnat face à Lando Norris et Valtteri Bottas, et surtout aider Verstappen à vaincre son rival Lewis Hamilton pour le titre mondial.

Avec Jonathan Noble

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