Daniel Ricciardo, la transformation estivale

Entre les difficultés du printemps et sa victoire retentissante au Grand Prix d'Italie, Daniel Ricciardo s'est transformé d'une manière quasiment inattendue.

Daniel Ricciardo, la transformation estivale
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Lors du Grand Prix de Hongrie, Daniel Ricciardo a bouclé une première partie de saison pénible en terminant hors des points, sur une piste où son coéquipier Lando Norris aurait pu se retrouver en lice pour le podium. De quoi alimenter les doutes et porter un coup à sa propre confiance. Certes, l'Australien avait affiché des progrès au volant de sa McLaren, mais très souvent, pour deux pas en avant il y avait aussi un pas en arrière. Fort contraste, lorsque Norris était le meilleur des autres derrière les deux écuries de pointe, Ricciardo semblait complètement perdu. Il suffit de se souvenir de Monaco, où son coéquipier lui avait pris un tour.

Quelques jours après le rendez-vous du Hungaroring, nous avons discuté avec Ricciardo pour évoquer le simracing, et il a conclu la conversation par une petite blague. "Si la saison continue à être pourrie pour moi, je jouerai un peu plus...", avait-il plaisanté. Toutefois, lors de la rentrée de la F1 au Grand Prix de Belgique, fin août, plus besoin de penser au plan B des jeux vidéo. Ricciardo avait changé. Il était plus à l'aise dans la voiture, se qualifiant pour la Q3 et signant le quatrième meilleur temps des qualifications sous la pluie, défiant les éléments qui requièrent vraiment à un pilote d'être en phase avec sa machine.

Zandvoort a été plus difficile, car McLaren a découvert un circuit qui ne convenait pas du tout à son châssis. Mais dès les premiers tours de roue à Monza le vendredi, il y a eu un déclic. Le rythme était au rendez-vous et cette gêne contre laquelle il luttait depuis le début de saison à bord de la MCL35M lors des phases d'entrée de virage s'était volatilisée. Au freinage, facteur clé pour être rapide à Monza, il était également dans le coup.

En Q3, c'était extrêmement serré avec Norris, les deux hommes prenant la quatrième et la cinquième place sur la grille des Qualifs Sprint. Et il y avait pourtant une vraie frustration à avoir manqué la troisième place pour seulement 0,029 seconde, Ricciardo évoquant même une forme de "rage""Je me qualifie de 'honey badger' (un ratel, ndlr) car j'ai la capacité de basculer et de ressentir énormément de rage en très peu de temps", confia-t-il après la séance. "C'est ce que je ressens intérieurement, mais je vais être intelligent, refreiner ça et l'utiliser pour de bonnes raisons en [Qualifs] Sprint puis pour la course de dimanche."

C'est ce qu'il a fait. Un superbe départ le samedi lui a permis d'assurer une place en première ligne pour le Grand Prix, et il savait que s'il pouvait dépasser Max Verstappen d'emblée, la victoire serait jouable. Et c'est exactement ce qui s'est passé : il a réalisé une performance sans faille sous une pression immense pour offrir à McLaren sa première victoire depuis 2012, et confirmer que le vrai Ricciardo était de retour.

Ce qui est le plus marquant dans ce retour au premier plan, c'est qu'il n'est pas lié à un changement radical de réglages ou d'approche de pilotage. Non, Ricciardo a surtout su s'offrir un nouveau départ après avoir pris le recul nécessaire durant la pause estivale. Les frustrations de la première partie de saison l'avaient embarqué dans une spirale angoissante. Il fallait un break.

"Je ne suis jamais vraiment parti, je me suis juste éloigné pendant un moment, c'est tout", a-t-il expliqué dans un grand sourire au moment d'évoqué à Monza ce qui avait changé pour lui. "Et il ne s'agit pas seulement de résultats. C'est moi, personnellement, intérieurement ; je me sens vraiment plus à l'aise et mieux dans ma peau désormais. Je pense que oui, la pause, juste au mois d'août, était bonne pour simplement déconnecter un peu. C'était difficile de prendre du recul et d'avoir un meilleur point de vue. Je crois que ça m'a vraiment aidé à retrouver un peu de forme."

Une simple pause estivale, loin de la F1, est-elle réellement la seule chose dont Ricciardo avait besoin pour remettre sa saison 2021 sur de bons rails ? Son patron chez McLaren, Andreas Seidl, n'en doute quasiment pas. "Nous pouvons évidemment le constater dans les données, et nous le voyons sur les chronos", explique-t-il. "On peut le voir également dans la manière dont il se présente. Il est beaucoup plus heureux, et c'est normal quand quelqu'un voit qu'il retrouve les performances qu'il attendait."

"Ce n'est probablement pas différent de quiconque : parfois, c'est bien de faire une pause et de prendre peut-être un peu de distance, après une période très intense pour lui et durant laquelle il avait dépensé beaucoup d'énergie avec l'équipe, sans voir les résultats arriver. Peut-être qu'il avait besoin de cette pause pour prendre un peu de recul, réfléchir puis revenir et appliquer tout ce sur quoi il avait travaillé durant la première moitié de saison."

"Je suis très heureux de ça, très heureux pour lui, très heureux pour l'équipe aussi. C'est bien de voir que tout le travail acharné qu'ils ont consenti ensemble durant la première partie de saison est en train de payer. Pour nous, dans l'équipe, c'est important d'avoir deux pilotes qui répondent présent chaque week-end, afin de pouvoir nous battre contre Ferrari."

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