Selon Dovizioso, la jeune génération s'usera plus vite

Les pilotes qui ont pris le pouvoir en MotoGP vivront-ils une carrière aussi longue que celle d'Andrea Dovizioso, qui a pris sa retraite après plus de 20 saisons en Championnat du monde ? L'intéressé en doute fortement...

Andrea Dovizioso, RNF MotoGP Racing

Devenu vétéran du plateau cette année avec la retraite de Valentino Rossi, Andrea Dovizioso aura finalement gardé ce statut moins d'une saison, sa carrière s'étant terminée au Grand Prix de Saint-Marin après une difficile aventure d'un an sur la Yamaha du team RNF. À 36 ans, l'Italien a mis fin à un parcours de plus de 20 ans en Championnat du monde et doute que la génération actuelle pourra rester aussi longtemps.

Dovizioso s'apprêtait à fêter ses 22 ans lorsqu'il est arrivé en MotoGP et il reste rare de voir des pilotes beaucoup plus jeunes joindre la catégorie reine, Marc Márquez et Fabio Quartararo ayant disputé leur première course dans l'élite l'année de leurs 20 ans. Pour le jeune retraité, ce sont surtout les années de préparation avant de rejoindre le MotoGP qui ont évolué et selon lui, la jeune génération finira par en payer les conséquences.

"On est arrivés en Championnat du monde au même âge mais la différence, c'est qu'ils avaient déjà six années de compétition, et pas sur des pocket bike", a expliqué Dovizioso. "Ils ne jouaient pas, ils couraient. Quand ils sont passés par le Championnat d'Espagne et qu'ils arrivent en Championnat du monde, ils sont prêts à remporter le titre parce qu'ils se sont entraînés les années précédentes, de façon professionnelle. C'est la différence."

"On arrivait en Championnat du monde au même âge, 16 ans, et j'ai gagné un titre à 18 ans mais j'étais frais. Je pense qu'ils ne sont pas aussi frais que nous parce que le monde a changé, il a fallu s'adapter. Donc penser rester encore 20 ans, c'est différent maintenant, c'est certain."

Alors que la saison 2021 du Moto3 a vu Pedro Acosta s'imposer dès son deuxième départ, à 16 ans, puis décrocher le titre, Andrea Dovizioso a dû attendre sa deuxième campagne pour monter sur le podium et la troisième pour connaître la victoire et les joies d'un sacre mondial en 125cc, l'ancêtre de la catégorie. Lorsqu'il a entamé sa première saison complète, il était loin du professionnalisme de la jeune génération actuelle.

"Si je me rappelle ma première course [de 2002], j'ai manqué l'avion et je suis arrivé à Suzuka le jeudi soir ! J'étais avec mon père, dans le parking de l'aéroport à Bologne, or je n'avais jamais pris l'avion, alors on a attendu dans le parking tandis que l'équipe était dans l'avion ! Alors j'ai manqué mon vol, j'ai pris celui du lendemain et je suis arrivé très tard. Je suis arrivé à Suzuka, le circuit le plus grand, le plus difficile, il pleuvait... C'était trop gros pour moi, ce championnat était trop grand pour moi."

Andrea Dovizioso en 2002

Andrea Dovizioso en 2002

"Maintenant, quand un pilote arrive à sa première course en Moto3, il peut jouer le podium. C'est dingue de voir à quel point ça a changé ! Alors si je devais donner un conseil à un jeune pilote, je ne saurais pas quoi lui dire ! C'est totalement différent. J'avais tellement peur à cette époque, je ne savais rien. J'étais à quatre secondes du premier, c'était une tout autre histoire."

Pour autant, Andrea Dovizioso n'est pas envieux des jeunes pilotes, qui bénéficient certes d'un meilleur encadrement mais doivent en permanence courir derrière les budgets : "C'était un peu plus difficile d'arriver en Championnat du monde [il y a 20 ans]. Maintenant, c'est plus facile parce qu'on a toutes les catégories pour arriver en étant mieux préparé, mais il faut plus d'argent. C'est le problème actuel."

Sans le soutien d'un constructeur lors de ses plus jeunes années, Dovizioso a fait ses classes pas à pas, disputant un total de six saisons en 125cc puis 250cc avant de rejoindre le MotoGP. Les plus grands espoirs avancent désormais plus vite dans les catégories tandis que les autres ont rarement autant de temps pour faire leurs preuves, ce que déplore là aussi l'Italien.

"Selon moi, le MotoGP est la catégorie reine, et tout le monde veut y être dès que possible ; je ne suis pas d'accord avec ça. Je ne pense pas qu'on perde quelque chose si on gagne deux titres en Moto2. On gagne plus d'argent, on prend plus d'expérience, on arrive avec plus de confiance en MotoGP et si on gagne, tout le monde nous veut, c'est toujours le cas. Alors je ne comprends pas pourquoi ils poussent à ce point pour avoir des pilotes aussi jeunes. C'est bien d'être très jeune en arrivant en MotoGP, ce n'est pas un souci, mais pourquoi prendre le risque ?"

La nouvelle génération saura-t-elle séduire le public italien ?

La retraite d'Andrea Dovizioso s'inscrit dans un climat de renouvellement de génération quasi total depuis quatre ans en MotoGP, marqué par les départs des grilles de départ de Dani Pedrosa, Jorge Lorenzo puis Valentino Rossi et par l'éclosion de Fabio Quartararo, Joan Mir ou encore Pecco Bagnaia, qui incarne le renouveau des pilotes italiens avec Enea Bastianini, Franco Morbidelli, Marco BezzecchiFabio Di Giannantonio et Luca Marini.

Ce dernier estime que la baisse de l'affluence dans les deux rendez-vous italiens de la saison au Mugello et à Misano – attribuable à la retraite de Valentino Rossi – ne doit pas susciter l'inquiétude, le public devant simplement découvrir ceux qui ont pris le relais. "Je pense que c'est juste le début d'une nouvelle ère pour les pilotes italiens", a déclaré le pilote VR46. "Vale a eu la possibilité d'attirer les supporters pendant longtemps, c'était [diffusé] sur des chaînes gratuites, donc il a pu faire venir beaucoup de monde. Maintenant, c'est une question de temps."

Les pilotes Italiens de MotoGP

Andrea Dovizioso et les Italiens qui prennent sa succession en MotoGP

"Il faut que tous les pilotes italiens soient devant à chaque course, que l'on gagne autant de courses et de championnats que possible et je pense que ça sera à nouveau plein parce que ce championnat reste de plus en plus spectaculaire. [...] Le show est bon, c'est juste qu'il faut attendre pour toucher le cœur de tous les supporters parce qu'ils nous suivent et que dans quelques années, les tribunes seront pleines."

"Les gens étaient amoureux du championnat, de Vale, d'autres grands pilotes très charismatiques", a ajouté Marini. "Mais maintenant, on a aussi de grands personnages, il faut juste du temps. Tout le monde est très jeune actuellement en MotoGP donc il faut patienter."

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