Heidfeld : "Alonso aurait mérité plus de titres"
Michael Schumacher, Fernando Alonso, Lewis Hamilton : Nick Heidfeld évoque les meilleurs pilotes qu'il ait côtoyés lors de sa carrière.
Avec 183 départs en Grand Prix, une pole position et le record du nombre de podiums sans victoire (13), Nick Heidfeld a connu une belle carrière en Formule 1. De 2000 à 2011, le pilote allemand a d'ailleurs côtoyé pas moins de neuf Champions du monde, lesquels ont remporté les 24 derniers titres mondiaux en jeu. Il a même été le coéquipier de deux d'entre eux : Kimi Räikkönen et Jacques Villeneuve.
Certaines de ces légendes l'ont marqué plus que d'autres, à commencer par Fernando Alonso. "Il est certainement l'un des meilleurs. Il a été Champion du monde, mais il aurait mérité plus de titres", assure Heidfeld dans le podcast Beyond The Grid.
"Aussi extrême qu'il fût parfois en dehors de la voiture – on entend certaines histoires de ce qu'il a fait dans l'équipe et de comment il a abordé certaines situations, ce qui n'est probablement pas toujours allé en sa faveur au final – j'adorais courir contre lui. Il est sûrement le pilote avec qui je prenais le plus de plaisir à me battre, parce qu'il était toujours fair-play. Enfin, toujours… La plupart du temps. Je me rappelle une fois à Monaco [en 2008, ndlr], il m'a percuté dans le Loews, mais mes pneus pluie n'étaient pas en température et j'étais une proie facile. Il fallait donc qu'il tente quelque chose, ce que j'ai plus ou moins accepté. Mais toutes les autres fois, il était très dur mais très fair-play."
Lorsqu'il est demandé à Heidfeld qui est le meilleur pilote contre qui il ait couru, deux noms lui viennent naturellement à l'esprit, mais l'un d'entre eux s'impose : "Je dirais que le plus complet était Alonso. Le plus talentueux est probablement [Lewis] Hamilton, mais le meilleur dans l'ensemble, à mes yeux, c'était Alonso."
"Il y a une année où je n'ai pas couru [2010, où il était pilote de réserve Mercedes, ndlr] mais ai regardé la course à Monaco, et j'ai eu la chance de me rapprocher du circuit, encore plus qu'un spectateur normal, ce qui est déjà fantastique là-bas. Deux pilotes se sont démarqués visuellement dans les virages, avec la maîtrise de la voiture qu'ils démontraient. Hamilton était encore plus extrême quant à la quantité de risques qu'il prenait, à la proximité qu'il avait avec les rails et les murs, mais il était bien plus inconstant qu'Alonso. Cela dit, je pense que ça a changé : je pense que Hamilton est devenu plus constant et qu'il ne pilote plus si agressivement et dangereusement, si l'on regarde Monaco."

À ce stade, vous vous demandez peut-être : quid de Michael Schumacher ? Heidfeld ne cache pas son admiration pour son aîné, mais estime ne pas avoir suffisamment bataillé avec lui pour le mentionner comme "le meilleur pilote contre qui il ait couru". Il n'a partagé le podium qu'une fois avec Schumacher, contre deux avec Alonso et cinq avec Hamilton ; le Baron Rouge n'était plus en F1 lorsque Heidfeld a connu les plus belles heures de sa carrière avec BMW Sauber, en 2007 et en 2008.
"Au début de ma carrière, quand il remportait des Championnats du monde, je n'avais jamais la voiture pour me battre avec lui", regrette Quick Nick. "Il me prenait plutôt des tours."
"Je me rappelle quand j'étais en Formule 3000, encore à Monaco, car c'est là qu'on voit les pilotes près de la limite, qu'on voit leur talent. J'observais depuis un pont les deux virages avant le tunnel, et pour moi, parmi tous les pilotes, il était le plus exceptionnel. Les gens ont toujours beaucoup parlé de ses capacités physiques, de ses compétences d'ingénierie, blabla. Son pilotage pur était juste phénoménal. Mais comme je viens de le dire, quand j'étais en Formule 1, je n'ai pas souvent eu l'opportunité de vraiment me battre avec lui."
Heidfeld demeure néanmoins conscient de la part d'ombre qui entoure la légende de Schumacher : des manœuvres litigieuses, tel l'accrochage avec Jacques Villeneuve dans la course au titre 1997, qui lui a valu d'être disqualifié du championnat cette année-là. "Il est complètement différent en piste – sans pitié, extrême, agressif, pas toujours fair-play – d'en dehors de la voiture. C'est la personne la plus adorable que l'on puisse rencontrer. Il est si chaleureux. Sa famille lui tient tellement à cœur. Alors qu'en piste, il a fait des choses où je me disais juste : 'Stupide. Ce n'est pas acceptable'."


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