Oliveira questionne l'approche "discutable" de Pol Espargaró

Miguel Oliveira a admis sa grande frustration après son accrochage avec Pol Espargaró, suggérant une approche inappropriée.

Pour la deuxième fois en trois courses, Miguel Oliveira a été envoyé au tapis dans un contact avec un autre pilote KTM. Après Brad Binder au départ du Grand Prix d'Andalousie, le mois dernier, c'est cette fois avec Pol Espargaró qu'il s'est accroché en Autriche, alors qu'il tentait de lui chiper la cinquième place en lui faisant l'intérieur au virage 4.

"Pol a élargi dans plusieurs virages", explique le pilote portugais. "Dans le virage 4, j'étais proche de lui et cette fois il a beaucoup élargi. En tant que pilote, quand je vois un trou, et surtout s'il est grand, j'essaye de dépasser. Apparemment quand il est revenu vers la piste il ne m'a pas vu et c'est pour ça qu'on est tombé."

"Toute ma carrière, j'ai compris qu'un gars qui voit un trou à l'intérieur doit y aller, parce que c'est la course. C'est une règle de base de la compétition : si quelqu'un élargit, on passe dans le trou", souligne Oliveira. "En ce qui me concerne, quand je m'éloigne de ma ligne et que je reviens, je fais toujours attention pour voir si quelqu'un est à l'intérieur parce qu'il est évident que [sinon] les lignes vont se toucher. C'est de la physique, il n'y a pas besoin d'être très intelligent pour comprendre ça. Je pense que dans ce cas Pol n'a pas regardé et l'incident est arrivé."

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Le pilote Tech3 estime que cet accident est d'une nature similaire à celui qui a déjà envoyé Pol Espargaró au tapis à Brno, dans un accrochage avec Johann Zarco qui tentait de lui faire l'intérieur, bien que l'Espagnol ait alors accusé le pilote Avintia et que celui-ci avait été pénalisé. Selon Oliveira, Espargaró devrait remettre en question son approche de ce genre de situations.

"On sait que c'est un incident de course. Ce qu'un pilote voit ou ne voit pas peut être discutable, mais il semble que Pol ait tendance à ne pas regarder à l'intérieur. À Brno, on a vu l'incident avec Johann. Mais je ne suis pas ici pour le blâmer. On s'est parlé après la course, il a dit qu'il ne m'avait pas vu, j'ai dit que je ne l'avais pas vu non plus mais comme j'étais à l'intérieur c'était normal. C'est comme ça."

"On ne peut pas demander à un pilote de ne pas se battre, mais je pense que c'est à chaque pilote, dans sa tête, de comprendre ce qui aurait pu être fait différemment. Si j'étais Pol, après déjà deux accidents du même type, je commencerais à me demander si j'aborde la course en général de la bonne manière, car cela semble discutable."

Au micro de Canal+, le pilote Tech3 a ajouté une pique monumentale à l'égard de son collègue : "Je ne veux pas attaquer Pol, mais je pense qu'il se laisse submerger par ses émotions et ne réfléchit peut-être pas beaucoup. Malheureusement, tout le monde ne naît pas avec la même intelligence et il est parfois difficile de réfléchir pendant la course. Quand on est sur la moto, on se bagarre, il y a beaucoup d'adrénaline, mais dans le même temps il faut gérer ce à quoi on pense. Ce n'est pas donné à tout le monde."

Crash entre Miguel Oliveira, Red Bull KTM Tech 3 et Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing

Particulièrement frustré après ce nouvel incident − le ventilateur du box Tech3 en garde un souvenir douloureux − Miguel Oliveira ne peut que constater que, par un malheureux concours de circonstances, sa course a encore été gâchée par un de ses collègues. "Encore une fois, je ne veux pas le blâmer, mais c'est frustrant pour moi et quand je regarde les images et que je vois que j'étais à l'intérieur [c'est difficile] de ne pas être en colère", admet-il.

"J'ai des sentiments, et j'étais très frustré par toute cette situation. C'est la deuxième fois que je tombe avec une autre KTM, et même la troisième si on compte [l'accident de] l'année dernière avec Zarco. Il est clair que quand on vit ces situations de manière répétée, c'est frustrant. […] C'est frustrant de rentrer au stand en sachant qu'on pouvait se battre pour un top 5, voir même pour un podium, mais de ne pas avoir pu le faire parce qu'on est tombé avec un autre pilote KTM."

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Un pneu inadapté pour Espargaró

La frustration était également palpable chez Pol Espargaró après cette course, dont il avait mené la première partie. Lorsque le drapeau rouge a été exposé à la suite du violent carambolage entre Zarco et Morbidelli, le pilote espagnol se trouvait en tête depuis trois tours, mais il a immédiatement su que sa course allait prendre une tournure différente.

"On n'avait plus de pneu medium neuf pour l'arrière. C'était ma faute, celle de mon équipe et de tout KTM. On ne s'attendait pas à ce qu'il y ait un drapeau rouge dans cette course, mais ça a été le cas", regrette-t-il. Reparti avec un pneu arrière soft, digne d'une qualification, il a vite été limité. "L'arrière était complètement inutile sur les freins, je n'arrivais pas à stopper la moto, j'élargissais dans tous les virages. […] J'ai peut-être eu trois bons tours au début, mais le pneu arrière s'est ensuite dégradé, l'arrière se bloquait au freinage et j'élargissais. Mais je le savais déjà après le drapeau rouge. Quand je suis rentré au stand, je secouais la tête car je savais ce qui allait se passer et ça a été exactement le cas."

Sans admettre de faute personnelle, Pol Espargaró classe son accrochage avec Miguel Oliveira parmi les incidents de course. "J'étais large, comme dans tous les virages, et Miguel l'était aussi un peu à cet endroit, et j'ai ouvert les gaz à l'extérieur tandis que lui le faisait à l'intérieur. Il n'a pas pu me voir, je n'ai pas pu le voir et on s'est rentré dedans. C'était précisément ce qu'on appelle un incident de course. On est d'accord là-dessus", assure-t-il.

"J'étais sur la ligne rouge et je ne pouvais donc pas bouger. Il m'a dit qu'il ne m'avait pas vu, alors que pouvions-nous faire ? Je connais Miguel, on s'entend très bien, je sais qu'il réfléchit à chaque mouvement qu'il fait et s'il l'a fait c'est parce qu'il était sûr que le dépassement était possible, mais ça s'est fini comme ça."

"Je pense que la moto était la meilleure", estime l'Espagnol, qui considère avoir été privé d'une possible victoire, comme à Brno. "Dans la première course, j'avais le meilleur package, la meilleure moto, et puis il s'est passé ce qui s'est passé et je n'ai pas pu en profiter. Je suis en colère pour cette raison, car je pense que j'avais la meilleure moto et je n'y suis pas arrivé."

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