Grands Prix à huis clos : "Tous les pilotes l'acceptent"

Au nom des pilotes de Grand Prix, Alexander Wurz se félicite de la manière dont la F1 gère la perspective d'une reprise et d'un lancement du championnat dès le mois de juillet.

Grands Prix à huis clos : "Tous les pilotes l'acceptent"

La Formule 1 n'a pas encore communiqué le nouveau calendrier de la saison 2020, qui lui permettrait d'organiser un championnat après avoir subi la crise du coronavirus, mais l'on sait que l'objectif est de débuter en juillet avec deux Grands Prix en Autriche. Sur le Red Bull Ring comme sur les autres circuits européens que souhaite visiter la discipline durant l'été, le huis clos sera la règle, en plus d'un protocole sanitaire extrêmement strict. Si la perspective de courir sans public n'est pas réjouissante, elle est toutefois comprise et acceptée par l'ensemble des pilotes, ce qu'a confirmé Alexander Wurz, président du GPDA.

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"Permettez-moi de vous dire qu'en sport automobile, je pense qu'aucun pilote – et certainement pas moi – n'est fan des courses à huis clos", confie au micro de Sky Sports celui qui dirige l'association des pilotes de Grand Prix. "Car nous vivons pour les émotions que nous partageons tous ensemble. Pour un match de football ou de l'athlétisme, il y a un stade. Nous, nous avons un circuit et 100 000 spectateurs qui partagent l'évènement ensemble, ce qui fait une grosse différence quant à ce que l'on ressent."

"Néanmoins, de tous les pilotes à qui j'ai parlé – et je discute constamment avec eux – aucun n'a dit qu'il ne voulait pas le faire ou n'a eu le sentiment que c'était la mauvaise chose à faire. C'est en fait la bonne chose à faire car nous avons une obligation envers notre industrie. La F1 est une industrie internationale, et comme n'importe quel gouvernement dans le monde, nous essayons tous de relancer l'industrie, l'économie, car des familles et leurs dettes en dépendent. C'est la même chose en F1. Les courses à huis clos nous permettent de reprendre plus tôt que si nous attendions d'avoir du public. C'est pourquoi nous cherchons à organiser ces Grands Prix à huis clos, et tous les pilotes l'acceptent pleinement."

Faisant écho aux propos de Romain Grosjean, lui aussi très impliqué en tant que directeur du GPDA, Alex Wurz se félicite de la réponse collective qu'ont apportée les instances dirigeantes et les acteurs majeurs de la Formule 1. Les pilotes ont ainsi été impliqués dans les discussions pour faire valoir leur point de vue et échanger, même si les décisions reviennent à la FIA et à la F1. "Ce n'était pas une négociation", tient à préciser Wurz. "Il s'agissait simplement de discuter, de débattre et d'utiliser la réflexion collective de tous ceux impliqués dans notre sport pour que nous puissions reprendre aussi vite et de la manière la plus sûre possible."

L'habitude des protocoles stricts

Du matériel de désinfection dans le paddock

L'organisation des Grands Prix ne se fera que dans le respect de règles sanitaires draconiennes, déjà largement esquissées ces dernières semaines avec l'instauration d'une "bulle" fermée, de mesures de distanciation physique ou encore d'une politique de dépistage importante du COVID-19. Tout ceci ne facilitera pas la vie des membres du paddock mais n'a rien d'insurmontable selon Wurz, qui rappelle à quel point la F1 est habituée à vivre dans un univers ultra-réglementé.

"Le sport automobile, particulièrement depuis les accidents de Senna et Ratzenberger à Imola, et même si nous attaquons chaque jour à la limite, est devenu incroyablement sûr", souligne-t-il. "Tout le monde en sports mécaniques, des mécaniciens aux directeurs d'équipe en passant par les officiels, est habitué à des protocoles de sécurité très stricts. Cela a fonctionné de manière fantastique au cours des trois ou quatre dernières décennies. Sir Jackie Stewart a lancé toute l'idée de la sécurité et le sport, sans jamais compromettre la performance, est devenu extrêmement sûr. C'était magnifique de voir que toutes les personnes impliquées au niveau de la FIA, de la F1 et dans ce cas aussi les pilotes et d'autres acteurs clés, ont suivi de manière systématique l'ensemble du processus afin qu'en interne nous puissions faire en sorte de faire tout ce que nous pouvons pour assurer la sécurité des participants ainsi que d'un pays."

Car l'autre point déterminant sur lequel insiste Wurz concernant la reprise de la F1 est celui du choix des destinations : pas question d'ouvrir le championnat à tout prix et de manière déraisonnable, sans tenir compte de la situation dans chacun des lieux où le paddock posera ses valises.

"Nous n'allons pas dans des pays ou des endroits où la crise est si aiguë qu'il n'y a pas assez de capacité pour le système médical", rappelle-t-il. "C'est clair à 100%, et Jean Todt ainsi que Chase Carey l'ont dit très clairement. Dans le cas de l'Autriche – et je suis autrichien –, je sais que nous avons une pleine capacité [hospitalière]. Nous avons la chance dans le pays d'avoir eu un nombre très faible de cas [de COVID-19]. En matière de traitement médical, de capacité d'accueil, d'unités d'urgence autour du Red Bull Ring, il n'y a aucun problème. Ensuite, nous devons nous assurer de ne pas transmettre le virus entre l'industrie et le pays hôte. C'est également le cas au niveau du circuit, où nous devons faire en sorte d'avoir la distance entre chacun afin de minimiser les risques de propagation."

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