Halo/planchers : McLaren voit un parallèle entre les débats

Pour le directeur technique de McLaren, James Key, la question de l'intervention de la FIA pour mettre fin aux rebonds sur la base de la sécurité rappelle les débats autour du Halo.

Halo/planchers : McLaren voit un parallèle entre les débats
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Avant son introduction forcée en Formule 1 en 2018, le Halo a fait l'objet d'une opposition assez farouche d'un certain nombre d'acteurs de la discipline. Mais depuis sa mise en place, sa présence est devenue de plus en plus familière et ses avantages ont été mis en exergue par divers accidents, le dernier en date étant celui de Zhou Guanyu à Silverstone.

Pour James Key, qui occupe le poste de directeur technique de l'écurie McLaren, l'opposition à des mesures de sécurité dans le débat sur les planchers des F1 nouvelle génération est comparable à celle qui existait il y a encore quelques années au sujet du Halo. Ainsi, si la FIA souhaite avancer pour des raisons de sécurité et limiter les rebonds et/ou le marsouinage, qui peuvent être néfastes pour la santé et la sécurité des concurrents, plusieurs écuries de pointe estiment qu'imposer ces changements n'est pas nécessaire.

"Je vais peut-être établir un parallèle un peu étrange avec le Halo ici", a déclaré Key, qui est l'un des responsables d'une écurie en faveur des changements. "Le Halo est évidemment un projet totalement différent. Et en termes d'ampleur pour la sécurité pour les pilotes, nous savons que c'est très important."

"Mais il y avait beaucoup de détracteurs à l'époque, vous vous souvenez de tous les commentaires du genre 'C'est affreux, ce n'est pas la F1', tout ça. Et on s'est dit : 'pourquoi pas ?' Il y avait vraiment un danger. Et aujourd'hui, quelques années plus tard, nous sommes reconnaissants après avoir vu certaines des choses qui se sont produites en piste. C'est un ordre de grandeur complètement différent, c'est beaucoup plus réduit. Mais c'est un peu la même chose."

"Corrigeons le tir. Je pense qu'à la base, il y a un risque, ça n'apporte rien au sport. Cela coûte de l'argent d'enquêter dans le cadre d'un plafond budgétaire, ce dont nous pouvons nous passer ; c'est une préoccupation mineure, mais c'est vrai. Pourquoi ne pas simplement faire ce qui est raisonnable pour des motifs de sécurité ? Parce que c'est la principale préoccupation. Et juste laisser tomber [ces rebonds]."

Le plancher de la McLaren MCL36

Le plancher de la McLaren MCL36

Pour Key, il est clair qu'il est de la responsabilité de la FIA d'agir et pas d'espérer que les équipes sacrifient d'elles-mêmes de la performance sur le sujet : "Évidemment, les équipes vont travailler là-dessus, si elles en souffrent. Et certaines en souffraient vraiment au début de la saison, par exemple."

"Je pense que si vous imaginez être la FIA, et que vous ne faites rien, et que c'est toujours là en 2023... Après avoir retourné les choses et produit de nouvelles voitures basées sur beaucoup plus de connaissances que celles que nous avions en 2022 – il était très difficile de simuler et de prévoir le marsouinage –, nous reconnaissons en quelque sorte qu'il y a des moyens de s'en débarrasser."

"Mais il peut revenir rapidement si vous avez certains types de développement ou si vous augmentez l'appui. Donc, plutôt que de prendre ce risque, je pense que du point de vue de la FIA, il est logique d'essayer d'éliminer complètement le problème, mais aussi de montrer que nous le prenons au sérieux et que nous faisons quelque chose à ce sujet après les préoccupations soulevées par certains pilotes."

"Je ne dis pas que ce serait de la négligence de ne pas le faire, mais il faut être prudent. Vous ne pouvez pas simplement supposer que les équipes vont le faire. Et ce n'est peut-être pas non plus la priorité de tout le monde, mais pour [la FIA] ces choses sont leur priorité."

Key souligne par ailleurs que les équipes sont impliquées dans le débat sur les changements possibles avec la FIA, principalement par le biais du Comité Consultatif Technique. "C'est une discussion très ouverte. Je pense que c'est toujours le cas, en particulier pour les questions de sécurité. Je pense que la FIA a compris qu'il y avait une sorte de préoccupation croissante pour le bien-être des pilotes et le potentiel pour que quelque chose se produise à cause d'une voiture qui rebondit excessivement dans un virage à grande vitesse ou autre, il y a des risques."

"Et ils prennent ce genre de choses très au sérieux et se sont engagés à 100% avec les pilotes et les équipes comme ils le font toujours. Et, oui, il y a eu des propositions dans les deux sens en termes de ce que nous pourrions faire pour essayer de trouver un consensus général sur ce qui serait efficace, plutôt que de savoir si nous devrions le faire ou non."

"Pour moi, si vous avez un problème de sécurité, vous ne pouvez pas faire marche arrière et dire que ce n'est plus un problème. Je pense qu'il faut mener une enquête approfondie et s'assurer que l'on prend les bonnes décisions. De toute évidence, cela n'apporte rien à la discipline. Et nous sommes favorables à ce que l'on s'en débarrasse, pour que nous puissions tous continuer à développer des voitures dans un environnement un peu plus sûr."

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Avec Adam Cooper

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