Wolff a "osé" Antonelli en F1 car il avait Russell comme "référence"
Interrogé dans une interview exclusive par Motorsport.com, Toto Wolff, le patron de Mercedes, est revenu sur le processus qui a fait monter Kimi Antonelli dans la Mercedes, soulignant notamment le rôle clé de George Russell.
Photo de: Mercedes AMG
Avec deux podiums en Australie et en Chine, George Russell effectue une très bonne entame de saison 2025 et reste sur une tendance plutôt positive, sur laquelle il surfe depuis l'année dernière déjà. Alors que Lewis Hamilton bataillait avec la W15, Russell semblait parvenir à mieux dompter la monoplace farouche, décrochant deux victoires, au Canada et à Las Vegas en 2024. Il avait également initialement remporté le Grand Prix de Belgique avant d'être disqualifié, la victoire étant revenue à son coéquipier.
Pourtant, pour certains, Russell serait sous-estimé et trop souvent mis de côté dans les discussions classant les meilleurs pilotes de la grille. "Pas avec nous", a déclaré Toto Wolff, le directeur de Mercedes, dans une interview exclusive accordée à Motorsport.com.
"C'est un excellent pilote et nous avons de la chance de l'avoir. La décision de prendre Kimi [Antonelli] à bord, nous l'avons osée parce que nous savions que nous avions George comme référence. Nous savions où la voiture serait avec George, et qu'il serait la référence pour Kimi. Mais on peut aussi voir la performance de George contre Lewis, et la performance de Lewis contre George aujourd'hui, il est clair que nous parlons d'un pilote de haut niveau."
Le contrat de Russell court pour l'instant jusqu'à fin 2025, le Britannique l'ayant renouvelé courant 2023. Sans l'ombre d'une prolongation pour le moment et interrogé sur la question, Wolff a répondu : "C'est un secret de polichinelle que nous avons l'intention de garder nos pilotes à long terme, donc nous ne divulguons pas toutes les discussions que nous avons avec les pilotes et c'est pourquoi cela va dans la direction qu'il faut."
"Il y a plus dans un contrat que de donner à un pilote la garantie fixe qu'il sera dans la voiture, il y a des conditions à respecter. Il faut en discuter dans l'intérêt de l'équipe et du pilote, évidemment, c'est un processus structuré."
Andrea Kimi Antonelli (Mercedes).
Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images
À l'heure actuelle, Kimi Antonelli est le rookie qui s'en sort le mieux depuis le début de l'année. Avec deux entrées dans le top 10 en course principale et une septième place en sprint, le jeune Italien trône à la cinquième place du classement des pilotes avec 22 points inscrits. Bien qu'il soit toujours derrière son coéquipier, notamment en qualifications - ce qui s'explique facilement et logiquement par le manque d'expérience du jeune homme -, Antonelli conforte pour l'instant le choix de Wolff de l'avoir promu dans le baquet laissé vacant par Hamilton.
Le patron autrichien est d'ailleurs revenu sur la façon dont il avait pris la décision de promouvoir son petit protégé en Formule 1, un processus qui a débuté lorsque Lewis Hamilton lui a annoncé qu'il quittait Brackley.
"Je pense que je n'ai jamais eu de mal à être confronté à une situation", a déclaré Toto Wolff, racontant à nouveau le fameux échange entre Hamilton et lui. "C'était fait, quelle était la suite dès lors ? Quand Lewis a dit qu'il s'en allait, il était clair que c'était la fin. Donc, avec tout le respect que je dois aux 12 années que nous avons passées ensemble, à l'amitié et au succès que nous avons connus, je me suis immédiatement demandé qui serait le prochain dans la voiture."
"Et il y a deux écoles. Soit on prend un risque avec le plus jeune, qui est considéré comme capable de faire de la Formule 1, soit on mise sur un pilote rapide actuel. Ce sont les deux solutions. Mais, en prenant le jeune, on peut le mettre dans une autre équipe, mais n'importe quelle autre équipe comme Williams aurait exigé au moins deux ans de contrat et nous ne voulions pas nous engager sur ce terrain-là. D'un autre côté, chaque pilote qui a prouvé sa valeur ne sera sans doute pas à l'aise avec un contrat d'un an. C'est ce qui me traversait l'esprit dans les minutes qui ont suivi ce que Lewis m'a dit."
Pourtant, en 2024, alors engagé en F2 avec Prema, Antonelli ne vivait pas sa meilleure saison. L'équipe italienne a eu beaucoup de mal à comprendre et s'approprier la nouvelle réglementation du championnat, laissant peu de chances à l'Italien d'exprimer son talent. Mais comme beaucoup de jeunes pilotes l'ont prouvé, les formules de promotion ne sont pas forcément le meilleur moyen de juger les véritables capacités d'un rookie.
"La F3 et la F2 sont complexes, il faut être dans la bonne équipe, au bon endroit, au bon moment", a expliqué Wolff, indiquant ne jamais avoir douté de son pilote. "Et nous n'avons aucun doute sur sa vitesse, sa personnalité, ses valeurs, nous savons qu'il a besoin de temps, la trajectoire a été très abrupte. Mais c'est le bon moment en 2025, parce que le règlement change l'année prochaine et nous voulions qu'il ait une année sous le coude pour apprendre et se préparer pour 2026."
Propos recueillis par Roberto Chinchero
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