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Williams ne va pas sacrifier son avenir au profit de 2023

Nouveau directeur de Williams Racing, James Vowles a une vision sur le long terme. 2023 n'en est que la première étape.

Logan Sargeant, Williams FW45

Ce début de saison est encourageant pour Williams. Les essais de pré-saison laissaient imaginer que la légendaire écurie britannique allait à nouveau se retrouver en fond de grille, mais au Grand Prix de Bahreïn, Alexander Albon est parvenu à composer son ticket pour la Q2 et à décrocher le point de la dixième place, tandis que son coéquipier Logan Sargeant a obtenu une satisfaisante 12e position pour son premier Grand Prix.

Encore va-t-il falloir confirmer cette prestation prometteuse. L'écurie est dans une situation bien plus saine depuis que Dorilton Capital l'a rachetée à la famille Williams à l'été 2020, mais le chemin à parcourir reste long pour renouer avec les avant-postes. Le nouveau directeur d'équipe James Vowles l'a bien compris – si bien que les performances à court terme ne sont pas la priorité.

"Nous souhaitons poser des bases qui restent ici non pas pour seulement un an mais plutôt pour trois à cinq ans", déclare Vowles. "Cela prend du temps de les mettre en place, de les renforcer et qu'elles prennent effet. Ce que nous ne pouvons pas faire, c'est en sacrifier pour le bénéfice à court terme de la FW45."

"Il y a un équilibre à trouver, certainement. Mais l'intention de notre équipe est incroyablement claire : si l'on a le choix entre prendre une décision qui nous fera progresser la semaine prochaine et une décision qui nous fera progresser significativement dans six, douze ou 24 mois, on choisira la seconde de ces décisions", explique le Britannique, qui assure toutefois que le travail en soufflerie "résultera en de la performance que nous pourrons ajouter à la voiture cette année".

James Vowles, directeur d'équipe Williams

James Vowles, directeur d'équipe Williams

Parti de l'écurie en décembre dernier, le directeur technique François-Xavier Demaison n'a toujours pas été remplacé, mais cette approche est en phase avec la philosophie de Vowles : "Nous n'allons certainement pas nous précipiter pour attribuer les rôles techniques, par exemple, à des gens que nous pouvons avoir dans six mois plutôt que dans 12 ou 24 mois. Nous trouverons les bonnes personnes et nous les recruterons."

"Quant à la structure au cœur de la voiture, nous n'allons pas nous précipiter sur le châssis de l'an prochain. Nous allons nous assurer de faire ça de la manière dont j'ai l'habitude : prendre notre temps, mais nous assurer de gagner de la performance en grandes quantités."

Ainsi, au moment de faire le bilan, l'ancien stratège en chef de Mercedes conclut : "Ces 15 dernières années, l'équipe a connu des difficultés gigantesques, notamment financières, et elle a survécu à tout ça. Mais ce n'est que de la survie par rapport aux autres écuries qui avaient du budget. Et c'est le luxe que j'avais avant de venir. En conséquence, il y a un contraste marquant entre notre situation actuelle et celle que nous devons atteindre à l'avenir."

"Le plafond budgétaire est un facteur limitant pour toutes ces choses-là, simplement car il nous met dans une position où les dépenses d'investissement sont limitées, et l'argent ne va pas nous suffire pour atteindre le succès. Il va falloir, dans une certaine mesure, un certain nombre d'années pour mettre les infrastructures clés au niveau requis pour évoluer aux avant-postes. Et ça ne se fait pas en six ou douze mois."  

"De plus, comme je l'ai précédemment évoqué, nous sommes dans une position où nous manquons de personnel clé côté technique, et l'écurie est vraiment sous pression en ce moment pour assurer que nous comblions ces vides du mieux possible. Alors ce chemin ne va pas prendre des mois mais des années."

Propos recueillis par Jonathan Noble

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