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Interview

Red Bull : Le règlement 2026 a été amélioré, mais les doutes persistent

Dans un entretien exclusif pour Motorsport.com, le directeur technique de Red Bull Racing, Pierre Waché, est revenu sur les améliorations tardives faites au règlement 2026 même s'il estime que des doutes persistent concernant certains aspects.

Max Verstappen, Red Bull Racing RB20, leads Lando Norris, McLaren MCL38

Photo de: Andy Hone

Alors que se profile une saison 2025 que beaucoup espèrent serrée sur le plan sportif, l'autre échéance qui occupe les esprit est 2026. En effet, la saison prochaine verra l'entrée en vigueur d'une toute nouvelle réglementation technique en F1, qui entraînera des changements substantiels tant du côté du châssis que du côté des moteurs.

Côté châssis, les monoplaces version 2026 généreront moins d'appui et le feront d'une façon différente des actuelles, avec une moins grande prégnance de l'effet de sol. En sus, elles seront dotées d'une aérodynamique active permettant à la fois de maximiser leur vitesse de pointe en ligne droite, tout en offrant le maximum d'appui possible dans les virages. Côté moteur, les unités seront délestées du MGU-H en vigueur depuis 2014 mais, dans le même temps, la puissance sera produite à part égale entre le moteur thermique et la partie électrique.

Ces changements, et notamment concernant le moteur, ont suscité de vives craintes, qui ont entre autres été exprimées dès 2023 par le clan Red Bull. En effet, les exigences de la motorisation 2026 vont impliquer de revoir le fonctionnement global des monoplaces afin de mieux s'en accommoder : la mise en place de l'aérodynamique active − et notamment du "mode X" qui correspondra à la position où la voiture sera la plus déchargée en appui − répond notamment aux inquiétudes sur ce qu'il se passera avec l'énergie électrique dans les phases de pleine charge en réduisant au maximum la traînée aéro.

Toutefois, quand la FIA a présenté en grandes pompes son travail en marge du Grand Prix du Canada 2024, de nouvelles craintes se sont fait jour autour d'une philosophie réglementaire laissant finalement peu de liberté aux écuries en termes de design, notamment pour permettre de laisser trop de marge de manœuvre pour que les structures aillent à l'encontre de l'esprit du règlement. Des discussions supplémentaires ont eu lieu par la suite et la fédération a modifié les règles pour redonner un peu plus de liberté.

"La situation s'est améliorée, oui, elle s'est beaucoup améliorée en fait", a ainsi déclaré Pierre Waché, le directeur technique de Red Bull Racing, dans une interview exclusive pour Motorsport.com. "La combinaison entre le châssis et le moteur représente toujours un énorme défi en termes de caractéristiques, mais c'est la même chose pour tout le monde."

Lire aussi :

"Je ne suis pas certain que cette combinaison sera agréable, mais c'est mon opinion personnelle et cela n'a rien à voir avec la compétitivité ou quoi que ce soit d'autre. Désormais, nous n'avons plus le temps de débattre de cette question. Même si le profil de vitesse n'est pas ce que nous aimons en termes d'expérience du pilote et tout le reste, notre travail consiste à créer le package le plus rapide. Aujourd'hui, je ne me concentre plus sur cet aspect [l'opinion personnelle sur les règles]."

L'un des arguments avancés pour apaiser les craintes qui étaient apparues à la suite de certaines simulations, et des déclarations qui en avaient résulté, étaient que ces travaux avaient été menés en transposant les moteurs 2026 aux voitures de la génération actuelle, alors même que leurs caractéristiques n'étaient pas étudiées pour s'adapter à la future unité de puissance.

Un discours structurel de la réflexion sur la réglementation 2026 mais qui peine toujours à convaincre Waché : "Pour moi, cela n'a pas de sens d'avoir un moteur qui n'est pas capable de fonctionner avec la voiture actuelle."

Il faut rappeler que si le travail sur 2026 a été mené dans cet ordre, avec une réglementation moteur actée avant la réglementation châssis, c'est parce que les instances de la discipline ont d'abord tenté d'attirer des constructeurs automobiles dans la discipline via une simplification et une électrification plus importante de la motorisation. Une ambition qui a plutôt été couronnée de succès puisqu'Audi a décidé de se lancer et qu'Honda a finalement choisi de ne pas stopper son implication ; il faut toutefois souligner que Renault, qui s'était initialement engagé, ne participera finalement pas à l'aventure de ce nouveau moteur, même si les raisons sont plus économiques que philosophiques.

"Je continue de penser que [travailler sur la règlementation comme un package entier] pourrait donner du spectacle mais, à un moment donné, ce n'est plus mon travail d'améliorer le système", a ajouté Waché. "Je suis payé par l'équipe avec laquelle je travaille et je m'y consacre entièrement. Je dois faire le meilleur travail possible et m'assurer que les gens peuvent faire le meilleur travail au sein de l'équipe, et au final produire la meilleure voiture. C'est la seule chose pour laquelle je suis payé."

Avec Ronald Vording

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