Déjà 20 ans : quand Alonso a hissé Renault au sommet de la F1
Les plus nostalgiques en portent encore les couleurs ciel et jaune autour des circuits, traduisant une époque à laquelle Renault et Fernando Alonso avaient séduit leur public. Seulement voilà : cela fait déjà 20 ans que le duo en a fait tomber un autre, alors composé de Michael Schumacher et Ferrari !
Fernando Alonso devant son coéquipier Giancarlo Fisichella en 2005.
Photo de: Mark Capilitan
C'était encore l'époque où les saisons de Formule 1 s'arrêtaient en octobre et où le champion du monde était parfois sacré dès les premiers jours d'automne. Il y a 20 ans, Fernando Alonso décrochait son premier titre mondial, qui allait bientôt aussi être celui de Renault chez les constructeurs. Un sacre scellé à Interlagos, lors du Grand Prix du Brésil, et qui mettait fin à l'hégémonie de Michael Schumacher et Ferrari.
Ce 25 septembre 2005, Fernando Alonso avait 24 ans et devenait alors le plus jeune champion du monde de l'histoire en effaçant un record que détenait Emerson Fittipaldi depuis 1972. Lewis Hamilton (en 2008) puis Sebastian Vettel (en 2010) feraient mieux encore quelques années plus tard.
Renault R25 : la "machine parfaite"
Fernando Alonso a remporté sept GP avec la R25 en 2005.
Photo de: Steve Etherington / Motorsport Images
L'arme fatale ? La Renault R25, confiée au pilote espagnol et à Giancarlo Fisichella. Devenue très vite la voiture à battre, elle jouissait d'arguments qui forgeraient tant son succès que sa légende : un juste équilibre aérodynamique, un V10 Renault à 72° qui faisait à juste titre toute la fierté de Viry-Châtillon, et un package offrant tous les compromis rêvés par un pilote de l'époque et une maniabilité formidable pour exploiter des pneus Michelin diablement efficaces.
Il y aura eu, dans ce parcours de Fernando Alonso vers le titre 2005, des Grands Prix mémorables. On peut citer, évidemment, sa résistance légendaire à Michael Schumacher à Imola, venue conclure une série de trois victoires consécutives lors des quatre premières manches. Mais aussi la victoire bleu-blanc-rouge à Magny-Cours, lors d'un Grand Prix de France riche en émotion pour l'écurie au Losange et qui avait fait entrer définitivement le Taureau des Asturies dans le cœur d'une grand partie du public tricolore.
Au total, Fernando Alonso remportera cette année-là sept des 19 Grands Prix disputés, la farce d'Indianapolis n'ayant même pas altéré ses chances, dans une saison ou Michael Schumacher avait finalement été écarté plus vite que prévu de la course à sa propre succession, laissant le seul Kimi Räikkönen tenir la dragée haute au pilote espagnol.
Le Finlandais était d'ailleurs certainement le plus rapide durant la deuxième partie de saison, mais sa McLaren-Mercedes souffrait d'un manque chronique de fiabilité, tandis que Fernando Alonso et Renault avaient déjà pris un avantage décisif, pour un bilan final de 15 podiums et six pole positions. L'omniprésence du nouveau champion sur la boîte était un gage manifeste de sa régularité métronomique.
Kimi Räikkönen et McLaren ont donné du fil à retordre à Renault en 2005.
Photo de: Glenn Dunbar / Motorsport Images
Quatrième du championnat en 2004, sans victoire, il avait pourtant été battu à l'arrivée du premier Grand Prix de 2005, à Melbourne, par le revenant Giancarlo Fisichella. Renault avait pris l'ascendant sur la concurrence et le duel s'annonçait serré entre ses deux pilotes mais l'Espagnol enchaîna sur trois victoires et l'Italien sur trois abandons. La messe était déjà dite en interne, pour que Fernando Alonso puisse passer la saison à gérer son avance.
Symbole de cette gestion impeccable, au lendemain de sa pole position à Interlagos, le jeune leader du team Renault à la sauce Flavio Briatore avait pu se contenter de la troisième marche du podium pour mettre fin aux hostilités avec deux week-ends d'avance. Il y a deux décennies, donc, quelques mois avant la confirmation de 2006, suivie de dizaines d'autres vies dans la carrière de Fernando Alonso : rivalité avec Lewis Hamilton chez McLaren, Spygate, Crashgate, aventure chez Ferrari et tant d'autres...
Le taureau s'entête dans l'arène !
À 45 ans, il sera toujours là en 2026, sous les couleurs d'Aston Martin. Pour un dernier baroud d'honneur ? Tout est encore possible. "Je ne pensais pas être encore là 20 ans après mon titre mondial", confiait-il il y a quelques jours dans le paddock de Bakou. Mais tout, de ce qu'il a vécu en 2005 avec Renault, n'est qu'un doux souvenir et le restera.
"Les sensations ne seront jamais les mêmes qu'en 2004 et 2005, car il y avait sur les voitures une liberté aérodynamique que nous n'avons pas aujourd'hui", avait-il détaillé il y a quelques saisons. "Avec les moteurs, c'était très différent, particulièrement avec les 130 kg de moins que nous avions par rapport à maintenant, et les 230 kg de moins en course. C'est donc impossible de retrouver ce que nous avions en 2004 en termes de sensations."
Une nostalgie ravivée l'espace de quelques tours, en décembre 2020 à Abu Dhabi, quand il avait renoué avec le cockpit de la Renault R25 conçue par Bob Bell, Mark Smith et Dino Toso. "À chaque fois que je suis dans ce cockpit, avec tous les souvenirs qui reviennent, ça devient naturel de piloter vite", avait-il lancé. "Ressentir la vitesse est incroyable. Je sais que c'est une vieille voiture, mais c'est une machine parfaite pour moi."
Fernando Alonso lors de son sacre à Interlagos.
Photo de: Steve Etherington / Motorsport Images
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