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Les pilotes inquiets et démunis face à la hausse des cas de COVID-19

Les pilotes du MotoGP se sentent impuissants face à l'augmentation du nombre de cas de coronavirus en MotoGP. Même en prenant toutes les précautions possibles, ils savent que cela ne leur assure pas d'échapper à une contamination.

Les pilotes inquiets et démunis face à la hausse des cas de COVID-19

Les cas de COVID-19 se sont multipliés en MotoGP au cours des dernières semaines. En septembre, Jorge Martín a été le premier pilote testé positif, ce qui l'a contraint à manquer les deux courses Moto2 de Misano. Six ingénieurs de Yamaha ont ensuite dû renoncer à se déplacer au Mans et manquer également le début du week-end en Aragón, en raison d'un cas parmi eux, et jeudi, Valentino Rossi a été testé positif à son tour, le contraignant à déclarer forfait pour la première manche à Alcañiz, ce week-end, et possiblement la seconde. Tony Arbolino, cas contact, a de son côté été placé à l'isolement, ce qui lui fait potentiellement perdre ses chances de titre en Moto3.

La multiplication des cas observée ces dernières semaines inquiète les pilotes MotoGP, à la merci d'une contamination qui, au delà des dangers pour leur santé, pourrait les priver de la fin d'une saison très dense, avec encore cinq courses à disputer en six week-ends. Maverick Viñales, dont l'équipe Yamaha est la plus touchée par le COVID-19 en MotoGP, assure prendre autant de précautions que possible pour se tenir à l'abri.

"Il est clair qu'il faut faire très attention", a déclaré l'Espagnol. "Même si je fais très attention et que j'essaye de rester à la maison ou au circuit, il faut prendre un petit peu moins de risques, le moins de risques possibles, voir le moins de personnes possibles, surtout quand on est à la maison. Il faut faire le plus attention possible pour les courses restantes, parce que le COVID vous fait manquer deux courses et c'est un désastre pour le championnat."

C'est vraiment une question de chance.

Franco Morbidelli

Pour limiter les risques, les pilotes peuvent préférer la voiture à l'avion dans leurs déplacements, ce qui s'avère toutefois difficile lorsqu'ils résident dans un autre pays que celui où se déroule la course. Entre les deux épreuves d'Aragón, une partie du paddock restera donc sur place, mais Joan Mir rentrera chez lui, en Andorre, par la route afin d'éviter des contacts. Une précaution peut-être utile puisque c'est après être monté dans un avion qu'Arbolino a été déclaré cas contact.

Malgré toutes les précautions que prennent les pilotes, Pecco Bagnaia estime que le risque zéro n'existe pas. "Je pense que le cas d'Arbolino est un bon exemple, qui montre qu'il n'y a rien à faire pour échapper à ce problème", a estimé le pilote du team Pramac. "Il était dans un avion et il a été testé trois fois négatif, pourtant il est en quarantaine à l'hôtel. Il est très difficile d'échapper à ce problème, au virus, et même quand tu es négatif, tu peux rester chez toi. Tu peux tout faire pour respecter la situation, mais ensuite, tu reçois un appel du ministère de la Santé italien et tu dois rester chez toi. Je pense que Tony a été très malchanceux, d'autant qu'il se bat pour le championnat. C'est peut-être mieux de prendre juste des vols privés, mais les coûts sont trop élevés."

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Franco Morbidelli s'est dit "triste" de l'absence de Valentino Rossi en Aragón, mais il estime lui aussi que les pilotes peuvent difficilement éviter une contamination. "Je suis désolé pour lui, surtout parce que je sais que Vale respecte vraiment les règles pour le COVID", a précisé l'Italien. "Donc cela signifie que cela peut toucher tout le monde. Quand il y a une bonne sécurité et que l'on respecte les règles, c'est une question de chance, réellement. Respecter les règles est très important, et quand on respecte les règles, on n'est quand même pas protégé. C'est vraiment une question de chance."

"Nous devons être prudents, et encore plus maintenant, pour ne pas être infectés par ce putain de virus," a ajouté le pilote du team Petronas, dont l'avis est notamment partagé par Miguel Oliveira, qui bien que prudent, sent que le facteur chance peut entrer en compte. "La situation liée aux bulles est à la fois très stricte et très dure à suivre à 100%", souligne le Portugais. "Avec l'augmentation des cas, attraper le virus ou pas sera une question de chance. On doit quoi qu'il en soit faire de notre mieux, suivre le protocole, porter le masque, garder nos distances et espérer que ça aille au mieux. Il faut juste survivre jusque fin novembre pour pouvoir courir."

Quartararo "très stressé" en dehors des courses

Fabio Quartararo, qui ne cache pas son angoisse sur le sujet depuis le début du championnat, ne craint pas une contamination sur les circuits, sur lesquels des protocoles rigoureux ont été mis en place, mais plutôt entre les Grands Prix, et ce malgré toutes les précautions qu'il prend. Le leader du championnat est pour le moins impatient que la saison se termine, afin que la pression liée au COVID-19 retombe.

"Sincèrement, je suis beaucoup plus stressé chez moi que sur les courses", a reconnu Quartararo. "Chez moi, je ne sors pas, je fais juste du vélo. Je reste chez moi. C'est ma routine : entraînement le matin, entraînement l'après-midi, du vélo dans les montagnes, et c'est tout. Et même avec ça, je suis stressé. Je ne vois personne, mais nous savons que nous pouvons l'attraper partout. C'est très difficile. Je pense qu'après Portimão [dernière manque de la saison], il y aura moins de stress, pas seulement pour le championnat, mais [parce que] depuis juillet, je ne suis pas vraiment à l'aise avec cette situation. Je pense que la pression disparaîtra à Portimão."

Pol Espargaró assure se montrer tout aussi prudent, au restant au maximum auprès de sa famille entre les courses, tout en ayant conscience qu'il est impossible de limiter totalement les risques. Les pilotes sont incités à rester dans leur bulle, mais leur seule obligation avant une course s'ils ont fait un crochet par chez eux est de fournir un test négatif. "Chacun est responsable de ses actes", a souligné le jeune papa. "Il est clair que quand je rentre à la maison je reste avec ma femme et ma fille. C'est sûr que si ma femme attrape le COVID en allant faire du shopping ou quoi que ce soit, on ne peut rien y faire..."

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"On se lave les mains 30 fois par jour, on utilise les masques FFP2 pour ne pas attraper le COVID, mais parfois c'est impossible. Croyez-moi, je fais tout pour ne pas l'attraper, mais on ne vit pas seuls et ceux qui nous entourent peuvent l'attraper et nous le transmettre, alors c'est parfois inévitable."  

Face à une situation si incertaine, Andrea Dovizioso tente à l'inverse de garder son calme autant que possible. "Je pense que la situation est difficile pour tout le monde et certains sont plus prudents que d'autres", a déclaré l'Italien, estimant que la crainte du virus peut avoir des bénéfices, en poussant les pilotes à faire le maximum. "À mon avis, c'est bien d'être inquiet et d'essayer de faire de son mieux, mais au final, je pense que personne n'a le contrôle de la situation, et personne n'a une idée précise de la situation autour du virus."

"J'essaie de rester calme vis-à-vis de ça, parce que je ne pense pas que nous ayons le pouvoir de contrôler ça. Il faut vivre différemment, mais c'est très difficile quand on voyage, que l'on voit plein de gens, on ne contrôle pas les autres. Au final, tout le monde essaie de suivre les règles et c'est bien. Mais à mon avis, c'est presque impossible à contrôler, donc je suis un peu plus détendu que beaucoup de gens, parce que, malheureusement, ce n'est pas une situation sous contrôle."

Morbidelli et Bagnaia ont voyagé avec Rossi après Le Mans

Franco Morbidelli et Pecco Bagnaia, membres de l'Academy de Valentino Rossi, ont pris l'avion avec le #46 dimanche, après la course du Mans, mais assurent ne plus l'avoir vu ensuite. "Nous étions ensembles dans le vol de dimanche", a confirmé Bagnaia. "Pas proches, mais ensembles, et ensuite je n'ai plus revu Vale. J'ai fait le test jeudi. J'étais négatif et il n'y a pas eu d'autre contrôle, c'était suffisant. Je vais bien en ce moment." La situation est identique pour Morbidelli : "J'ai pris un vol avec [Rossi] pour quitter Le Mans. Ensuite, je ne l'ai plus vu. Je ne l'ai pas vu après son test positif. Je l'ai vu en quittant Le Mans, et c'est tout."

Bagnaia et Morbidelli ne sont pas considérés comme des cas contacts, ce qui leur permet de rouler en Aragón. "J'ai fait un test, j'étais négatif, et la Dorna m'a fait venir ici", a simplement indiqué Morbidelli. "C'est tout ce que je sais. Je connais la situation d'Arbolino mais je ne sais pas si elle est exactement comme la mienne. Je ne sais pas, parce que Vale a été testé négatif après notre voyage ensemble."

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Les tests PCR sont devenus une habitude pour les pilotes, qu'ils restent sur les circuits entre deux courses organisées au même endroit ou bien qu'ils choisissent de rentrer chez eux comme l'a expliqué Pol Espargaró : "C'est clair que quand je rentre [chez moi] je le demande à l'équipe, et l'équipe aussi le demande. Après les courses je rentre, puis pour revenir dans le paddock on fait un test PCR. Même les gens qui restent ici en Aragón, ou bien ceux qui sont restés les deux semaines à Misano, même s'ils sont sur le circuit ou dans la zone, ils doivent aussi faire un test PCR avant de commencer le deuxième week-end. On est donc tout le temps soumis à des tests PCR et si on est positif on ne peut pas entrer dans le paddock, comme Valentino." 
Avec Léna Buffa

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