Petrucci ému mais réaliste : "Difficile de ne pas finir dernier"

Particulièrement ému de revenir en MotoGP pour disputer le Grand Prix de Thaïlande, Danilo Petrucci n'en oublie pas pour autant les difficultés qui l'attendent et s'imagine difficilement évoluer ailleurs qu'à la dernière place.

Petrucci ému mais réaliste : "Difficile de ne pas finir dernier"
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Tout juste titré vice-Champion de MotoAmerica, Danilo Petrucci s'est envolé pour la Thaïlande pour disputer son premier Grand Prix MotoGP depuis sa retraite prise en fin d'année dernière. Il remplacera en effet Joan Mir, toujours blessé et convalescent, au sein de l'équipe Suzuki. Une opportunité qui s'était déjà présentée à Misano, mais l'Italien avait été contraint de refuser pour se concentrer pleinement sur son championnat.

Désormais libéré de ses obligations aux États-Unis, Petrucci cette fois peu tergiversé pour accepter, quelque peu bousculé par un timing extrêmement serré ! "On m'a appelé avant la course, dimanche, en Alabama. Je me battais encore pour le titre donc je leur ai dit 'laissez-moi y réfléchir parce que je suis retraité maintenant et la course en Thaïlande était vraiment dure quand j'étais en pleine forme. Maintenant que je suis vieux ça va être encore plus dur' [rires]. Quand je suis revenu à ma tente après la dernière course, il était 18h et mon manager m'a dit qu'il fallait se décider car il n'y avait plus le temps pour rejoindre la Thaïlande depuis les États-Unis. Donc je lui ai dit 'OK, on y va'", a-t-il expliqué.

"À partir de là, c'est comme si mon m'avait passé au rouleau-compresseur. [...] J'ai quitté mon hôtel à six heures du matin lundi et je suis arrivé hier après-midi. C'est la première fois que j'ai complètement traversé le Pacifique en avion, mais je ne peux juste pas expliquer à quel point je suis ému ! Même un scénario d'Alfred Hitchcock n'aurait pas imaginé ça : rouler au Dakar avec KTM, aller aux États-Unis avec Ducati et ensuite venir ici avec Suzuki. Je crois que personne n'a déjà fait ça !".

Malgré la fatigue et le décalage horaire, c'est un Petrucci particulièrement ému et heureux qui s'est donc présenté, tout sourire, devant les journalistes. "Je dois dire que c'est l'un des plus grands cadeaux qu'on m'ait fait dans ma vie et je veux juste remercier tout le monde de la moto car c'est vraiment un cadeau que ce milieu me fait. Tous les constructeurs, de KTM à Ducati en passant par Suzuki, ont été vraiment super avec moi", a-t-il souligné.

"Comprendre à quel point ça sera difficile"

Danilo Petrucci sur la KTM de chez Tech3, l'an dernier.

Danilo Petrucci sur la KTM de chez Tech3, l'an dernier.

Malgré son émotion, Petrucci garder les pieds sur terre et a conscience de toute la difficulté qui l'attend, à commencer par des MotoGP qui ont beaucoup évolué depuis l'an dernier et une GSX-RR qu'il n'a jamais pilotée.

"Je n'ai pas eu l'occasion de m'asseoir sur la moto, mais ils m'ont tout montré, ainsi que les devices et les différentes positions. On ne peut pas faire de modifications. J'utilise le frein au pouce habituellement, et ici c'est un dispositif de pilotage. Donc c'est même assez dangereux de pousser ce bouton dans le virage quand j'utilise le frein au pouce. Je dois donc fixer mon pouce pour ne pas y toucher", a-t-il précisé.

Son physique, également, a toujours été un handicap pour lui et le sera d'autant plus après des mois passés loin du MotoGP. Avec ses 1m81 et ses 80 kg, la tâche ne sera pas aisée, mais pourrait être facilitée par une météo capricieuse et du roulage sous la pluie. "J'espère qu'il va pleuvoir tout le temps jusqu'à dimanche 16h car au moins la course sera moins physique [rires]. J'avais déjà très peur quand je suis venu ici pour le MotoGP, parce qu'en course, sur le sec, il fait très chaud et c'est l'une des pires choses qu'un humain puisse expérimenter. J'espère que ça va rester [humide] car tout est plus simple."

"La moto, la position et l'ergonomie sont très différentes. J'ai regardé quelques données, mais tout est très difficile. Je dois juste essayer la moto d'abord, et la comprendre parce qu'avec ma taille, j'ai toujours besoin d'un set-up différent. Il faut d'abord rouler avec la moto et tout comprendre. Je suis simplement content d'être là, et demain on essaiera de comprendre à quel point ce sera difficile."

Malgré les difficultés qui l'attendent, Petrucci souhaite simplement savourer ce retour inespéré en MotoGP et se montre très réalise sur sa performance à venir : "Je veux juste profiter, terminer la course. Je pense que ça sera très difficile de finir autrement que dernier. Mais peut-être que la moto est très bonne et que je vais trouver un moyen de rester proche des autres. Je veux juste faire de mon mieux mais je ne me soucie pas du résultat, même si je veux être rapide. J'ai dit la même chose lorsque je suis allé faire le Dakar, et je ne m'attendais pas à gagner une spéciale, mon objectif était de profiter. Cette semaine, l'objectif est le même."

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