Gene Haas ne vendra pas mais veut "courir et être compétitif"
Gene Haas assure n'avoir aucune intention de vendre son écurie, qu'il entend voir "survivre pendant les dix prochaines années" en Formule 1.
Propriétaire discret de l'écurie éponyme, Gene Haas a fait confiance depuis l'origine du projet il y a dix ans à Günther Steiner, devenu le patron emblématique de la structure en Formule 1. L'homme d'affaires a néanmoins dressé le bilan des huit premières saisons avec beaucoup de déception et estimé qu'il était temps de changer de direction. Mercredi soir, le remplacement de Günther Steiner par Ayao Komatsu a ainsi été officialisé.
Habitué à suivre les choses avec beaucoup de hauteur, sans multiplier les interventions dans les médias, Gene Haas a également jugé le moment opportun pour rappeler les fondements de son projet. Ce chamboulement majeur à la tête de son écurie doit être interprété comme une volonté de faire mieux en piste, et non comme le signe avant-coureur d'une disparition.
"Je ne suis pas venu en F1 pour vendre [l'équipe]", assure-t-il dans un entretien publié par le site officiel de la Formule 1. "Je suis venu parce que je voulais courir. Günther avait le même point de vue. Nous ne sommes pas là pour gagner de l'argent, nous voulons courir et être compétitifs. Historiquement, toutes les équipes ont connu beaucoup de belles années et beaucoup de mauvaises."
"Tant que l'on peut survivre, il y a toujours une année de plus pour prouver sa valeur. C'est un gros changement. Perdre Günther va obliger l'équipe à se concentrer sur d'autres aspects. J'espère que nous en sortirons grandis."
Gene Haas estime notamment que son écurie renvoie une image erronée concernant ses moyens financiers, principalement en raison du modèle choisi depuis le départ en externalisant tout ce qui peut l'être.
"Il y a une perception selon laquelle nous dépensons beaucoup moins d'argent", observe-t-il. "[Mais] nous sommes globalement à moins de 10 millions de dollars du plafond budgétaire. Je pense simplement que nous ne dépensons pas très bien cet argent. Beaucoup d'écuries ont déjà investi dans leurs infrastructures, leurs usines, leur équipement et leur personnel. Notre modèle consistait à externaliser une grande partie de ces éléments. Nous dépensons beaucoup d'argent. Nous n'avons pas dépassé le plafond mais nous en sommes très proches. Je pense que nous ne faisons pas du bon travail pour dépenser cet argent de la manière la plus efficace possible."
"C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons survécu, parce que nous avons parfaitement conscience de la manière dont nous dépensons l'argent. C'est en étant efficace dans ce que nous faisons que nous pourrons survivre dans ce championnat. Nous sommes l'une des écuries qui a survécu le plus longtemps, toutes les autres [nouvelles équipes] avaient tendance à dépenser tout leur argent au cours des premières années, puis à mettre la clé sous la porte."
"Nous avons survécu pendant huit ans et nous ne sommes pas dans une situation où nous allons faire faillite. Mais je veux être en mesure de survivre pendant les dix prochaines années."
Je suis embarrassé que nous n'ayons pas pu faire mieux.
Gene Haas veut des résultats en piste.
En changeant d'homme de confiance à la tête de l'écurie, Gene Haas n'entend pas tout révolutionner. Le modèle restera le même, charge à ceux qui l'exploitent de le faire désormais plus efficacement. C'est la teneur du discours de l'Américain, qui insiste sur sa volonté de poursuivre la collaboration technique avec Ferrari. Il juge d'ailleurs ce partenariat "très important" face à la concurrence et aux passerelles qui existent par exemple entre Red Bull Racing et AlphaTauri.
"Ils sont avec nous depuis le premier jour, ils construisent des moteurs incroyables", martèle-t-il. "Leur suspension est extrêmement bonne. Nous utilisons une grande partie de leur matériel, ça fonctionne très bien. Ils nous aident vraiment. Je suis embarrassé que nous n'ayons pas pu faire mieux mais à l'avenir, je veux que l'on profite de ce bon matériel que beaucoup d'autres équipes n'ont pas."
"Nous sommes très heureux de rester avec Ferrari. J'espère que nous pourrons les aider en matière de fiabilité. Lorsque Sauber abandonnera le moteur Ferrari, nous serons leur seul client. Peut-être qu'ils voudront récupérer un ou deux clients. Peut-être qu'ils seront contents de nous. Mais nous devons faire mieux. Nous ne pouvons pas être aussi loin derrière Ferrari. Nous devons nous rapprocher d'eux."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires