Miller parti, Marc VDS n'écarte pas de changer de moto en 2019

Le patron de Marc VDS regrette de ne pas avoir pu conserver Jack Miller dans ses rangs, et de voir la relation entre son équipe et Honda battre de l'aile.

Même si tout le monde garde en mémoire la victoire de Jack Miller sous la pluie diluvienne néerlandaise en 2016, pour ce qui est la première – et unique à ce jour – victoire de l'Australien et de l'équipe Marc VDS en MotoGP, la saison 2017 restera celle de la confirmation pour la structure de Michael Bartholemy.

Mais en dépit d'un bilan très solide, qui a vu l'équipe belge bondir de la 11e à la septième place du championnat teams, pour ce qui représente à l'heure actuelle son meilleur résultat dans la catégorie reine, plusieurs mauvaises nouvelles sont venues gâcher la fête de la fin de saison.

Il y a bien sûr la déception de voir sa pépite, Miller donc, voguer vers d'autres cieux pour 2018, chez Pramac et la machinerie Ducati en l'occurrence. Une déception doublée de la frustration de ne pas avoir eu son mot à dire dans les négociations entre l'Aussie et le HRC. "C'était important de le conserver dans notre projet", regrette Bartholemy auprès du site officiel du MotoGP. "Mais il y avait une ou deux choses que Jack demandait à Honda pour 2018, ce qui n'était absolument pas entre les mains de l'équipe Marc VDS. Nous avons également essayé d'aider autant que nous pouvions, nous avons eu beaucoup de discussions avec Honda, mais nous n'avons jamais obtenu de réponses positives."

Pour Miller aussi, 2017 aura été sa meilleure saison depuis son arrivée en MotoGP, en 2015 chez LCR. Douzième du championnat, le jeune homme qui fêtera ses 23 ans en janvier s'est fendu d'un début de saison tonitruant, avec pas moins de trois top 10 lors des cinq premières manches, avant de connaître un creux dans la foulée de son gros accident aux essais du Grand Prix de France et des 8 Heures de Suzuka – où il a fini quatrième avec l'équipe Harc-Pro Honda.

"Jack était, pour moi, mon pilote pour 2018, je pense qu'un constructeur ne devrait pas perdre un pilote tel que Jack Miller", souligne Bartholemy. "Il a 22 ans, nous avons fait un très bon début de championnat cette année, nous avons été rapides, même si je pense que nous avons eu un creux au milieu de l'année. Je pense que nous sommes revenus très fort après la blessure."

À l'instar d'un Rossi qui a épaté tout son monde en Aragón en signant une première ligne en qualifications trois semaines seulement après avoir été victime d'une double fracture tibia-péroné, Miller a semblé revenir encore plus fort chez lui, à Phillip Island – où il s'est qualifié cinquième et a fini à la septième place – après avoir déclaré forfait pour le Japon.

Double peine pour Marc VDS

Mais au-delà de la perte de Miller, c'est aussi la relation avec le HRC, avec qui le partenariat n'a pas encore été prolongé au-delà de 2018, qui a jeté un froid chez Marc VDS. "J'ai été très déçu lors que j'ai appris la nouvelle de Honda pour la moto de 2018", reconnaît le patron de l'équipe. "Lors des trois dernières années, je pense que nous avons aussi beaucoup fait pour Honda. Et ensuite vous voyez que vous êtes un peu traité comme la cinquième roue du carrosse, alors c'est normal qu'humainement, vous soyez un peu déçu."

Bartholemy assure cependant ne pas avoir à quémander pour trouver un nouveau partenaire à compter de 2019, trois autres constructeurs n'ayant pas caché leur intérêt à trouver une équipe satellite : Aprilia, KTM et Suzuki. "Le point positif, c'est qu'il  a trois constructeurs qui aiment notre équipe", admet-il. "Ils aiment les programmes que nous avons, celui en Espagne avec les jeunes enfants, ainsi que nos programmes en Moto3 et Moto2."

Chez Marc VDS, on ne ferme cependant pas la porte en cas d'une éventuelle volte-face de Honda, si tant est que la marque à l'aile dorée soit intéressée pour poursuivre l'aventure avec l'équipe belge. "Cela a été l'une des raisons pour laquelle nous n'avons eu qu'un contrat d'un an cette année avec Honda", explique Bartholemy. "Nous allons donc voir l'an prochain, vers les mois de mai et juin, et je suis ouvert pour parler aux quatre, en incluant Honda bien sûr. Je pense que celui qui montrera le plus d'intérêt envers notre activité  sera celui que nous choisirons."

D'après l'intéressé, le choix interviendra au printemps 2018. En attendant, force est de constater que Marc VDS n'a pas forcément perdu au change, puisque le team alignera ni plus ni moins que les deux meilleurs pilotes issus du dernier millésime du Moto2, le Champion en titre de la catégorie intermédiaire Franco Morbidelli, et son dauphin Thomas Lüthi. Un duo qui devrait faire des étincelles, à plus forte raison que l'équipe bénéficiera, au moins pour une année encore, d'une RC213V qui a tout de même coiffé la triple couronne cette saison.

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