Iannone pointe un code antidopage inadapté au MotoGP

Le pilote italien multiplie les efforts pour être blanchi, après qu'il a été reconnu qu'une contamination alimentaire involontaire était à l'origine de son contrôle antidopage positif, mais il pense aussi à l'après et milite pour un changement du règlement.

Iannone pointe un code antidopage inadapté au MotoGP
Charger le lecteur audio

Andrea Iannone le sait, s'il arrive à se sortir de l'affaire de dopage dans laquelle il a plongé en décembre dernier, une épée de Damoclès continuera de peser au-dessus de sa tête. "À l'avenir, je devrai faire attention parce que si une chose pareille m'arrive à nouveau, je suis foutu pour toute la vie", admet-il dans les colonnes de Motosprint. Mais le pilote italien est également perplexe quant à la manière dont il a ingéré la substance incriminée retrouvée dans ses analyses, et il pointe du doigt ce qu'est la réalité de la vie des pilotes en comparaison avec le cadre strict fixé par le Code mondial antidopage.

"Il y a une incongruité, à l'heure actuelle, entre le règlement et la vie frénétique que nous, les athlètes, nous menons. On mange un peu partout, dans les aéroports du monde entier : en Thaïlande, en Malaisie, au Japon, en Australie. On a passé cinq semaines en Asie et moi je suis aussi passé par Singapour. La raison pour laquelle cette substance se trouvait dans mes analyses était claire. Dans cette zone, la viande est importée de Chine, où certaines substances sont utilisées."

Lire aussi :

Depuis sa suspension le 17 décembre, basée sur un contrôle positif réalisé lors du Grand Prix de Malaisie, Iannone s'est défendu en arguant avoir consommé, à son insu, de la viande traitée dans un restaurant où il s'est rendu pendant une longue tournée asiatique. Si la FIM a validé cette explication, il n'en a pas moins été lourdement sanctionné. "J'ai été reconnu innocent, mais positif pour contamination alimentaire. Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Avoir avec moi un chimiste et lui dire de se rendre deux jours plus tôt dans les endroits où j'avais prévu de manger pour qu'il analyse tous les produits ?" s'interroge-t-il.

Aujourd'hui, Andrea Iannone dispose d'un ultime recours, auprès du Tribunal Arbitral International, pour tenter de lever sa suspension, qui à ce jour court jusqu'en juin 2021. Mais dès qu'il sera sorti d'affaire, il a la ferme intention de faire changer les choses et de pousser pour que le MotoGP réponde à son propre code antidopage, plus réaliste.

"Nous, les pilotes, on ne peut pas avoir les mêmes contraintes que les athlètes des sports olympiques et être comparés à eux : on court chaque dimanche, pas une fois tous les quatre ans. Et chaque fois dans un pays différent. Et on mange tous à des endroits différents, certains à l'hôtel, d'autres au restaurant ou à l'hospitalité. Une fois le travail en piste terminé, chacun fait un peu comme il veut."

"Et puis je veux préciser une autre chose : comment fait-on pour comparer un athlète du décathlon et un pilote moto ? On m'a trouvé des substances contre-productives et dommageables en termes de performances pour le sport que je fais, pas des substances qui les améliorent", pointe le pilote, favorable en ce sens à la mise en place d'une liste plus adaptée aux sports mécaniques, déjà évoquée par Carmelo Ezpeleta.

Lire aussi :

Pourrait-il mettre en garde les autres pilotes face à un quotidien potentiellement dangereux ? "Même si l'idée me venait, je m'attendrais à recevoir peu de réponses de la part des autres pilotes", souligne Iannone, qui a révélé n'avoir été contacté que par deux pilotes depuis sa suspension. "Mais je peux vous assurer que, quand on retournera courir, je serai le premier à soulever le sujet à la Commission de sécurité et à demander une modification du règlement parce que c'est une question qu'il faut aborder. Et je le dis pour le bien de tous et en pensant aussi aux autres pilotes. Je suis juste désolé d'avoir dû y passer en premier, mais je sais aussi que j'ai toujours un traitement spécial, qui m'est disons 'réservé', dans chaque chose que je fais. Mais ça fait partie du jeu."

partages
commentaires
Yamaha pressent "des effets économiques à long terme"
Article précédent

Yamaha pressent "des effets économiques à long terme"

Article suivant

Álex Rins : "Je n'ai pas envisagé de quitter Suzuki"

Álex Rins : "Je n'ai pas envisagé de quitter Suzuki"
Charger les commentaires
L'armada Ducati, une menace pour l'équilibre du MotoGP en 2022 Prime

L'armada Ducati, une menace pour l'équilibre du MotoGP en 2022

Voir Ducati aligner huit machines sur la grille MotoGP n'est pas un fait inédit, puisque la marque l'a déjà fait entre 2016 et 2018. Mais le niveau de la Desmosedici est impressionnant et l'implication de la firme de Borgo Panigale dans ses alliances bien plus importante qu'elle le fut par le passé, or cela pourrait avoir pour effet de déséquilibrer la catégorie reine.

MotoGP
16 janv. 2022
Ces héritiers que Valentino Rossi s'est choisis Prime

Ces héritiers que Valentino Rossi s'est choisis

Avec le départ de Valentino Rossi, le MotoGP perd sa plus grande star et l'Italie son meilleur représentant en course depuis les années 1980. Le Docteur lui-même a toutefois préparé sa relève et formé ceux qu'il espère voir lui succéder.

MotoGP
2 janv. 2022
Quartararo, le champion qui a changé les règles, comme Márquez Prime

Quartararo, le champion qui a changé les règles, comme Márquez

Précoce quand il dominait tous les championnats espagnols, Fabio Quartararo a été jusqu'à pousser à la mise en place d'un changement de règlement, comme Marc Márquez quelques années plus tôt. Son parcours mondial s'est pourtant révélé compliqué, jusqu'à la révélation une fois arrivé dans la catégorie MotoGP.

MotoGP
27 déc. 2021
Valentino Rossi s'est-il arrêté trop tard ? Prime

Valentino Rossi s'est-il arrêté trop tard ?

Inlassablement interrogé sur sa retraite depuis des années, Valentino Rossi a-t-il trop attendu, au risque de voir son palmarès se ternir ? On serait plutôt tenté de dire qu'en ayant tout essayé jusqu'au bout, il a choisi de raccrocher au moment qui était le bon pour lui.

MotoGP
16 déc. 2021
Suzuki déjà en retard dans la quête de son nouveau patron MotoGP ? Prime

Suzuki déjà en retard dans la quête de son nouveau patron MotoGP ?

Après avoir pris la décision de ne pas remplacer Davide Brivio début 2021 et n'avoir par la suite pas réussi à aider Joan Mir à défendre son titre, Suzuki est aujourd'hui à la recherche d'un nouveau team manager. Mais quelle que soit la personne que Shinichi Sahara nommera pour la suite, il est peut-être déjà trop tard pour convaincre le Champion du monde 2020 de rester.

MotoGP
23 nov. 2021
Quand les enjeux financiers engendrent l'agressivité des jeunes pilotes Prime

Quand les enjeux financiers engendrent l'agressivité des jeunes pilotes

La pression à laquelle sont soumis les espoirs de la moto est à la source d'une agressivité qui inquiète de plus en plus. Restreindre la participation au Championnat du monde aux pilotes âgés de 18 ans suffira-t-il à endiguer les manœuvres souvent désespérés des jeunes qui rêvent du MotoGP ?

MotoGP
3 nov. 2021
Quartararo : "Ce titre permet d'oublier les moments difficiles de Yamaha" Prime

Quartararo : "Ce titre permet d'oublier les moments difficiles de Yamaha"

De ses débuts inattendus en MotoGP à son premier titre de Champion du monde, trois ans plus tard, Fabio Quartararo a déjà connu un parcours intense dans la catégorie reine. Avec, au passage, une saison 2020 qui lui a rapporté ses premières victoires et une lourde déception, formatrice pour la suite.

MotoGP
26 oct. 2021
Plus que la Yamaha, c'est Quartararo qui a su évoluer vers le titre Prime

Plus que la Yamaha, c'est Quartararo qui a su évoluer vers le titre

Trop inconstant en 2020, Fabio Quartararo apparaît cette année infaillible au guidon de la Yamaha. Mais plus que les progrès opérés par la machine, c'est sûrement la transformation du pilote français qui l'a ainsi placé au sommet, en capacité de remporter son premier titre de Champion du monde MotoGP dès cette semaine.

MotoGP
20 oct. 2021