Pourquoi Ferrari devra être "maligne" avec ses évolutions en 2026
Frédéric Vasseur, directeur de Ferrari, a expliqué que le véritable défi du développement des F1 2026 sera avant tout lié à la gestion du plafond budgétaire.
Photo de: Shameem Fahath / Motorsport Network
Cette année, la Formule 1 va connaître son plus important bouleversement technique depuis des décennies, avec des changements réglementaires en profondeur qui concerneront aussi bien les châssis que les moteurs.
Inévitablement, certaines équipes arriveront dès la première course de la saison avec de meilleures solutions que d'autres. Mais pour celles qui partiront avec un retard, la tâche s'annoncera d'autant plus ardue, non seulement à cause des limites imposées au développement, mais aussi en raison d'un calendrier dont la première série de courses sera exclusivement composée de courses disputées hors Europe.
Le plafond budgétaire de la F1 évoluera également en 2026, contraignant les équipes à adopter une vision plus globale dans la planification de leurs évolutions, notamment pour évaluer leur capacité à gérer les coûts de transport liés à l'expédition de nouvelles pièces vers des destinations lointaines.
"Je pense que le facteur déterminant pour l'introduction des évolutions ne sera pas la capacité de développement en soufflerie", a déclaré le directeur de Ferrari, Frédéric Vasseur, à un groupe de médias, dont Motorsport.com. "Le facteur déterminant sera le plafond budgétaire. Cela signifie que nous devrons être malins dans l'utilisation du budget dont nous disposons pour le développement, et composer avec ce budget pour introduire des évolutions."
"Bien sûr, plus tôt c'est fait, mieux c'est, et plus l'évolution est importante, mieux c'est aussi. Mais ce n'est pas acquis que, si vous commencez à introduire quatre ou cinq évolutions lors des deux premières courses, et que vous devez envoyer un fond plat au Japon ou en Chine, vous ne brûliez pas la moitié de votre budget de développement."
"Cela signifie que nous devrons être intelligents dans la planification, peut-être développer davantage en soufflerie et introduire les évolutions lors de la troisième ou de la quatrième course, quand nous reviendrons à Bahreïn. C'est une question à laquelle nous devrons faire face, au jour le jour, en évaluant d'un côté ce que nous obtenons de la soufflerie et de l'autre le coût du développement. Il est certain que, si vous avez une évolution sur le flap de l'aileron avant, cela coûte moins cher à envoyer en Chine qu'un fond plat."
Lewis Hamilton, Ferrari
Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
Le plafond budgétaire de la F1 a été instauré en 2021 pour répondre à l'impact de la pandémie de COVID-19 sur les finances des équipes. Initialement fixé à 145 millions de dollars par an, avec une trajectoire de réduction à 135 millions à partir de 2024 (plus 1,8 million de dollars par course pour chaque week-end de Grand Prix au-delà d'une base de 21), il a depuis été révisé à la hausse pour atteindre 215 millions de dollars.
Toutefois, bien que ce montant prenne en compte l'inflation et les variations des taux de change, il ne représente pas une augmentation nette. L'équipe Sauber bénéficiera néanmoins d'une concession afin de compenser les coûts salariaux plus élevés en Suisse. En 2026, plusieurs limites ont été redéfinies, notamment pour les sprints et les courses supplémentaires du calendrier, et plusieurs domaines auparavant exclus du plafond entrent désormais dans son champ d'application : les activités médiatiques, les coûts de transport et d'autres dépenses opérationnelles supplémentaires y sont désormais intégrés.
Par conséquent, les éléments volumineux et coûteux à expédier, en particulier par livraison accélérée, pourraient devoir être retardés compte tenu de la première série de courses, qui comprend un double week-end Australie-Chine, suivi du Japon, avant un passage au Moyen-Orient avec Bahreïn et l'Arabie saoudite. Les équipes devraient continuer à privilégier l'envoi des petites pièces dans les bagages du personnel, comme c'est déjà le cas.
La maîtrise des coûts de transport sera cruciale pour maintenir un rythme de développement élevé, car la hiérarchie devrait être plus étalée en début de saison. Cela contraste avec l'ordre relativement serré et stable observé en 2025, lorsque le développement des voitures avait atteint sa maturité et que les équipes avaient progressivement déplacé leur attention vers 2026.
"Je suis aussi vraiment convaincu qu'en 2025, l'image des essais de Bahreïn a presque été celle de la dernière course à Abu Dhabi", a ajouté Vasseur. "[En 2026], il va y avoir un énorme taux de développement pendant toute la saison. Ce sera plus proche de 2022 ou de ce genre de saison. Ça veut dire que ce n'est pas parce que quelqu'un va démarrer la saison 2026 en étant aux avant-postes qu'il va la finir en étant devant et qu'il sera devant en 2027."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires