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Statu quo chez Ducati : ni consignes, ni dialogue

L'incident du Grand Prix d'Aragón n'a pas été mis à plat par Ducati et par les pilotes, entre lesquels aucune consigne n'est instaurée pour le moment afin de favoriser Andrea Dovizioso au championnat.

Andrea Dovizioso, Ducati Team

Le second Grand Prix organisé à Alcañiz débute dans la même ambiance délétère que celle qui régnait chez Ducati à l'issue du premier. À la suite de l'incident qui a provoqué la colère d'Andrea Dovizioso en qualifications, lorsque Danilo Petrucci en prenant sa roue l'a privé d'une possible accession à la Q2, le dialogue n'a pas été renoué entre les deux pilotes et la question des consignes reste visiblement contournée par l'équipe.

Dovizioso n'avait pas mâché ses mots après s'être vu privé de la Q2 du Grand Prix d'Aragón pour 15 millièmes seulement, estimant qu'il n'avait pas été "intelligent" de la part de son coéquipier de s'aider de son aspiration dans la phase décisive de la Q1, et qu'en l'absence de consignes venues de la direction de l'équipe, le pilote aurait dû de lui-même éviter de le mettre en position délicate. Petrucci, quant à lui, s'était défendu d'avoir utilisé "les armes" à sa disposition pour compenser un déficit de vitesse en ligne droite qui le mettait en difficulté sur cette piste.

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Interrogé à la veille de la reprise, jeudi, Petrucci a fait savoir que la question des consignes n'avait pas été abordée depuis au sein de l'équipe : "Nous n'avons pas du tout parlé de consignes d'équipe cette semaine. Je pense qu'il est encore tôt." Dovizioso a fait écho aux commentaires de son coéquipier. "Non, pour le moment il n'y a pas de consignes d'équipe et on n'en a pas parlé, alors tout reste inchangé", a-t-il déclaré. "Pour le moment personne ne m'en a parlé. Maintenant je me concentre sur ma vitesse, sur ce que l'on doit clairement améliorer, et on verra."

Le vice-Champion du monde a par ailleurs précisé que ses relations avec la direction du constructeur italien n'avaient pas varié, ni après cet épisode ni depuis sa décision de quitter l'équipe, annoncée il y a deux mois. "Les rapports sont exactement les mêmes qu'avant. Et en ce qui concerne la stratégie ou la programmation des prochaines séances, on n'en a pas parlé pour le moment", s'est-il contenté de déclarer, bottant en touche lorsqu'il lui a été demandé s'il ne se sentait pas un peu seul dans la course au titre : "Vous savez très bien que si je pensais cela, je ne vous le dirais pas."

L'absence de consignes visant à maximiser les chances de Dovizioso au championnat fait écho à la stratégie également appliquée pour le moment par Suzuki, à ceci près que l'écart est moins creusé entre les pilotes d'Hamamatsu au classement général. Mir et Rins ne sont séparés que de 36 points pour le moment, alors que Petrucci affiche 41 points de retard sur son coéquipier, et un déficit de 56 unités sur le leader du championnat qui rend ses propres espoirs de titre objectivement très faibles.

Plus étonnant peut-être que l'absence de prise de position de la part de Ducati, les deux pilotes ont indiqué ne pas avoir crevé l'abcès entre eux, alors qu'ils se trouvaient dans le même vol de retour vers l'Italie dimanche soir. "Non, après la course on n'a pas eu l'occasion de discuter. On était tous les deux assez fatigués après la course, mais tout va bien", a assuré Petrucci.

"Je n'ai rien à éclaircir, je n'ai rien à faire", a pointé Dovizioso, "donc il n'y a aucun problème, ce qui est fait est fait. Je ne suis pas du genre à trainer ça et à faire en sorte que ça engendre certaines choses pour moi. Je peux avoir mon idée et chacun peut avoir sa propre opinion, chacun se comporte de la manière qu'il juge être la meilleure. Chacun a le pouvoir de décider pour soi. Je n'ai rien à éclaircir, je ne dois rien faire. S'il estime que ce qu'il fait est juste, eh bien il a raison de le faire, et c'est tout."

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"Franchement, je n'ai pas l'intention de le ruminer ou de continuer à en parler. Il s'est passé ce qui s'est passé et c'est tout, chacun en tire les conclusions qu'il veut et pense ce qu'il veut, et il n'y a aucun problème", a assuré le pilote au numéro 04.

"Je pense que continuer à ruminer cet épisode ne fait de bien à personne, surtout à Andrea", a renchéri Petrucci. "C'est inutile de continuer à en parler. On a déjà déclaré beaucoup de choses et je pense qu'il a son idée, moi la mienne, et c'est inutile de continuer à ruminer cet épisode. Personne n'a perdu de points essentiels. L'important est de faire mieux à partir de la prochaine course."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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