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Bilans Saison 2020
Dossier

Bilans Saison 2020

Bilan 2020 - Hamilton, la perfection n'est pas de ce monde

La conquête du septième titre mondial aura tourné à la démonstration pour un Lewis Hamilton au sommet de son art sans pour autant qu'il maximise toutes les opportunités qui se sont présentées.

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Bilan 2020 - Hamilton, la perfection n'est pas de ce monde

Ces bilans 2020 sont aussi l'occasion pour vous de noter chaque pilote, grâce au module situé au bas de cet article.

Avec 11 victoires en 16 Grands Prix disputés, Lewis Hamilton n'aura pas laissé grand-chose à la concurrence. Le Britannique, malgré une saison réduite en longueur, n'a absolument pas baissé de rythme par rapport aux saisons précédentes et, sans son infection au COVID, aurait sans doute eu l'opportunité de dépasser le chiffre de 11 succès en une saison qui semble décidément être sa limite.

Il faut dire que la saison de Mercedes a été facilitée dès l'hiver par la soudaine perte de puissance des Ferrari, laissant comme seul adversaire valable Red Bull, qui aura lui aussi été fidèle à lui-même, à savoir pas vraiment au rendez-vous en première partie de saison. Au contraire, du côté de Brackley, le châssis de la W11 était un digne successeur de la lignée des monoplaces championnes, et à Brixworth, un énorme travail avait été fait sur le moteur pour progresser face à la menace 2019 du Cheval cabré.

En bref, avec un adversaire de moins et une monoplace très performante, les choses étaient bien embarquées. La seule interrogation portait sur une série de problèmes moteur rencontrés pendant les essais hivernaux. Mais à ce titre, le début de saison repoussé par la pandémie de COVID a permis à l'écurie de corriger ces problèmes. Hamilton n'avait donc plus qu'un rival : son équipier Valtteri Bottas.

Soyons clairs : l'affrontement entre les deux hommes n'aura que rarement penché en la faveur de Bottas. Lors de la manche inaugurale de la saison, en Autriche, le Finlandais l'a emporté mais la lutte entre les deux pilotes a été grandement gênée par un problème de capteur qui les obligeait à être extrêmement prudents. La fin de course, où Hamilton s'est accroché avec un Alex Albon profitant d'un Safety Car et ne terminait même pas sur le podium, semblait donner à cette entame de saison un aspect brouillon. D'autant plus que le #44 avait écopé d'une pénalité sur la grille pour non respect des drapeaux jaunes en qualifications.

Cela fut vite gommé par le GP de Styrie, avec une victoire plutôt aisée qui suivait une pole position magistrale sous la pluie, et par le succès là encore sans concurrence en Hongrie, où Hamilton a géré à la perfection le début de course en conditions humides. En Grande-Bretagne, premier tournant du championnat, la réussite est maximale : son équipier crève à deux tours de la fin et est exclu du top 10 quand lui subit la même mésaventure à un demi-tour de l'arrivée. L'image de la Mercedes franchissant la ligne en vainqueur avec un pneu crevé reste dans les mémoires, mêlant tout autant les sentiments d'avoir assisté à un moment historique, à une gestion parfaite d'une situation difficile, qu'à l'impression d'une réussite insolente.

La défaite du GP du 70e Anniversaire face à Max Verstappen sera à relativiser, à la fois pour Mercedes qui aura surtout payé une mauvaise gestion pneumatique et pour Hamilton qui aura fait l'essentiel en devançant Bottas. Aux GP d'Espagne et de Belgique qui suivront, Hamilton ne sera pas inquiété pour la victoire et ressortira avec 47 points d'avance après seulement sept GP disputés, un gouffre. Cette avance sera à peine entamée lors du GP d'Italie où une entrée au stand alors que la pitlane était fermée coûta sans doute la victoire au Britannique, au terme d'une manche où ses concurrents directs n'ont de toute façon pas brillé.

Pour la première course sur un circuit inédit, Hamilton maitrisa l'épreuve hachée et nerveuse du Mugello malgré un premier départ raté. En Russie, en revanche, s'il signe la pole en qualifications, c'est au terme d'une séance compliquée, et il commettra une double erreur avant même le début de la course en effectuant des simulations de départ au mauvais endroit, offrant sur un plateau la victoire à Bottas. Rares sont toutefois les errements qui durent et après Sotchi, Hamilton enchaînera cinq succès de rang, dans des registres différents : discret puis dominateur en Eifel et au Portugal, opportuniste à Imola, sous la pression à Bahreïn et surtout, en outsider en Turquie, où il pliera la saison la plus courte de l'ère moderne au 14e des 17 GP prévus.

Le COVID, menace invisible et face à laquelle Hamilton s'est pourtant grandement protégé pour ne pas avoir à en subir les conséquences sportives, finira par rattraper le Britannique qui sera forfait pour le GP de Sakhir (un événement, lui qui n'avait jamais manqué aucune course depuis ses débuts en 2007) et pas tout à fait en forme à Abu Dhabi où son retour se soldera par une troisième place discrète.

Outre l'aspect sportif, Hamilton aura également mené de front son combat pour la prise en compte par la F1 des problématiques d'injustice raciale, affichant nettement son soutien au mouvement "Black Lives Matter". D'aucuns diront que sport et politique ne font pas bon ménage, toujours est-il que sous son impulsion, la parole se sera parfois libérée, la discipline aura plus que jamais mis en avant la question de la lutte contre le racisme et la promotion de la diversité, et Mercedes aura une fois encore montré un soutien sans faille à son pilote en effectuant des changements symboliques (la livrée) et plus concrets.

De retour sur le plan sportif, la saison de Lewis Hamilton a finalement montré que l'un des véritables ennemis en 2020 n'était en fait ni Bottas, ni Verstappen, mais bien les rares erreurs commises par celui qui est devenu septuple Champion du monde. Que ce soit en Autriche lors des qualifications ou, c'est plus discutable, avec Albon en course, en Italie avec l'entrée au stand au mauvais moment ou en Russie avec les essais de départ, il est assez simple de voir où le natif de Stevenage a perdu "bêtement" des points. Mais comme souvent ces dernières années, la portée des erreurs a été limitée et il n'a laissé le temps à aucune dynamique négative de s'enclencher.

Il faut dire que la Mercedes W11 était une machine de guerre, qui n'a quasiment pas eu besoin d'évolutions tellement son avantage était net, face à une concurrence qui n'a toujours pas trouvé la recette pour mettre l'écurie en défaut de façon licite. Et si Hamilton a maintenu son niveau de performance, il suffisait alors d'un Bottas manquant d'abord de réussite puis nettement en dessous de son niveau pour que cette saison particulière se transforme finalement en promenade de santé. Le terme est choisi évidemment à dessein puisque la santé de Hamilton, justement, aura été mise à mal par le COVID, mais heureusement pour lui sans conséquence grave pour sa vie ou pour son championnat.

En bref, Hamilton aurait pu glaner sa septième couronne mondiale sans trop forcer son talent mais sa saison reflète surtout que, quelles que soient les circonstances, il évolue désormais constamment à son maximum. Si nous avons principalement évoqué les courses, il faut aussi souligner les qualifications. En 2020, il a signé 10 poles sur 16 GP et en a manqué quatre pour moins d'un dixième. Et le fait de vouloir l'emporter constamment, en profitant de chaque opportunité pour tendre vers la victoire, est aussi source des erreurs commises (comme en Italie ou en Russie).

Omniprésent dans le baquet comme en dehors, Hamilton a attaqué les années 2020 de la F1 sur les chapeaux de roue et sa domination a ceci de commun avec celle de Michael Schumacher dans les années 2000 qu'elle semble implacable (et donc insupportable pour une partie des fans). Implacable parce que l'état d'esprit de l'entité formée par Mercedes et le Britannique tend vers cela, qu'importe l'état de la concurrence. Est-ce totalement une coïncidence qu'en son absence au GP de Sakhir l'écurie ait bazardé un doublé facile et signé sa pire performance d'ensemble de l'année alors qu'elle n'était absolument pas sous pression ? Chacun aura son point de vue sur la question, mais la conjonction des deux événements interroge.

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