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Andrea Dovizioso entre ambition et sagesse

Pour la 14e fois de sa carrière, Andrea Dovizioso part à l'assaut du MotoGP avec au fond de lui des rêves de titre. Mais c'est avant tout en voulant rester fidèle à son approche pragmatique et raisonnée qu'il se lance à l'assaut de ce défi.

Andrea Dovizioso, RNF Racing

Andrea Dovizioso s'était éloigné à l'issue de la saison 2020, refusant à l'époque de rejoindre toute équipe qui ne lui permettrait pas de prétendre aux résultats les plus prestigieux. Il a fait son retour pour les deux derniers mois de la saison 2021, séduit par un accord avec Yamaha lui garantissant une moto officielle pour 2022, bien que placé dans l'équipe satellite de la marque.

Ses retrouvailles avec la M1 se sont toutefois passées loin des avant-postes auxquels il a été habitué depuis plusieurs années, lui qui a été l'adversaire le plus redoutable de Marc Márquez en livrant une lutte pour le titre qui a duré trois ans. Pas question pourtant de s'avouer vaincu en admettant dès à présent regretter ce pari : l'heure n'est pas aux pensées négatives alors que s'apprête à débuter cette saison sur laquelle il a tout misé. "De toute façon, dans la vie il faut faire ce qu'on se sent de faire, peu importe le résultat. Si on a quelque chose en tête et qu'on veut le faire, alors il faut le faire, indépendamment de la manière dont ça va se passer", affirme le pilote italien.

Son ambition est réelle et vite résumée. "On est ici pour se battre pour le championnat, c'est la réalité. Je ne sais pas si ce sera possible, mais j'ai une moto d'usine, donc cela signifie qu'il faut se battre pour le titre", annonce-t-il auprès du site officiel du MotoGP.

Andrea Dovizioso est, certes, un pilote qui vise haut et ne sait se satisfaire de résultats médiocres, mais la sagesse de ses 35 ans lui intime de ne pas se perdre dans des attentes démesurées qu'il subirait. La seule pression qu'il accepte, c'est celle qu'il s'impose lui-même.

"Quand on a en tête de vouloir essayer de faire quelque chose avec une marque et qu'on a la possibilité de le faire dans de bonnes conditions, alors il faut le faire, indépendamment du résultat. On fait trop l'erreur de vouloir l'approbation des autres, c'est-à-dire de [vouloir] obtenir certains résultats d'une certaine manière et faire voir aux autres ce qu'ils veulent voir. Mais ça, ce n'est pas vivre sa vie, de mon point de vue c'est une erreur. Ça, c'est suivre la masse. Mes 20 ans de course m'ont fait arriver à cette idée-là. Après, je ne dis pas que c'est juste, mais c'est ce que je pense."

"Quelqu'un qui ne pense qu'à l'image et qui ensuite se retrouve à la maison après avoir obtenu certains résultats, comme ça a été mon cas l'année dernière, commente alors la tête haute ce que font les autres. Franchement, ça ne me semble pas être une attitude intelligente et mûre. Quand on a la possibilité de courir pour un constructeur et de croire en quelque chose, c'est bien de le faire et à mon avis c'est la bonne chose à faire. Après, chacun se fait son propre avis, on peut parler de moi en bien ou en mal, mais sincèrement ça m'intéresse jusqu'à un certain point seulement."

Andrea Dovizioso, RNF Racing

Andrea Dovizioso

S'il n'accorde pas d'importance à ce qu'on dira de sa saison, quel sera donc son objectif personnel cette année ? "À la base, il doit y avoir la compétitivité, la vitesse, sentir la moto et l'exploiter. Mais ça peut vouloir dire obtenir différents types de résultats, je ne peux pas savoir pour le moment à quel point ma moto sera compétitive par rapport aux autres, parce qu'on n'a pas encore fait les tests", prévient-il. "Ils permettront de comprendre certaines choses, même s'ils seront un peu particuliers : en Malaisie, on ne fera que deux jours, ce qui est peu, et ensuite on va sur une nouvelle piste, ce sont donc des tests un peu faussés."

"Mais, à la base, l'objectif est de prendre du plaisir et ça ne vient que quand on exploite la moto et les résultats arrivent donc en conséquence. Ça peut vouloir dire se battre pour le titre ou faire troisième ou quatrième au championnat. Mais mon objectif, c'est de prendre du plaisir, d'être aux avant-postes, de pouvoir attaquer, faire certains chronos, car quand on arrive à réaliser ça, on peut ensuite parler du reste. Faire les conférences classiques et dire que cette année on va défoncer tout le monde, ça ne sert à rien."

Il reste le fait qu'Andrea Dovizioso prend cette année la place de Valentino Rossi, à la fois en tant que vétéran du plateau et au sein du team RNF (anciennement Petronas SRT). Un héritage potentiellement pesant quand on pense à la déroute du #46 durant sa dernière saison en MotoGP. "Quand on est derrière et qu'on n'arrive pas à exploiter la moto ou à attaquer comme on l'a fait par le passé, on ne prend pas de plaisir. Dans ces cas-là, on ne veut pas continuer à vivre cette situation-là", observe Dovizioso. "Je ne veux pas vivre ça, je veux essayer de progresser, d'exploiter la moto et d'être le plus possible devant. En MotoGP, on est trop lié aux résultats, on ne prend pas de plaisir pour le simple fait de piloter une moto spéciale avec des freins et des pneus spéciaux. On ne prend du plaisir que si on est devant, derrière on n'est pas bien."

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