Comment fonctionne le système des concessions en MotoGP

Des six constructeurs engagés en MotoGP, Aprilia est le seul à encore bénéficier aujourd'hui des concessions accordées aux règlements technique et sportif, mais pourrait les perdre avec de prochains podiums. L'occasion de nous pencher sur ce système qui a su resserrer les rangs dans le championnat.

Comment fonctionne le système des concessions en MotoGP
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Quand sont apparues les concessions en MotoGP ?

Le système actuel des concessions, basé sur les résultats des constructeurs, a été introduit au règlement en 2014. Les avantages accordés s'adressent aux marques qui n'ont pas remporté de victoires sur le sec depuis 2013 et à celles qui s'engagent pour la première fois dans la catégorie.

Qui bénéficie des concessions ?

À l'époque de l'introduction de ce système, parmi les constructeurs répondant au règlement MotoGP (et non au règlement de la catégorie Open, encore en vigueur), seul Ducati était concerné. Les trois marques arrivées dans le championnat par la suite y ont également eu droit, soit Suzuki et Aprilia à partir de 2015, puis KTM en 2017.

Ducati a été le premier constructeur à perdre ces avantages, dès 2016, et ce à la suite de ses multiples podiums en 2015. Suzuki a suivi le même schéma en décrochant une victoire en 2016 pour perdre les concessions en 2017 ; la marque japonaise a cependant marqué le pas par la suite et donc récupéré ces avantages en 2018, puis les a perdus à nouveau en 2019. Après ses victoires de 2020, c'est KTM qui a perdu ses concessions depuis l'année dernière. Aprilia est à présent le dernier des six constructeurs MotoGP à en bénéficier.

À quoi les concessions donnent-elles droit ?

Les concessions permettent de ne pas subir les strictes limitations du règlement technique dans certains domaines, en particulier celui des moteurs. Les marques concernées ont en effet droit d'utiliser neuf moteurs par pilote et par saison, au lieu de sept pour leurs concurrentes, et elles sont libres de leur développement en cours de championnat. Par ailleurs, elles sont autorisées à introduire plus d'une mise à jour aérodynamique pendant la saison.

Outre le cadre technique, les concessions touchent également les essais privés, que les constructeurs peuvent réaliser "à tout moment et sur n'importe quel circuit" en cours de saison avec leurs pilotes titulaires. Les seules limitations portent sur l'allocation pneumatique et les restrictions de dates liées aux périodes de trêve, sans que les marques aient à se cantonner aux journées officielles ou aux tests collectifs auxquels donne droit le règlement de base. Enfin, elles peuvent inscrire une wild-card jusqu'à six courses par an, au lieu de trois pour les autres.

Comment les concessions peuvent-elles être perdues ?

Les constructeurs qui bénéficient des concessions du règlement technique peuvent les perdre sur la base de leurs résultats. Des points de concessions sont en effet accordés à chaque podium : un pour une troisième place, deux pour une deuxième place et trois pour une victoire. Ces points expirent au bout de deux ans. Dès qu'un constructeur a totalisé six points, il perd les concessions du règlement.

Francesco Bagnaia, Ducati Team au départ

Sur les six marques engagées en MotoGP, seul Aprilia bénéficie encore des concessions

Seul Aprilia bénéficie encore de ces avantages aujourd'hui, néanmoins la marque de Noale a d'ores et déjà collecté un point de concession la saison dernière avec la troisième place d'Aleix Espargaró à Silverstone, puis trois grâce à sa victoire à Termas de Río Hondo en ce début de championnat. Deux troisièmes places, une deuxième place ou une victoire suffiront donc à lui faire atteindre le total entraînant la perte des concessions.

Les résultats pris en compte peuvent être obtenus à la fois sur le sec et le mouillé, sans distinction, et dans le cas d'une marque fournissant plusieurs teams, ce sont ceux de tous les pilotes du groupe, pas uniquement de l'équipe d'usine.

Lorsque ce cap est atteint, un premier changement porte sur les essais privés, limités dès la saison en cours : le droit de réaliser ces tests sur un nombre de jours illimité est immédiatement annulé, et ces essais ne peuvent plus être réalisés qu'avec les essayeurs ; en revanche, c'est la saison suivante que s'applique la limitation des tests à trois circuits désignés par la marque, de même que les restrictions techniques.

Peut-on récupérer les concessions ?

Absolument, et c'est ce qui était arrivé à Suzuki en 2018. Le système de points de concessions continue en effet à s'appliquer (un pour une troisième place, deux pour une deuxième place, trois pour une victoire), si bien qu'une marque qui n'obtiendrait aucun de ces points (en d'autres termes, qui ne décrocherait aucun podium) au cours d'une saison bénéficierait des concessions à partir de la saison suivante. Cela ne sera quoi qu'il arrive pas possible pour 2023, puisque toutes les marques sont d'ores et déjà montées sur le podium depuis le début de la saison.

Petite subtilité, cependant : puisque les points de concessions sont valables deux ans, le règlement précise que "tous les points de concessions (moins de 6) accumulés par un constructeur alors qu'il bénéficiait de concessions au cours des saisons précédentes restent dans le total des points de ce constructeur, jusqu'à ce qu'il ait obtenu six points de concessions et que les concessions soient perdues".

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