Quand Ecclestone assure le SAV des moteurs V8 pour la FIA
Bernie Ecclestone a apporté son soutien sans réserve à Mohammed Ben Sulayem et à son projet de réintroduire des moteurs atmosphériques d'ici 2030 ou 2031, estimant que le retour à un V8, V10 ou V12 est "la bonne chose à faire".
Photo de : Andrew Ferraro / LAT Images via Getty Images
Sa présence sur le podium du Grand Prix d'Autriche n'est pas passée inaperçue. À 96 ans, Bernie Ecclestone a assisté le week-end dernier à la huitième manche de la saison 2026.
L'ex-grand argentier de la Formule 1 en a profité pour s'exprimer devant un groupe restreint de médias, dont Motorsport.com, apportant notamment un soutien appuyé au président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, et à sa volonté de réintroduire les moteurs V8 d'ici 2030 ou 2031.
L'objectif est de renouer avec des blocs moins coûteux et plus sonores, tout en profitant des carburants durables désormais plus respectueux de l'environnement. Interrogé sur l'action du successeur de Jean Todt à la tête de la fédération internationale depuis 2021, Bernie Ecclestone lui a apporté un franc soutien.
"J'essaie de trouver quelque chose qu'il aurait mal fait, et je n'en vois pas", a-t-il assuré. "Il se retrouve dans une situation où la tâche n'est pas facile. Et je pense qu'il essaie de faire fonctionner tout ça de manière équitable et de le moderniser un peu. Malheureusement, comme pour toutes ces choses, on ne peut pas avoir tout le temps raison à 100%."
"Je ne vois rien qu'il ait fait jusqu'à présent qu'il n'aurait pas dû faire. Il y a l'une ou deux choses que j'espère qu'il va faire à l'avenir : un moteur trois litres. Peu m'importe que ce soit un V8, un V10 ou un V12. Je pense que vous seriez probablement tous satisfaits de ça. Je pense que c'est la bonne chose à faire."
Bernie Ecclestone a assisté au GP d'Autriche.
Photo de: Manuel Eletto / Getty Images
Bernie Ecclestone a cédé les commandes de la Formule 1 il y a bientôt dix ans, quand le championnat est passé entre les mains de Liberty Media. Auparavant, il s'était déjà montré très critique du choix d'une motorisation turbo hybride en 2014.
En 2026, un pas de plus a été franchi en se rapprochant d'un ratio de puissance équivalent entre thermique et électrique, ce qui a provoqué le mécontentement de plusieurs pilotes, Max Verstappen étant le plus véhément. Depuis, la FIA a statué sur des ajustements qui porteront à 58% la part de puissance thermique en 2027, avec une gestion d'énergie moins prépondérante.
La voix de Max Verstappen, quadruple champion du monde, a inévitablement pesé, même si la Formule 1 ne veut pas reposer sur une seule star. "Il avait raison de critiquer", juge Bernie Ecclestone. "Je pense que ces réglementations ne s'imposaient pas pour mener les choses à bien, et c'est de ça dont Max se plaignait."
Quant à la nécessité de convaincre les motoristes, et notamment ceux comme Audi et Honda qui se sont engagés cette année parce que le règlement 2026 les attirait, Bernie Ecclestone n'y voit pas d'obstacle majeur.
"Le seul changement qu'ils aiment faire, c'est que lorsqu'ils en ont assez, ils partent sans rien dire", a-t-il ironisé au sujet des constructeurs. "Il [Ben Sulayem] serait ravi que toutes les équipes lèvent la main et disent que c'est fantastique, ce qu'elles feraient certainement si elles n'étaient pas contrôlées par un constructeur. Et je pense que les constructeurs vont s'y rallier, parce que c'est une évidence."
Propos recueillis par Oleg Karpov
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