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Trop de traînée : le symptôme des difficultés de McLaren

Si une écurie paraît en difficulté par rapport à 2022, c'est McLaren. Il semble que tous les maux de la MCL36 ne soient pas résolus.

Lando Norris, McLaren MCL60

La semaine dernière, lors des essais de pré-saison à Bahreïn, McLaren est l'une des trois seules écuries à ne pas avoir passé la barre du tour en 1'32, aux côtés de Williams et d'une écurie Alpine qui n'a ni chaussé les pneus tendres, ni roulé avec une faible charge en carburant.

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La référence de Lando Norris en 1'32"160, à près de deux secondes du meilleur temps signé par Sergio Pérez sur Red Bull, a elle aussi été établie en gommes C3, mais l'inquiétude subsiste néanmoins. La nouvelle MCL60 aurait, comme sa devancière, trop de traînée.

"L'an dernier, nous avions des objectifs clairs en matière de développement, liés à l'efficacité aérodynamique ; le développement était lié à l'exploitation des pneus et à d'autres objectifs visant à améliorer l'équilibre. La réalité est que la plupart de ces objectifs ont été atteints, mais quant à celui qui concerne l'efficacité aérodynamique de la voiture, nous n'y sommes pas encore", confirme le directeur d'équipe Andrea Stella.

"Selon ce que j'ai vu lors de ces deux [premiers] jours, notre niveau de performance est au niveau de ce que j'attendais. Pas de surprise", ajoute Stella, qui précise toutefois : "Quand je parle de compétitivité, je dirais que notre objectif cette saison est d'avoir une des quatre meilleures voitures. Pour l'instant, je dirais que nous ne sommes pas forcément dans cette fourchette."

Alors d'où viennent ces difficultés pour McLaren ? Il est difficile de ne pas y voir un lien avec les infrastructures en cours de construction, qui ne seront disponibles que dans un an environ, notamment un nouveau simulateur et surtout une nouvelle soufflerie – d'où l'objectif d'un retour aux avant-postes en 2025, et pas avant.

"Je ne dirais pas qu'il y a un déficit spécifique dans certains domaines, les raisons sont variées", analyse Stella. "Nous ne cessons de mentionner la technologie, le manque de soufflerie. Nous ne cessons de mentionner le fait que du côté de la main d'œuvre, il faut que nous développions le groupe aérodynamique. Nous avons traversé une phase de réduction mais avons désormais inversé la tendance. J'ai bien peur qu'une amélioration et une croissance continues [soient nécessaires] et que nous devions progresser dans tous les domaines."

L'Italien ne voit en tout cas pas le plafond budgétaire comme un facteur qui entrave la progression de l'écurie. "C'est une excuse que je ne veux pas invoquer, car McLaren est désormais dans une situation où nous avons des ressources que nous pouvons investir. Ces investissements ont déjà commencé et nous avons pu optimiser notre budget sous le plafond."

"Cela prend du temps d'atteindre le niveau requis au niveau de la technologie, de l'expertise, des ressources humaines, pour évoluer au sommet en Formule 1. Ce n'est pas l'effet des changements de réglementation. Nous n'avons pas reculé, nous ne nous sommes simplement pas développés assez vite."

Quoi qu'il en soit, McLaren va désormais de voir attendre ses premières évolutions majeures pour redresser la barre – probablement aux alentours du Grand Prix d'Azerbaïdjan, fin avril.

Propos recueillis par Jonathan Noble

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