Analyse
Formule 1 GP d'Espagne

Hamilton avait-il le rythme pour gagner à Barcelone ?

Lewis Hamilton a réalisé une remontée impressionnante au Grand Prix d'Espagne. De là à pouvoir gagner s'il n'y avait pas eu d'incident pour lui ?

Lewis Hamilton, Mercedes W13

C'était très inattendu compte tenu lors de la hiérarchie lors des cinq premiers Grands Prix ainsi qu'en qualifications en Catalogne, mais les Mercedes étaient particulièrement compétitives lors de la course sur le Circuit de Barcelona-Catalunya. Après l'abandon du leader dominateur Charles Leclerc, George Russell a un temps joué la victoire face aux Red Bull de Max Verstappen et Sergio Pérez, mais c'est surtout la performance réalisée par Lewis Hamilton qui a attiré l'attention.

Au premier tour, Kevin Magnussen a tenté de faire l'extérieur au septuple Champion du monde dans le virage 4, mais les deux monoplaces se sont accrochées. Hamilton est rentré au stand avec une crevaison et s'est d'emblée retrouvé 19e, à 54 secondes de Leclerc. À tel point qu'il préférait abandonner pour économiser son unité de puissance ! Pourtant, 60 tours plus tard, il était remonté au quatrième rang, même s'il n'a finalement fini que cinquième en raison d'une fuite d'eau.

Comme l'a dit le directeur d'équipe Toto Wolff dimanche soir : "Avec Lewis, nous avions probablement la monoplace la plus rapide aujourd'hui. Il était à 50 secondes à la fin. Et il a remonté tout le peloton, en étant à certains moments de la course le plus rapide. Cela montre le potentiel de la voiture."

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Avec 54 secondes de retard au deuxième tour et le même déficit à l'arrivée, peut-on affirmer que Hamilton aurait pu gagner la course ? Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte ici. Tout d'abord, le fait que le pilote Mercedes a exécuté une stratégie à deux arrêts (si l'on excepte son changement de pneus au premier tour) qui n'a pas franchement réussi aux autres pilotes l'ayant employée, à savoir Valtteri Bottas, Sebastian Vettel et Mick Schumacher – même si, en ce qui concerne les représentants d'Alfa Romeo et de Haas, c'est aussi parce qu'ils ont conclu la course avec un relais excessivement long en pneus mediums (32 et 35 tours respectivement).

Lewis Hamilton passes Carlos Sainz on lap 60

Lewis Hamilton (Mercedes) a dépassé Carlos Sainz (Ferrari) au 60e tour

En gommes tendres rodées, Hamilton n'a pas fait forte impression lors d'un premier relais qu'il a fait durer 21 tours, son retard sur Leclerc atteignant 71 secondes avant l'arrêt au stand du Monégasque puis 76 secondes après le sien, survenu au 22e passage. L'abandon de Leclerc a changé la donne dans la 27e boucle, Russell prenant la tête avec 62 secondes d'avance sur son équipier.

Avec des pneus mediums cinq tours moins usés que ceux de Pérez, tandis que la différence était de neuf tours par rapport à Russell et Verstappen, Hamilton était désormais le pilote le plus rapide en piste et a grappillé 17 secondes sur l'Anglais en huit tours et 11 sur le Mexicain en l'espace de neuf boucles. En effet, Hamilton tournait régulièrement en 1'26"8 et 1'26"9, avec quelques tours en 1'27, quand Pérez était plutôt aperçu en 1'28 et Russell en 1'29.

Verstappen, lui, a effectué un deuxième arrêt au stand peu après l'abandon de Leclerc et a chaussé des tendres rodés. Le Néerlandais a alors enchaîné les tours entre 1'26"5 et 1'27"5, de manière similaire à Hamilton, l'écart entre eux passant de 41 à 45 secondes en une quinzaine de tours. Verstappen était sur une stratégie différente avec un dernier relais en mediums neufs adoptés dès le 44e des 66 passages sur la ligne d'arrivée, tandis que Hamilton, Russell et Pérez ont conclu la course avec des relais de 18, 15 et 13 tours respectivement, en tendres rodés.

Avant d'être victime d'une fuite d'eau, Hamilton a alors enchaîné sept tours principalement en 1'25 avant de passer aux alentours de 1'26 lors des sept suivants ; en comparaison, Verstappen n'a fait que trois tours en 1'25 mais douze en 1'26 et six en 1'27. Russell, lui, a fait un seul tour en 1'24 (comme Hamilton) mais seulement trois en 1'25, quatre en 1'26 et quatre autres en 1'27 ; c'était très similaire pour Pérez, si ce n'est que ce dernier a su empêcher une dégradation trop importante de son niveau de performance en maintenant ses chronos entre 1'25"7 et 1'26"3 lors des neuf derniers tours.

C'est ainsi qu'à cinq tours du drapeau à damier, Hamilton était revenu à moins de 40 secondes de Verstappen, mais aussi à 20 secondes de Pérez et à 14 secondes de Russell. Il a ensuite subi cette fuite d'eau qui l'a contraint à céder la quatrième place à un Carlos Sainz qu'il venait de dépasser sur la piste.

Hamilton's pace was helped by being forced off sequence, which saw him run in clear air and look after his tyres. A much longer early stint on the softs allowed him to claw back time to the leaders on his medium stint.

Grâce à une stratégie décalée, Hamilton est remonté en réalisant "seulement" six dépassements, tous dans les deux derniers tiers de la course : sur Albon, Latifi, Vettel, Ocon, Bottas et Sainz

La vitesse pure est encore plus encourageante pour Hamilton. Certes, il n'a signé que le deuxième meilleur tour en course, avec 1'24"253 contre 1'24"108 à l'actif de Pérez, mais si l'on prend les trois meilleurs secteurs de chaque pilote, le chrono du Mexicain n'est pas meilleur, tandis que celui du Britannique a un potentiel de 1'23"760 – et Russell a d'ailleurs un temps idéal de 1'23"919.

La statistique la plus parlante est toutefois celle des dix meilleurs chronos de chaque pilote. En l'occurrence, ceux de Hamilton atteignent une moyenne de 1'25"548 contre 1'25"735 pour Pérez, 1'26"105 pour Verstappen, 1'26"202 à l'actif de Russell et 1'26"238 en ce qui concerne Sainz.

Bref, si l'on prend en compte les données, il est clair que le septuple Champion du monde aurait été aux avant-postes de ce Grand Prix d'Espagne. Aurait-il gagné ? Comment aurait-on géré la stratégie chez Mercedes avec deux monoplaces en lice pour le podium ? Il est impossible de répondre à ces questions. Quoi qu'il en soit, cette performance est de très bon augure après les difficultés rencontrées dans le peloton à Djeddah et à Imola. "Une course comme celle-là est comme une victoire", affirme Hamilton. "Et la sensation est souvent meilleure qu'une victoire, quand on a fait une telle remontée et qu'on a traversé tant de choses." Et il en reste beaucoup à traverser.

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