Comment un e-mail imprévu a permis le retour de Ford en F1

Ford a révélé que l'élément déclencheur de son retour en Formule 1 avec Red Bull tenait en un e-mail inattendu envoyé au patron de l'équipe, Christian Horner.

Red Bull Ford Powertrains

En 2026, Red Bull se séparera de son motoriste actuel Honda, avec qui il est en partenariat depuis 2018. La marque japonaise restera en Formule 1, mais en collaboration avec Aston Martin. L'équipe autrichienne travaillera elle avec le constructeur américain Ford, permettant son retour dans la discipline après 20 ans.

En 2022, Red Bull avait été très proche de signer un contrat avec Porsche, mais les négociations ont échoué au moment précis où Ford envisageait un possible retour en F1. Néanmoins, au vu des questions concernant l'investissement nécessaire pour créer sa propre unité de puissance ou racheter une équipe, Mark Rushbrook, directeur international de Ford Performance Motorsports, a voulu tenter le tout pour le tout.

Il s'est dit qu'il n'y aurait pas de mal à écrire à Red Bull afin de voir s'il y avait une possibilité de conclure son propre accord, à la suite de l'échec avec le constructeur allemand. Ainsi, un simple e-mail adressé à Christian Horner a déclenché la série d'événements qui ont abouti à leur partenariat. S'exprimant la semaine dernière à l'usine Red Bull de Milton Keynes pour discuter de l'état d'avancement du projet, Rushbrook a révélé les circonstances étranges dans lesquelles les pourparlers ont débuté.

"Pour nous, il s'agissait vraiment d'une aventure : La Formule 1 est l'endroit où il faut être, mais il s'agissait de savoir comment nous allions y entrer", a déclaré le directeur de Ford. "Nous avons discuté avec différentes équipes. Nous envisagions de mettre en place notre propre programme de motorisation, de manière indépendante."

"Lorsqu'il est devenu très clair, du moins d'après ce que nous avons vu de l'extérieur, que cela n'allait pas fonctionner avec Porsche pour Red Bull, j'ai obtenu l'adresse e-mail de Christian, je lui ai envoyé un e-mail et je lui ai dit : 'Hé, tu veux qu'on discute ?'. J'ai pris l'avion pour venir [à Milton Keynes] et, après 20 minutes de discussion, j'ai eu le sentiment qu'on avait les bases d'un partenariat qui allait fonctionner. J'ai quitté la réunion et j'ai appelé Jim Farley [le PDG de Ford], et à partir de là, tout s'est accéléré."

Jim Farley, PDG de Ford, Mark Rushbrook et Christian Horner.

Jim Farley, PDG de Ford, Mark Rushbrook et Christian Horner.

Photo de: Red Bull Content Pool

De son côté, Horner a déclaré que l'e-mail de Rushbrook avait été particulièrement opportun, car si Red Bull estimait avoir besoin de l'implication d'un constructeur pour son projet de moteur, cela devait se faire dans de bonnes conditions.

"Nous nous sommes dit qu'il serait beaucoup plus stratégique de nous associer à un motoriste, parce qu'en tant que fabricant indépendant, on n'a pas les avantages qu'ont Ferrari, Mercedes ou Honda", a déclaré Horner. "Nous sommes arrivés à la conclusion qu'un changement de propriétaire n'était pas la bonne solution pour l'entreprise, puis j'ai rencontré Mark qui m'a dit que Ford étudiait la possibilité de revenir en F1. Ça s'est passé comme ça : 'Nous envisageons de faire ceci, voici notre plan'. C'est donc arrivé très, très vite".

Horner a également évoqué un moment, lors d'une réunion à la fin de l'année 2022, où il a reçu un signe très clair de la volonté de Ford de s'impliquer en F1, notamment avec Red Bull : "Nous sommes allés à une réunion à Dearborn sur le chemin du Brésil, et nous avons rencontré Mark, Bill Ford et Jim. Je me suis dis que nous étions en bonne voie quand Jim est arrivé à la réunion avec une casquette de Sergio Pérez !"

"On sentait qu'il y avait de l'enthousiasme, un véritable enthousiasme, qui venait aussi du sommet de l'entreprise, de la part de Bill Ford, qui était vraiment emballé à l'idée de revenir en F1, et de Jim, qui est lui-même pilote automobile. C'était un peu comme s'ils nous disaient : 'On ne veut pas vous dire comment faire vos affaires, mais on veut que ce soit un vrai, vrai partenariat' et les négociations ont été très, très directes à partir de ce moment-là."

L'usine Red Bull Ford Powertrains.

L'usine Red Bull Ford Powertrains.

Photo de: Red Bull Content Pool

Il n'est donc pas étonnant que l'accord entre Red Bull et Ford ait été entièrement conclu en à peine 12 semaines. Une situation très éloignée de ce qu'il s'était passé avec Porsche, où les discussions avaient échoué après six mois de négociations.

Si l'approche adoptée par Ford pour sa prochaine aventure en F1 est très différente de ses premières années dans la discipline – lorsqu'elle utilisait ses célèbres moteurs Cosworth et possédait sa propre équipe avec Jaguar –, celle employée pour 2026 correspond à ce que la marque fait dans les autres catégories de sport automobile où elle est engagée, à savoir un partenariat.

"Nous avons cherché à savoir si nous devions acheter une équipe", a ajouté Rushbrook. "Je pense que nous avons démontré, par ce que cette équipe [Red Bull] est devenue à partir de Jackie Stewart et Jaguar, que [gérer une équipe] n'est pas notre compétence principale, n'est-ce pas ?".

"Oui, nous sommes en sport automobile, mais nulle part nous ne possédons ou ne dirigeons une équipe. Nous nous associons toujours à des partenaires, qu'il s'agisse de Dick Johnson Racing en Australie, de Penske en NASCAR, de Bob Tasca en NHRA ou de M-Sport en Rallye. Cette opportunité de s'associer à ce que nous pensons être la meilleure équipe de la catégorie, et de la compléter de la bonne manière, est la bonne solution pour nous."

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Alors que la relation entre Red Bull et Ford bat son plein et qu'ils s'assurent d'utiliser leurs forces respectives pour faire avancer le projet de moteur 2026, Horner pense même que la façon dont les choses se déroulent pourrait montrer le chemin à suivre pour d'autres équipes à l'avenir.

"Je pense que c'est une excellente façon pour Ford de s'impliquer sans avoir l'entière responsabilité d'avoir des résultats pour être performant", a-t-il déclaré. "C'est un partenariat qui complète ce que nous faisons, et je pense qu'il servira de modèle à d'autres constructeurs qui envisageront des modèles similaires."

"Je pense que nous voyons déjà Alpine explorer cette voie. Je pense donc que cela change la dynamique de la façon dont les équipementiers peuvent entrer dans le sport, sans avoir à assumer toute la charge d'une installation de moteur comme celle-ci, ni à acheter ou à investir dans une équipe."

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