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La Ferrari devient trop "pointue" pour Hamilton mais plaît à Leclerc

Charles Leclerc a évoqué les réglages "assez extrêmes" qui lui permettent de mieux exploiter la Ferrari. Sauf que cette direction correspond beaucoup moins à ce que Lewis Hamilton recherche au volant d'une F1.

Charles Leclerc, Ferrari

Photo de : Giuseppe Cacace - AFP - Getty Images

Depuis qu'il a adopté une nouvelle approche des réglages de sa monoplace il y a trois Grands Prix, Charles Leclerc a clairement creusé l'écart avec son coéquipier Lewis Hamilton chez Ferrari.

La plus petite marge qui ait séparé le Monégasque du vainqueur à l'arrivée d'un Grand Prix cette saison est de 8"104, lors de son premier podium signé il y a dix jours à Djeddah. Mais ce résultat fait figure d'exception dans ce début de saison. Car le rythme de course de la Ferrari SF-25 est proche de celui des leaders, mais sans jamais permettre d'en faire une réelle menace.

Dans ce contexte, les récentes difficultés manifestes de Lewis Hamilton à s'adapter au comportement de la voiture rendent encore plus étonnante sa victoire lors de la course sprint en Chine.

Charles Leclerc, lui, bénéficie d'un avantage lié à sa meilleure compréhension des caractéristiques fondamentales de la voiture, comme le frein moteur, qui pose beaucoup de problèmes à son voisin de garage. Mais il a tout de même dû s'adapter et faire des compromis.

L'actuel cycle réglementaire arrivant à son terme, les gains de performance deviennent plus difficiles à trouver. Les écarts sont donc réduits considérablement tandis que nombreux sont les pilotes à décrire une monoplace devenant capricieuse lorsqu'il s'agit d'attaquer à la limite.

"C'est toujours difficile de comparer les ressentis entre pilotes", a expliqué Charles Leclerc en conférence de presse, jeudi à Miami. "Si tu ne te sens pas à l'aise, il y a toujours un point où tu es plus en difficulté qu'un autre pilote, et c'est là que tu perds du temps. De mon côté, cette année, nous sommes allés dans des directions assez extrêmes au niveau des réglages pour tenter d'extraire davantage de performance de la voiture. Je modifie donc pas mal mon style de pilotage pour m'adapter à ce que demande cette voiture."

Le déclic a eu lieu à Suzuka, où Charles Leclerc a pour la première fois adopté cette approche plus extrême, sur la base d'un ressenti qu'il avait depuis longtemps. S'il n'est pas disposé à en dévoiler beaucoup plus, ses commentaires permettent de cerner ce qui contribue à lui donner l'avantage sur son coéquipier au niveau des résultats.

"Je ne vais évidemment pas entrer dans les détails, mais ça rend la voiture un peu plus délicate à piloter : très incisive, très pointue", décrit-il. "Et c'est assez difficile à gérer, surtout à la limite en qualifications. Mais c'est un comportement que j'aime, que j'ai toujours apprécié dans ma carrière. Il faut quelques courses pour réadapter tout ce qui entoure la voiture et aller dans cette direction. C'est le processus que nous vivons actuellement, et ça commence à porter ses fruits."

"Mais cela ne garantit pas que ce sera bénéfique à chaque course, donc il faut garder une certaine ouverture d'esprit et rester prêt à faire marche arrière si nécessaire. Pour l'instant, on continue à explorer cette voie, parce qu'elle ne nous apporte que des avantages, en tout cas de mon côté."

Survirage VS sous-virage

Hamilton et Leclerc n'ont pas les mêmes préférences au volant.

Hamilton et Leclerc n'ont pas les mêmes préférences au volant.

Photo de: Sam Bagnall / Motorsport Images

Quand Charles Leclerc évoque une voiture "très pointue", il fait référence à un train avant très vif qui implique un arrière plus baladeur, voire instable. La monoplace peut dès lors mieux s'inscrire dans les virages, mais avec une forte propension au survirage. Le Monégasque étant de ces pilotes qui n'aiment absolument pas le sous-virage, à l'instar de Max Verstappen, il parvient plus facilement à s'accommoder de cette situation que Lewis Hamilton.

Ce dernier préfère une voiture stable et un train arrière prévisible, et c'est là que le fossé se creuse entre les deux hommes. Reste à savoir ce que viendront corriger les évolutions majeures préparées par Ferrari et prévues en deux temps, d'abord à Imola puis à Barcelone, et quelle influence aura le septuple champion du monde sur le développement. 

"C'est toujours compliqué, quand on rejoint une nouvelle équipe, de s'adapter aux systèmes, aux méthodes de travail, à une nouvelle voiture", fait remarquer Charles Leclerc. "De mon côté, je suis concentré sur moi-même, sur le fait d'extraire le maximum de performance de moi-même et de la voiture, et cela demande déjà beaucoup de travail."

"Mais je suis sûr que Lewis y arrivera. Il a signé une belle victoire en Chine. Il a encore des choses à découvrir, bien sûr, mais moi j'ai déjà beaucoup appris à ses côtés. C'est très positif de l'avoir dans l'équipe, car il remet en question nos habitudes et apporte un regard neuf sur notre manière de fonctionner. Sur ce point-là, on a déjà énormément progressé."

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