Lando Norris était "très déprimé après le Brésil"
Toujours en lice mathématiquement pour le titre mondial, Lando Norris sait néanmoins que ses chances sont aujourd'hui infimes. Une réalité qu'il a fallu accepter après le scénario rocambolesque du Grand Prix de São Paulo.
Photo de : Sam Bagnall / Motorsport Images
Désormais relégué à 62 points de Max Verstappen à trois Grands Prix de la fin de la saison, Lando Norris n'a plus son destin entre ses mains. S'il ne devance pas le Néerlandais ce week-end à Las Vegas, toute chance de prolonger la lutte pour le titre mondial s'évanouira, conséquence directe d'une course folle à Interlagos il y a trois semaines, où le triple champion du monde a frappé fort sous la pluie.
En mission depuis la mi-saison, Lando Norris avait peu à peu repris du terrain sur le leader du championnat et commençait à y croire, mais le week-end brésilien a été vécu comme un violent coup d'arrêt. Lui qui en parlait peu jusqu'à présent l'admet : il a fallu encaisser le coup et reconnaître que le combat était, à présent, probablement perdu.
"C'était un moment décisif pour le championnat", souligne-t-il à son arrivée à Las Vegas. "Les portes sont presque fermées. Pendant une semaine, j'étais très déprimé après le Brésil, parce que j'ai réalisé que c'était maintenant hors de mon contrôle et plus à ma portée. C'est une prise de conscience difficile quand on a tant d'espoirs et de convictions que l'on voit s'effondrer soudainement, c'est démoralisant et ce n'est pas le meilleur des sentiments. On apprend à l'accepter, c'est la vie."
"J'ai admis, même à Miami, que j'avais eu de la chance de gagner avec la voiture de sécurité, et il y a la stratégie avec laquelle on joue. Au Brésil, c'était encore un peu plus chanceux [pour Verstappen], mais c'est la Formule 1, c'est la course. Je ne m'en plains pas. La chance peut être de ton côté ou du côté des autres, c'est la vie, donc je ne m'en préoccupe pas. Un jour ça te sourit, et pas le lendemain."
Paradoxalement, Lando Norris estime que, dans les faits, "il n'y a pas grand-chose qui a changé". Entendez par là sa volonté de terminer la saison avec la même approche que celle des derniers mois, et peut-être même avec de la pression en moins, même si McLaren joue encore très gros dans sa conquête du titre constructeurs.
"Je sais dans quelle situation je suis désormais, et j'ai probablement moins à perdre", prévient-il. "Après le Brésil, ça a été difficile pour moi parce que c'est la première fois que je me suis dit qu'il serait difficile de revenir sur la première place en étant réaliste. On était sur une telle lancée, petit à petit, et c'est dur de prendre de gros points à Max parce qu'il ne connait pas de mauvaises courses. [...] Mais ça ne change pas mon approche, qui a été la bonne lors des derniers week-ends. J'ai été performant, j'ai fait du bon boulot. Je n'ai donc rien besoin de changer, mais je peux désormais en profiter davantage, je pense."
Je n'étais probablement pas encore prêt à affronter Red Bull et Max. Je pense que je le suis désormais.
Norris se sent maintenant prêt à rivaliser avec Verstappen.
Photo de: Glenn Dunbar
Plus qu'une échéance qu'il pourrait tout de même repousser, ou qu'un espoir peu réaliste qui, tant qu'il n'est pas mathématiquement éteint, doit s'entretenir, c'est peut-être déjà la campagne 2025 qui se joue à présent. Pour Lando Norris, ces dernières semaines ont constitué un apprentissage nécessaire et précieux quant aux exigences posées par un vrai combat pour le titre. L'Anglais en retient une conviction qu'il n'avait pas encore acquise jusqu'alors : être en mesure d'assumer ce rôle de prétendant.
"Je sais que j'ai ce qu'il faut", avance-t-il. "C'est la première fois en six ans que nous avons eu la chance de nous battre devant. C'était ma première opportunité de le faire, de voir où je me situe. Au début de l'année, je n'étais certainement pas au niveau où je devais être, même à Miami. Depuis la trêve estivale, j'ai le sentiment d'avoir fait du très bon boulot et d'avoir signé de très bonnes performances, de loin parmi les meilleures que j'ai réalisées."
"Je suis satisfait de la manière dont se sont passés ces derniers mois. Je ne changerais pas grand-chose à ce qui s'est passé. Mais je dois encore faire des ajustements. Je dois encore progresser sur certaines choses, c'est clair. Je ne suis pas totalement satisfait de ce que j'ai fait. Je sais que je dois m'améliorer, mais pour la première fois, je suis confiant et je peux dire que j'ai ce dont je pense avoir besoin pour me battre pour le titre. Ça ne veut pas dire que je suis complet ou que c'est parfait, c'est sûr. Et quand on affronte des pilotes qui en sont tout près, comme Max, il faut être proche de la perfection."
"Je n'étais probablement pas encore prêt à affronter Red Bull et Max. Je pense que je le suis désormais, et il est probablement trop tard. [...] Max est probablement l'un des meilleurs pilotes de l'histoire, je ne pense pas que l'on pourra trouver meilleur que lui à l'avenir en Formule 1. C'est mon avis, c'est ce que je crois et, pour moi, aller à l'encontre de cette conviction et me battre contre quelqu'un que je sais si bon, ça demande un peu plus que ce que j'ai réalisé cette saison. Mais ce que j'ai fait depuis cet été en est plus proche, et je pense que ce sera bientôt assez pour me battre l'an prochain."
VIDÉO - Lando Norris au volant d'une McLaren P1 en Lego !
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